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 behind you (rohiel)

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MessageSujet: behind you (rohiel)   Sam 23 Juil - 23:27

behind you
Rohan & Liesel
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Son portable vibra dans sa poche alors qu’elle marchait tranquillement dans la rue. Elle avait toujours ce frisson à chaque fois qu’elle avait cette sensation : elle n’osait pas ouvrir son téléphone. S’agissait-il d’un sms ? D’un poke ? Ou alors, mieux encore, d’un défi auquel elle aurait été assignée ? Liesel avait peur de tout lâcher en voyant un défi. Elle n’était pas certaine d’aimer cette addiction qui se développait lentement, ancrant ses griffes d’acier dans son âme. Il ne fallait pas croire : la jeune femme savait très bien quels étaient les risques liés à cette application. Tout était venu d’une soirée avec Lyana, qui l’avait mise au défi de devenir une Voyeuse. Est-ce que ça faisait d’elle une Joueuse, d’accepter ce genre de défi ? Elle aimait bien le paradoxe soulevé par cette idée.

N’arrivant plus à résister à la tentation, mordante, fourmillant dans la poche de sa combi short, elle y plongea sa main pour découvrir sur l’écran scintillant de son téléphone intelligent : Danser sensuellement au Ape & Bird. 25£ Accept – Reject. Bien sûr, le défi ne lui était pas adressé à elle : en tant que Voyeuse, relever les défis n’était pas de son ressort. Elle, par contre, devait accepter ou refuser de filmer l’évènement. Allons bon, un petit tour au bar si connu pour son arrière-boutique ne pourrait pas lui faire de mal. Elle rencontrerait peut-être un ou deux connaissances là-bas, qui savait ?

La jeune femme regarda l’heure. Seize heures, un samedi après-midi. Le joueur, certainement un débutant, serait donc forcément ce soir au bar. Elle envoya quelques messages à ses amis, les inventant à aller au Ape ce soir, afin de n’être pas toute seule. Certes, filmer les Joueurs était très intéressant mais au-delà de ça… Elle n’était pas certaine de vouloir l’empêcher d’agir. Que pouvait-elle faire ? Se moquer ? Lui jeter sa bière à la tête ? Elle aurait bien besoin de cet argent. Elle verrait son humeur lorsqu’elle arriverait devant le fait accompli.

L’ambiance au Ape était toujours incroyable. Enfin, c’était le genre que la jeune femme aimait. Un peu dévergondée, mais pas trop, avec une musique rock qui recouvrait difficilement les effluves désagréables de la bière renversée sur le sol. Il y régnait comme une fumée permanente, à moitié inspirée des volutes lunaires des cigarettes chaussées au bout des phalanges, que des effets ésotériques d’un propriétaire un peu égocentrique. Liesel avait coiffé ses longs cheveux feu de forêt en un chignon sévère, révélant sur son cou l’empreinte éternelle du tatouage, de la couronne des Queen, grande, belle et élégante, qui représentait son appartenance au règne de ses parents. Personne, ou presque, ne connaissait la signification de ce tatouage. Reine des cœurs, reine de la fête, reine de sa vie, voilà, Liesel pouvait être la reine de tout ce qui lui plaisait. Parfois elle se disait reine des dragons. Seuls les membres de sa famille, ou ceux qui l’avaient côtoyés avant cette rupture brutale, pouvaient témoigner de son sens caché. Jouant entre les tables de ses talons noirs, portant à bout de bras de ses mains agiles deux bières purpurines, la Voyeuse s’affala sur l’un des fauteuils, avec le magnifique bar bien en vue. Elle essaya de repérer d’autres Voyeurs, d’autres qui voudraient attraper cette récompense, simple et amusante. On aurait dit des dresseurs de Pokémon, prêts à en découdre dans une arène. Portant le breuvage à ses lèvres, elle attendait le retour d’une amie qui s’était glissée jusqu’aux lobes d’oreille du barman, en suçotant un de manière un peu subversive. Sortant discrètement son portable afin d’attraper l’élu Joueur sur le vif, elle se permit tout de même de scanner un peu la pièce, curieuse de voir si elle reconnaissait certaines têtes. Et puis, alors qu’elle reposait doucement sa chope de bière sur la table, ses yeux s’arrêtèrent sur une silhouette qu’elle connaissait bien. Un peu étonnée de voir un homme de cette prestance par ici, elle le fixa quelques instants. Voilà des mois qu’elle n’avait pas revu le beau Rohan Mead, homme que beaucoup de femmes avaient cherché à séduire lors de soirées mondaines. Elle pouvait encore se souvenir des boutades qu’elle avait pris l’habitude de lui lancer lorsqu’ils se croisaient à ce genre de dîner. Elle lançait un nombre au hasard avant même de le saluer, pariant à ce moment-là sur le nombre de femmes qu’il devrait éconduire dans la soirée. Parier. Voilà qu’elle se prenait un peu trop au jeu, maintenant qu’elle y réfléchissait. « Trois, Monsieur Read. » Elle hocha lentement la tête, la bière à la main, le portable prêt à être dégainé dans une poche, les yeux rieurs et l’esprit vif. Elle voyait aussi en lui un pont, une passerelle vers ses parents. Un moyen, peut-être, d’arranger les choses ? Plus encore. En avait-elle seulement envie ?
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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Dim 24 Juil - 11:32



Behind You
Rohan & Liesel


you know there's still a place for people like us
the same blood runs in every hand
you see its not the wings that makes the angel
just have to move the bats out of your head

U-Turn-Lilly

Dix-huit heures. L'écran du téléphone s'alluma brusquement, dévoilant sur l’accueil la raison de ce soudain réveil. Mais je la savais d'avance. Nerve était l'une des seules applications qui était autorisée à m'envoyer des notifications. Je fis glisser mon doigt sur la vitre froide de l'appareil pour découvrir ce qui m'attendait. Ape & Bird allait être mon lieu de villégiature, l'espace de quelques heures. Je laissais un sourire mesquin se dessiner sur mes lèvres tout en appuyant sur le bouton d'acceptation. Ce défi serait mien. Et peut-être celui d'autre. Mais qu'importe. J'allais pouvoir assister à la débauche d'un type tentant de gagner 25 livres. Rien qu'à l'idée de pouvoir gagner si peu tout en s'affichant autant, je prenais déjà du plaisir. Oh oui, bien sûr, j'avais eu de la chance de naître, l'argent à la main. Mais ceux qui courraient après, écrasant leur dignité au passage, m'arrachaient toujours un sourire, accompagné de beaucoup de mépris.

Je quittais les bureaux du groupe, n'adressant aucune recommandation aux employés. Ils savaient. Et quoi qu'ils disent, j'avais mes droits. Et mes devoirs. Nerve se classait surtout dans la deuxième catégorie. J'avais développé ce besoin sourd d'être l'ombre derrière les caméras. Et cette application était devenue l'addiction qui rythmait mon existence. Certain sortaient fumer, toujours à la même heure. Moi je sortais filmer, rigolant de l'existence nauséabonde de certaines âmes en peine.

Une voiture me déposa non loin du bar, pour repartir tout aussitôt, dans un silence presque total. Et j'étais là, debout, sur le trottoir, mon costume sagement ajusté, ma cravate soigneusement nouée. De quoi avais-je l'air dans ce quartier ? de rien sûrement. Rien que cette idée m'arracha un nouveau sourire. Cet univers n'était pas le mien, et sans doute ni serai-je jamais allé si quelqu'un - ou plutôt quelque chose - ne m'y avait pas convié. Oui. Convié était le juste mot. Forcé aurait été un mensonge, car j'y venais de mon plein gré, presque pressé de découvrir ce qui m'y attendait. Je poussais les portes du bar, me frayant un passage au milieu de la foule, que je tranchais en deux comme Moïse sépara la mer. Le lieu avait cette odeur âcre de a déchéance noyée dans un bon verre d'alcool, et de la fête des pauvres, celle noyée à la bière bon marché. Une arrière odeur de transpiration, sans doute celle de la soirée de la veille, mal évacuée, arriva jusqu'à mes narines, que je plissais par réflexe. Oh non, je n'étais pas à ma place. Mais pour autant, j'appréciais bien ce genre de lieux. Synonymes d'une adolescence que je n'avais jamais trop eu. Ce genre de lieu, je ne les avais que peu fréquentés. Ma non-popularité lycéenne avait eu raison de mes samedis soirs. Mais j'avais désormais atteint le prestige qui en ferait pâlir certain.

Je commandais un whisky au bar, qu'on me servit sans trop rechigner, mais en me regardant de travers. Je le portais à mes lèvres, laissant filer la mixture infecte entre mes lèvres. Ce liquide n'avait de whisky que la couleur, et cet arrière-goût âcre et amer des mauvais whiskies. Mais bon, faut dire que je m'y attendais. Je m'adossais au bar, balayant la salle de ce regard vide et froid, portant une nouvelle gorgée de whisky à mes lèvres. Il devait pas être loin des Dix-neuf heures. L'intéressé qui allait se trémousser au milieu d'une foule incompréhensive n'allait pas tarder à arriver. Et c'est alors que j'aperçus la demoiselle, assise un peu plus loin. Mon visage adopta une expression plus grave, moins sympathique. Liesel Queen. La fille de ce couple que je connaissais bien. Celle-là même que j'avais déjà rencontré, lors de différentes soirées mondaines, et avec qui j'avais échangé quelques conversations.

Je m'approchais d'elle, avec une pointe de détermination. A mes yeux elle avait brisé l'image sacrée d'une famille heureuse, fuyant ce qu'elle se devait d'être. Trois ? Repris-je, d'un ton neutre et plat. Ce que vous auriez du être avant ta fuite ? Répondis-je, presque sans hésiter, avant de prendre place sur le siège d'en face, sans qu'elle ne m'y convie, bien sûr. Liesel avait réveillé des choses en moi. D’obscures pensées jusqu'alors enfouies. Je ne pris pas le temps de la saluer, ou de m'inquiéter de sa santé. Elle me devait des explications. Et qu'importe si le joueur intervenait à ce moment-là.

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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Dim 24 Juil - 23:43

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Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

« Trois ? Ce que vous auriez dû être avant ta fuite ? » Douche glacée, cœur planté dans un cœur déjà bien trop abîmé, abyme d’une conversation disparue qu’ils n’auraient peut-être jamais plus. Ça avait au moins l’audace de donner le ton, d’indiquer comment la conversation risquait de glisser. Liesel était quelqu’un de plutôt gentil et de doux. Lorsqu’on n’essayait pas de la faire tomber. Rohan savait de par les on-dit que la fille Queen avait découché, qu’elle s’était envolée du nid : rien de bien concret, toutefois. Elle se doutait que bientôt, les journalistes risquaient de venir se presser à sa porte, surtout les journalistes véreux, ceux qui aimaient les ragots, les journaux people. Il y avait eu tellement d’esbroufe à propos de ses fiançailles… On avait prétexté une maladie, une envie de se poser, de prendre leur temps. Tout le monde savait qu’au fond, c’était parce qu’il y avait de l’eau dans le gaz dans le couple Barrow et Queen, mais personne n’osait mettre encore le doigt dessus, de peur des représailles de la classe politique. Alors il y avait comme un flottement. Et Liesel appréciait ça. D’être loin du ronronnement strident de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui ne pouvaient s’empêcher de faire semblant. D’être hypocrites. De maintenir les apparences. Rohan essayait de la blesser, et la jeune femme ne comprenait pas pourquoi. D’une part parce que s’en prendre à une gamine était vraiment mesquin de la part d’un « si grand homme », et d’autre part parce que, s’il avait témoigné une certaine inflexibilité sur les liens familiaux et la bonne tenue globale, il avait toujours été plutôt une sorte de point sauvegarde lorsque les soirées mondaines s’éternisaient. Plutôt de bonne compagnie, il avait un humour qui avait réussi à séduire la jeune femme, et qui était même arrivée à l’apprécier malgré son travail qu’elle dénigrait totalement. Mais tout le monde avait besoin d’un toit sur la tête… Et Rohan n’était pas responsable de ce que faisaient les gens avec ces armes. C’était encore un point d’éthique qu’elle trouvait discutable, car dans le meilleur des mondes, elle n’aurait pas voulu d’armes tout court. Mais voilà. Ils étaient là. Et NERVE existait. Alors pourquoi pas, hein ?

Alors pourquoi cette soudaine âpreté ? Ce n’était pas comme s’il était vraiment proche de mes parents et qu’il compatissait à leur malheur. Un peu déstabilisée, la jeune femme ne perdit pas sa répartie malgré tout. « Quatre, lui dit-elle en lui octroyant un clin d’œil, en caressant maternellement son ventre. » Beaucoup de rumeurs avaient circulé à propos d’une grossesse. Ça aurait expliqué pourquoi Cal Barrow s’était précipité sur sa dulcinée pour la demander en mariage. « Que venez-vous faire ici ? demanda-t-elle, suspicieuse, utilisant toujours le vouvoiement. » Elle ne se sentait pas de le tutoyer pour le moment, encore moins avec ce qu’il venait de lui dire. Ou était-ce un trait d’humour qu’elle n’avait pas compris ? « Vous êtes trop bien sapé pour être dans ce genre de bar. » Vous vous pensez trop bien pour être dans ce genre de bar, eut-elle envie de dire, acide, rendue désagréable par ces prémisses désagréables. Son air renfrogné, ses manières et son whisky… Elle ne put s’empêcher de rire intérieurement en l’imaginant pester contre cette boisson qui n’était bien évidemment pas à la hauteur des manières du Red Circle. Liesel se demandait souvent si la cigogne ne s’était pas trompée de maison en la déposant devant le pas de sa porte. Elle se sentait tellement plus proche du Diamond Gate ou de Morning Hill… Elle ne s’était jamais sentie vivante qu’en devant travailler pour pouvoir se payer cette bière, putain. Elle jeta tout de même un petit coup d’œil au bar, espérant que le joueur ou la joueuse arriverait bientôt. Elle n’était plus si certaine d’avoir bien fait d’aller à la rencontre du mâle qui se croyait dominant.
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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Lun 25 Juil - 14:58



Behind You
Rohan & Liesel


easy as a kiss we'll find an answer
put all your fears back in the shade
don't become a ghost without no colour
cause you're the best paint life ever made

U-Turn-Lilly

Elle passa ses mains sur son ventre, encore plat. Ce soudain geste me donna presque la nausée. J'avais refusé d'enfanter avec Sienne, et elle s'autorisait à avoir un gosse dans une famille qu'elle avait brisée. L'image en était des plus déplorables, des plus sombres, un peu jaunie par le temps et pas l'oubli. Ce genre de vieux clichés que t'enferme dans une malle, de peur de souffrir en les ressortant un jour. Je ne parlerai pas de déshonneur, non, je n'en étais pas là. Je m'en fichais des coucheries des uns et des autres. Mais que Liesel s'autorise à obtenir un marmot en de telles conditions me conférerait d'étranges sentiments. Je n'aurais pas su les expliquer. Mais c'était comme si quelque en moi se sentait dérangé, ou pas à sa place. Peut-être enviais-je son aptitude à ne pas se soucier d'une image. Ou bien lui en voulais-je réellement ? Mais pourquoi en vouloir au bonheur des gens si ce n'est parce qu'il nous semble si lointain.

Sienne n'avait jamais voulu avoir d'enfant. Ou bien l'avait-elle voulu un jour, mais sans me le demander. Je n'en avais jamais éprouvé le désir pour autant. Parce que notre couple allait mal. Et qu'offrir une relation vide à un être n'était que le supplice, résultant d'une profonde ferveur égoïste. J'avais été capable de partager un toit, par soucis d'image. De partir en voyages, encore, prenant des clichés comme chaque autre couple. Mais je n'avais pas ressenti la force de donner un peu de mon ADN pour concevoir quelqu'un que je n'aurais pu apprécié à sa propre valeur. Bien. Répondis-je, sèchement. Je ne pouvais ni partager son bonheur, ni vraiment la blâmer. Elle n'était pas ma fille. Elle n'était pas sous mon autorité. Et pourtant j'éprouvais envers elle de profonds sentiments de rage.

Ce que je venais faire ici ? Observer. Rire. Et sourire de façon malsaine, en crachant sur la qualité du whisky. Vérifier si leur whisky est toujours aussi abjecte. Répondis-je calmement, me permettant un léger sourire aux coins des lèvres, et levant les yeux vers la demoiselle. Et comme je ne suis pas vraiment digne d'un tel bar, j'ai pas pris le temps de rentrer chez moi pour paraître... disons... un peu plus normal pour un tel lieu. Rétorquais-je, accentuant sur ma non-conformité. En vérité, je ne m'étais jamais vanté d'avoir de l'argent, d'être bien né. Je parlais beaucoup en utilisant des figures ironiques, adaptant mon discours au public. Et j'osais imaginer que Liesel comprendrait la subtilité de mes paroles, évitant de me prendre pour le pet-sec de service.

Et toi ? Tu es venue admirer ce que l’extraterrestre en toi t'empêche de faire ? Les dérives de l'alcool te sembleront bien lointaines. Je me permis d'afficher un nouveau sourire. J'avais bien senti le retournement de situation dans le caractère, d'ordinaire jovial, de la jeune femme. Et je m'efforçais de ne pas paraître brusque, ou ours. Parce qu'en vérité, ne n'était rien. J'étais même moins que ça. Un pauvre type s'inquiétant pour des personnes qu'il ne connaissait que de part leur statut. Et puis si je voulais vraiment en arriver là où je voulais en venir, il me fallait ruser. Et apaiser la proie. Le stress n'était jamais bon. N'importe quel chasseur vous l'aurait dit.

Et d'un coup d’œil rapide, je balayais la salle, à la recherche d'un mariole dansant sensuellement au milieu de la foule. Mais il semblait que l’intéressé ne s'était pas encore décidé.

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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Lun 25 Juil - 20:19

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Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

« Bien, répondit-il, plus sèchement qu’elle ne s’y attendait. » Ah nan mais en fait il l’a croyait ? Elle pensait pourquoi que son sourire goguenard témoignait de la vaste supercherie. Eh bien tant pis, qu’il la croit, ça lui faisait une belle jambe. Peut-être était-il jaloux car lui et sa femme n’en avaient pas eu. Elle n’était même pas certaine qu’ils soient encore ensemble. Elle pouvait clairement se souvenir de ses parents évoquant une terrible idée de divorce sous le toit des Mead, mais Liesel n’était pas certaine que l’idée avait abouti. Elle chercha une bague au doigt de Rohan, et n’en trouvant pas, décréta que l’horrible cataclysme, le désespoir des plus grands politiciens, avait fait succomber le couple Mead, coupant des têtes, tranchant des liens. Il pouvait bien la juger, alors que lui avait fait voler en éclat sa petite image faite de paillettes et de licornes. La rouquine ne comprendrait jamais cette envie que les apparences soient belles, nettes, et sans bavures, alors que l’intérieur était pourri jusqu’à la moelle. Quel était l’intérêt de se rendre malheureux ? Entre les deux, voilà que Rohan se renfrognait, perdu dans sa volonté de maintenir en place tout un château de cartes, alors que quelqu’un d’autre – Dieu, le destin, la nature humaine ? – essayait sans relâche de l’abattre. Peut-être même qu’elle le trouvait ridicule, en fait. Dans son costard désabusé, un verre de mauvais whisky à la main, les traits déformés par un désaccord profond qui n’avait ni queue ni tête. Elle était bien dans ses pompes, alors elle n’avait rien à se reprocher.

« Vérifier si leur whisky est toujours aussi abjecte. – Ne perdez pas votre temps. Il restera tel qu'il est. Et au pire, la prochaine fois, ne perdez pas votre temps, demandez-moi et je vous tiendrai au courant. » Ouais, elle allait rester un long moment ici. Liesel n’aimait pas qu’on la force à faire des choses, elle n’aimait pas qu’on lui tienne tête. Comme un animal enragé qui n’avait aucune logique, aucune forme ne serait-ce que d’intelligence, plus on lui disait de ne pas faire quelque chose, plus l’envie de le faire était forte. C’était d’ailleurs pour ça qu’elle n’avait pas eu tant envie que ça de jouer à NERVE. Personne dans son entourage ne lui avait interdit d’y jouer. Pire même : on l’avait poussée à le faire. Elle était devenue Voyeuse, comme ça elle était tranquille. Et aussi parce que son envie mesquine d’en découvrir plus sur la nature humaine parlait pour elle. Mais on avait essayé de l’obliger à courber l’échine, à jouer à un jeu dont elle ne voulait pas. Voilà pourquoi elle refusait de jouer. Voilà aussi pourquoi elle s’était enfuie de chez elle. « - Tu vas l’épouser ! » Elle pouvait encore entendre cette injonction claquer à ses oreilles. Alors qu’elle avait aimé Cal de tout son cœur – aujourd’hui tout était trop confus, trop éparpillé pour qu’elle sache vraiment quoi penser, quoi ressentir –… on l’avait trop poussée dans ses bras. On lui avait que trop conseillé de le prendre pour mari, de sourire sur la photo, comme Rohan, et d’ensuite se morfondre lors des dîners mondains. Elle ne voulait pas de cette vie, un point c’était tout. Elle ne comprenait pas comment une rencontre qui était tout de même plutôt amicale à la base pouvait dégénérer ainsi. « Et comme je ne suis pas vraiment digne d’un tel bar, je n’ai pas pris le temps de rentrer chez moi pour paraître… disons… un peu plus normal pour un tel lieu.  – Rassurez-vous. On dirait presque un caméléon. » Elle ne manqua pas de le taquiner, s’asseyant sur la banquette rouge satinée. « Et toi ? Tu es venue admirer ce que l’extraterrestre en toi t’empêche de faire ? Les dérives de l’alcool te sembleront bien lointaines. – Je vous prierais de ne pas appeler mon petit bout un extraterrestre, merci. » La jeune femme se rendit compte qu’il y avait comme une douceur dans la voix de Rohan, comme s’il s’était un peu emballé avec sa première entrée en matière. Elle le taquinait à nouveau, ironie. Ils semblaient tous les deux bien la maîtriser, elle n’avait pas peur de sa réaction. La rouquine avait envie de s’amuser – et si la rumeur devait courir sur un ventre s’arrondissant, alors pourquoi pas. Ses parents seraient furax s’ils l’apprenaient de la bouche de Rohan Mead. « Je suis venue avec une amie. Elle m’a laissée en plan je crois. » Je désignai sa (enfin mon ancienne) bière purpurin l’attendre sagement alors qu’elle continuait de draguer son barman dans un coin du bar. Elle ne reviendrait pas avant un petit moment selon mon expérience. « Ca fonctionne un peu comme au Red Circle ici. Ceux qui sont bien lotis ont les meilleures boissons. Je peux vous dégoter un bien meilleur whisky que ça, si vous voulez. » Son regard glissa sur les personnes alentours, cherchant à voir si un Joueur s’apprêtait à réaliser son défi, mais pas encore.
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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Mer 27 Juil - 21:58



Behind You
Rohan & Liesel


And you’d never die
No you’d never die

Time Never Lies

On est jamais mieux servis que par soi même. Répondis-je, calmement, esquissant un léger sourire et versant une goulée infâme de ce liquide légèrement ocre, presque ambré. J'esquissais une grimace avant de reposer le verre sur la table et de m'adosser contre le siège, croisant méticuleusement les jambes. Je portais à nouveau mon regard sur la fille Queen. En moi se mêlait un mélange de haine et de compassion. Non pas que je la plaignais. Au contraire. j'admirais sa force à être allée au devant des choses, quand bien même ça allait à l’encontre de toute le reste. Y compris des valeurs les plus solidement ancrées. Et je plaignais ce qu'elle devait alors affronter. Les questions et le reproches. Les gars lourds, comme moi, lui reprochant de casser un idylle familial. Mais je m'y sentais obligé. C'était presque viscéral. Elle m'inspirait le même sentiment que quelqu'un griffonnant avec rage sur une photo de famille pour la recouvrir. En cacher les vices et les qualités. En masquer l'existence. Oui. Je crois que c'est ce que j’interprétais. Elle agissait comme pour renier une famille qu'elle n'avait jamais désiré.

Mais n'étais-ce pas mon cas ? Et ne la haïssais-je pas pour tout ce que je n'avais pas réussi à faire ? Fuir un nom, sans me retourner, et assumer ? Fuir une femme que je n'aimais plus ? Fuir un métier qui ne me faisais plus rêver ? N'étais-ce pas moi un peu ? Quelque chose que j'essayais de ma cacher, mais qui grondait sourdement au fond de mon âme. Au cœur de mes entrailles. Étais-je devenu le Rohan que j'avais aspiré à être ? Ou n'étais-je que le pâle reflet d'une société dominatrice ? Une société d'image et de reflets. Un vide intersidéral au cœur duquel évoluaient des êtres dénués de sentiments.

Un caméléon ? Je souris. Me remémorant les soirées mondaines où j'avais pu discuter avec la jeune Queen.  Pardon. L'alien ! Rétorquais-je, sans plus de mots pour enrober le tout. Mon léger sourire était assez explicite pour que je n'ai pas besoin d'atténuer mes propos.  Ceci dit il risque de naître sacrément atteint si tu lui files ça Ajoutais-je, désignant la bière vide d'un vague geste de la main, rehaussant un sourcil. M'étais-je fait berner ? Ou était-elle encore plus inconsciente et ingrate que ce que j'avais bien pu imaginer jusqu'alors ? J'accepte volontiers Répondis-je à sa proposition. J’espérai que le joueur choisirait ce moment pour faire son entrée, me permettant de le filmer en toute impunité et discrétion. Même si, soyons francs, je m'en fichais comme du bon Dieu de me cacher dans mon acte de voyeurisme.

Je scrutais la salle une dernière fois, constatant que la foule s'était densifiée. peut-être étions-nous plusieurs voyeurs ? Peut-être n'étais pas le seul à épier le moindre mouvement pouvait s'approcher d'un défi. Le joueur semblait bien timide. Peut-être était-ce son premier défi. le début de sa chute. L'initiation de sa descente aux enfers. Et à l'évocation de cette pensée, je me surpris à esquisser un large sourire incontrôlable.

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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Jeu 28 Juil - 20:53

behind you
Rohan & Liesel
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

« On est jamais mieux servi que par soi-même. – Je vous le fait par dire, dit-elle, complètement amère. » Il but une nouvelle gorgée du liquide ambré et Liesel sentit son cœur se serrer. Elle aurait aimé pouvoir être servie uniquement par elle-même par le passé : ça lui aurait évité de nombreux tracas. Sauf que certaines personnes avaient fourré leur nez dans ses affaires et qu’elle avait été obligé de brûler la maison toute entière pour que les rats ne s’y infiltrent pas. Ah, non, c’était pas la bonne métaphore ? Tant pis. « Pardon. L’alien ! – Non plus, essayez encore, je pense que vous savez être agréable quand vous vous en donnez la peine. » Il veut la taquiner, elle aussi à de quoi l’embêter. Elle ne put s’empêcher de sourire un brin, en se rendant compte qu’il mordait totalement à l’hameçon. Punaise, il croyait vraiment qu’elle avait un polichinelle dans le tiroir ? Elle était déjà assez dans la merde comme ça, ce n’était pas non plus la peine de lui ajouter un truc qui vivait en elle… Liesel était un peu dubitative par rapport à la grossesse. Dans son idéal, elle adopterait un enfant qui n’avait plus de parents et qui avait autant besoin d’amour que tous les autres. Mais la plupart des couples voulaient transmettre leurs gènes de dégénérés à leur gosse, alors qu’en soit, ils n’avaient rien de spectaculaire. Li n’était pas certaine de vouloir transmettre son caractère de merde à son gosse, ni ses soucis capillaires. Et pleins d’autres petites choses désagréables qu’elle ne préférait pas lister ce soir. Pourtant… Pourtant l’idée d’être mère, un jour, de transmettre quelque chose, son nom, aussi, quoi qu’à ce moment-là ce serait certainement celui de son mari, ça lui plaisait bien… Dans l’idée. Pas maintenant, pas tout de suite. Parce que quand vous faites un gosse, vous en avez pour dix-huit ans derrière, si ce n’était plus. Elle avait déjà assez de mal à s’occuper d’elle, autant ne pas ajouter ce boulot là en plus. « Ceci dit il risque de naître sacrément atteint si tu lui files ça. – Putain, Mead ! Je suis pas une attardée, merde. On ne boit pas et on ne fume pas quand on a un truc dans le bide, je sais papy. Et je sais aussi comment on fait les enfants. » Un peu vexée qu’il la croit capable de mettre la santé de son enfant (qui n’existait pas) en danger, elle ne put s’empêcher de sourire malgré tout. Il avait le droit d’être suspicieux le bonhomme. Au fond, elle se moquait bien de ce qu’il pouvait penser.

« J’accepte volontiers. » La jeune femme se leva et se dirigea vers le comptoir. Elle interpella son amie en train de séduire (un peu trop violemment à son goût) le serveur et lui demanda de lui faire une faveur, de sortir l’alcool qu’on ne sortait que dans de rares occasions. Il lui jeta les clefs et elle passa dans l’arrière-boutique pour se dégoter un truc pas trop dégueu. Enfin comme elle y connaissait pas grand-chose en whisky, il allait peut-être avoir une surprise le Rohan. Glissant discrètement les clefs dans la poche arrière du serveur bien trop occupé à racler le fond de la gorge de sa pote, elle retourna près de la table, posant la bouteille dessus avec un peu de fracas. « Faudra payer hein, j’suis plus Crésus. Ce sera pas bon, je vous préviens, mais ce sera meilleur. » Et alors qu’elle voulait se rasseoir, elle la vit. Une joueuse. Elle aurait presque pu déceler l’aura de la demoiselle qui se hissait sur le comptoir. Liesel sortit son portable, faisant mine d’envoyer un message, mais alluma l’application NERVE. Elle ne savait pas encore si elle voulait l’en empêcher ou pas. Rohan devait bien se douter qu’elle jouait à NERVE. Mais elle se souvenait encore du regard cuisant qu’il lui avait porté lorsqu’il avait parlé de sa fuite.

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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Ven 12 Aoû - 19:53



Behind You
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And you’d never die
No you’d never die

Time Never Lies

Pour s'en donner la peine il faut en avoir l'envie Rétorquai-je, calmement, adossant mon dos noué à la chaise presque confortable du bar. Le tissu était quelque peu douteux mais je n'étais pas là pour faire les fines bouches. Et l'envie était rarement présente. D'autant plus que la phrase n'était qu'une pique ironique visée à faire réagir la jeune femme. Et sa réponse l'était d'autant plus. Ce à quoi j'ajoutais d'ailleurs un timide sourire sur mes lèvres empourprées par la chaleur d'un alcool de bas niveau. Ton verre vide me faire dire que tu as un peu tord tout de même. Mais bon. Après tout. Répondai-je, continuant sur ma lancée ironique, bien qu'un brin moralisatrice. Liesel était peut être inconsciente. Ou moi complètement sot au point de ne pas voir qu'elle me menait en bourrique. Qu'importe. Ainsi était fait le monde et chacun était libre de mener sa vie quand bien même cela mettait en danger d'autres amas cellulaires. Mais la chose qui dictait la façon dont on devait se comporter, c'était l'image sociétale qu'on nous avait attribuée à la naissance. Gravir les échelons de cette société pourrie était une tâche ardue, de part le manque de reconnaissance qu'on pouvait avoir dans les hautes sphères. Mais une fois au sommet il fallait faire rayonner l'être qu'on était devenu. Car la chute était vertigineuse et difficile. Liesel en avait fait les frais. Balayant d'un revers de main l'histoire qu'avait tenté de lui construire ses parents. Elle était devenue en quelques semaines la fille presque oubliée, quelques fois désignée, de la famille Queen. Celle qu'on évoquait entre deux dialogues lors de soirées mondaines, prenant bien garde à ne pas faire durer les murmures, pour qu'ils n'atteignent pas les parents. Mais Ils savaient. Ils savaient qu'on discutait de leur famille et qu'on bafouait leur nom. Ils le savaient. Et peut-être en avaient-ils honte. Sûrement. Mais ce n'était que mon interprétation des faits.

Suffisait de demander Répondis-je, avançant sur la table quelques livres afin qu'elle puisse compenser le règlement des frais de la boisson. Je n'eus pas le temps de commencer à la déguster que déjà j’aperçus la jeune femme qui montait sur le comptoir. C'était elle. A n'en pas douter. Je sortis mon téléphone, cliquant sur nerve, lançant la caméra. Non. Je ne l'arrêterais pas. Je savourerais sa déchéance. Et sa honte. Et je porterais fièrement ce sourire sur mes lèvres. J'entraperçus Liesel qui sortait elle aussi son téléphone. Peut-être était-ce une coïncidence. Et quand bien même ce n'en était pas une, qu'est-ce que cela pouvait bien me faire ? Je suis pas seul on dirait Lançais-je, tournant la caméra vers la joueuse qui commençait à se trémousser dangereusement.

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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Dim 14 Aoû - 11:17

behind you
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Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

« Pour s’en donner la peine, il faut en avoir l’envie. – Outch. C’est méchant, ça. Vous avez perdu votre côté diplomate ou comment ça se passe ? » Elle n’était pas certaine de supporter toute une soirée de piques de cette manière. Elle pensait que le Mead savait se comporter convenablement, mais ça ne semblait pas être le cas. Lorsqu’il était agacé, il semblait laisser paraître tout ce qu’il retenait en lui. Ou alors il avait juste toujours été comme ça et Liesel ne l’avait jamais remarqué car sa langue acérée s’était toujours retournée vers d’autres personnes. « Ton verre vide me fait dire que tu as un peu tort tout de même. Mais bon. Après tout. – Ce n’est pas le mien, Sherlock, lâcha-t-elle, placide, presque agacée du tour que prenait la conversation. » Elle n’avait pas besoin d’un moralisateur sur le dos – elle avait déjà eu ses parents qui avaient tenté tant bien que mal de garder contact avec elle, ce qu’elle avait fui le plus rapidement possible.
Il déposa quelques billets sur la table afin de payer le magnifique whisky que je venais de lui ramener. Quoi qu’elle n’était pas certaine que ce soit non plus à son goût : apparemment Monsieur méritait mieux, pour tout. Elle comprenait de mieux en mieux pourquoi sa femme s’était barrée. Peut-être qu’il était encore frustré de cet état de fait. Et de voir Liesel rompre ses fiançailles… Est-ce que ça ne faisait pas remonter des sentiments qu’il avait essayé d’enfouir ? «  Dites-moi, votre haine pour les enfants, c’est normal ou c’est juste contre le mien ? » Elle aussi pouvait lancer des piques, elle n’était pas une idiote. Soudainement, son regard fut attiré par Rohan qui sortait son téléphone et commençait à filmer… Oh mon dieu ! Voilà qu’il jouait à NERVE en tant que Watcher ! Mais non ! Rohan Mead ? Sérieusement ? Elle voulut empêcher la jeune femme de réaliser son défi mais elle venait de trouver l’information croustillante à ne surtout pas rater. Elle jeta un verre qui trainait à côté d’elle sur le comptoir pour rendre ça glissant et collant – peut-être que ça suffirait pour l’arrêter, mais elle n’en était pas certaine. Elle laissa son téléphone enregistrer la jeune femme qui essayait de s’atteler à son défi mais Liesel se retourna vers Rohan, un sourire carnassier aux lèvres. «  Alors monsieur-parfait, on se laisse tenter par les bienfaits de NERVE ? Ce n’est peut-être pas la meilleure des choses à faire lorsque l’on veut être irréprochable au niveau social. Qu’est-ce que le monde du Red Circle dirait si je vous filmais en train de filmer cette danseuse, hein ? » Elle ne tourna toutefois pas le portable, ne souhaitant pas détruire cette image si parfaite qu’il s’était entériné à créer. Elle n’était pas aussi sadique ni aussi égoïste. Elle voulait juste le pousser dans ses retranchements, voir comment il allait réagir.

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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Lun 22 Aoû - 17:26



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Welcome to the room of people
Who have rooms of people that they loved one day
Docked away
Just because we check the guns at the door
Doesn't mean our brains will change from hand grenades

Heathens

Disons que j'ai jamais aimé grand monde. Répondis-je, haussant un sourcil. A vrai dire, ça ne pouvait être que la triste vérité. Cloisonné dans mes idéaux préconçus je n'avais guère eu le temps d'apprécier autrui. Je m'étais retrouvé face à des convictions modelées, sculptées qui avaient forgées ma vision du monde. Et j'avais affronter ceux qui, en bonne conscience, se refusaient à épouser le moule qu'on leur avait offert à leur naissance. J'avais apprécié l'apparence. J'avais aimé et épousé l'idéal. Mais qu'en était-il du revers de la médaille ? Un avenir bien triste et un horizon bien sombre. Une vie terne et monotone. Et des gens que je n'avais su apprécier à leur juste valeur. Et les enfants d'autant plus. Leur jeunesse insouciante les tenait loin de la suprématie des classes sociales. Si bien qu'ils ne pouvaient réellement juger de l'importance de l'image qu'on voulait bien accrocher à leur nom. Sans doute avais-je été comme ça un jour aussi, peu préoccupé de mon devoir sociétal et de ces idéaux qu'on m'inculqueraient.

J’agrippais le téléphone pour m'emparer de la scène et les idéaux s'embrasèrent, laissent entrapercevoir la fragilité de ce que j'avais pu être. Un homme qui s'en fichaient des conventions. Au moins, vois-tu, je ne perds pas mon temps et ma dignité à m'afficher sur une vidéo qui ferait de moi la risée d'une société. Certe Nerve était un fléau. Mais filmer l'essence même de la nature humaine était bien moins dévalorisant que de se trémousser comme une cloche sur une musique dénuée de sens. D'autant plus que bien d'autres habitants de Red Circle ont sombré au sourd appel de Nerve. Répondis-je d'un sourire presque narquois. Qu'elle filme si tel était son désir. Elle avait sans doute plus à perdre que moi. Et qu'aprendrai ta famille, en voyant cette vidéo, si je leur annonçait que leur tendre enfant en est à l'origine. Oh... attends... Sans doute me demanderaient-ils de te nouvelles. Ce à quoi je m'empresserai de répondre que tu couves un beau bébé dont le père n’appartient certainement pas à leurs hautes sphères. Concluais-je, finissant ma phrase par un sourire en coin bien appuyé. Mesquin et fourbe. Et je continuai à me délecter de la scène.
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MessageSujet: Re: behind you (rohiel)   Dim 28 Aoû - 3:04

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Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

« Disons que j'ai jamais aimé grand monde. » Bah c’était clair que s’il les traitait de cette manière, pas grand monde devait rester proche de lui… Elle ne chercha toutefois pas à le lui dire. Ca ne servait à rien d’essayer qu’il se remette en question – elle avait bien compris qu’elle parlait avec une porte. Tant pis pour lui. Liesel l’avait juste rencontré par hasard dans un bar, elle ne vivait pas avec. Elle plaignait plutôt son ex-femme et comprenait subitement mieux pourquoi celle-ci l’avait quitté, hm. Voilà que le regard de l’homme d’affaire s’embrasait comme jamais il ne s’était embrasé – elle était presque certaine qu’il était capable de bander sur ce genre de situation. Merde, il trouvait ça plus kiffant de prendre quelqu’un en vidéo que de partager une discussion, ou même d’aimer quelqu’un ! Le monde ne tournait vraiment pas rond : Liesel venait presque tout juste de le comprendre. Ou alors c’était juste Rohan qui était trop étrange pour elle. Peut-être. « Au moins, vois-tu, je ne perds pas mon temps et ma dignité à m’afficher sur une vidéo qui ferait de moi la risée de la société. – Oh non, Rohan Mead est bien plus grand, bien plus flamboyant. Assez intelligent même pour foutre sa voix sur la fameuse vidéo. C’est con hein ? s’esclaffa-t-elle. » Trop tard pour lui : voilà que le nom était lâché. Elle se doutait bien qu’entre la musique et le succès du défi, personne n’y ferait attention. Surtout que NERVE recoupait parfois certaines vidéos pour regarder que les moments chocs. Sauf que monsieur parfait n’était pas si parfait que ça, hm. « D’autant plus que bien d’autres habitants de Red Circle ont sombré au sourd appel de NERVE. – Comme vous, souligna-t-elle en lui jetant un regard entendu. » Il s’était traîné jusqu’à Morning Hill pour enregistrer quelques images ridicules qu’il aurait pu retrouver en ligne le lendemain. Etonnant paradoxe qu’il lui soulevait là.

« Et qu’apprendrait ta famille, en voyant cette vidéo, si je leur annonçais que leur tendre enfant en est à l’origine. Oh… attends… Sans doute me demanderaient-ils de tes nouvelles. Ce à quoi je m’empresserai de répondre que tu couves un beau bébé dont le père n’appartient certainement pas à leurs hautes spheres. – Je ne sais pas ce que tu crois savoir sur moi, mais je crois que tu n’y es pas du tout, lâcha-t-elle finalement. Fais donc ce qu’il te plait : je n’arracherais pas le goût de la victoire à un quarantenaire bedonnant ayant perdu sa femme. Après tout, se moquer des Queen, quelle bonne idée ! La plus brillante du siècle. » Elle lui fit un clin d’œil, agacée par la tournure des évènements, et éteignit subitement son téléphone. Elle fit une petite courbette devant l’homme d’affaire. « Je ne souffrirai pas plus longtemps votre présence, très cher Mead. A bientôt dans une soirée mondaine, j’imagine. Bon courage pour dormir ce soir, seul, dans votre grand lit. »

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