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 Netflix & Chill ◊ Klijah

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MessageSujet: Netflix & Chill ◊ Klijah   Mar 16 Aoû - 15:06

Netflix & Chill
Klaus & Elijah
"Who needs a social life when you have Netflix and a fridge full of food ?"

Klaus n'attendait rien de cette soirée autant qu'il en attendait secrètement beaucoup. L'idée lui était venue très naturellement, une évolution logique après tant de verres bus ensemble en silence. Inviter Elijah dans sa maison marquait une étape dans leur relation, comme si Klaus lui ouvrait les portes de sa vie personnelle. Selon lui, un ami reste partiellement énigmatique tant que l'on n'a pas franchi le seuil de sa maison - et en l'occurence, Klaus voulait briser cette dernière couche de mystère susceptible de l'entourer.
Il ne pouvait pas affirmer que l'amitié qu'il cultivait avec Elijah était simple. Pour ce dernier, elle l'était sûrement, mais pour Klaus, c'était bien plus compliqué. Au début, Elijah lui avait paru lui faire de l'oeil, avec ses petits sourires discrets lorsqu'ils se croisaient en bibliothèque alors qu'ils ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam. Puis, il avait commencé à s'installer systématiquement à côté de lui et ce fut réellement à ce moment que Klaus s'intéressa avec un regard nouveau à Elijah - qui, comme une dernière preuve qu'il était fait pour entrer dans sa vie, comprenait la langue des signes.
L'inviter à boire un verre la première fois fut une épreuve, et Klaus essaya de faire passer la proposition de la manière la plus innocente possible. Et ce fut probablement comme telle qu'elle fut acceptée. Par la suite, ce fut plus facile de réitérer l'invitation, mais il semblait à Klaus qu'Elijah n'était pas réceptif à la réelle intention qui se dissimulait derrière. Il était sympathique, comme à son habitude, mais il ne se montra jamais plus entreprenant ni tactile. Klaus ne tentait aucune extravagance et  laissait les choses aller à ce rythme - autrement dit, la stagnation - car il prétendait qu'ayant fait le premier pas (même si en y réfléchissant bien, c'était Elijah qui l'avait fait en entamant la toute première conversation), la main revenait désormais à son ami. Mais il avait décrété que le calme avait assez duré et qu'il fallait changer de formule. Il l'avait donc invité chez lui à regarder un film. Cela ne lui semblait pas étrange ou inapproprié, il avait l'impression que pleins d'amis faisaient cela.
Et c'était peut-être ça, le problème : il persistait à cacher tout ce qu'il entreprenait derrière le voile de la simple amitié normale, et Elijah se laissait probablement trop berner par le stratagème. Etrangement, Klaus ne savait pas faire autrement et ne parvenait pas à se montrer plus clair sur ses envies. Peut-être était-ce parce qu'il n'en avait pas de réelles. Il ne se sentait pas particulièrement amoureux, pas du tout même. Elijah lui plaisait, il semblait plaire à Elijah au vu de ses oeillades. Peut-être qu'ils pourraient même faire l'amour une fois pour voir, histoire que Klaus ne soit plus vierge (à vingt et un ans, l'attente commençait à s'éterniser), puis se rendre compte que c'était une erreur, une belle erreur mais qui ne devait plus se reproduire, et ils continueraient leur amitié sans plus aucun espoir ou question par rapport à une possible histoire d'amour, couchant cependant occasionnellement ensemble en période de vaches creuses.
Ce n'était pas très correct de penser des choses pareilles à quelques instants de leur rendez-vous dans sa chambre, et Klaus ne voulait pas limiter son intérêt pour Elijah à la simple curiosité de vérifier combien de centimètres son ami avait dans le pantalon. Histoire de se calmer et de patienter, il dressa la liste des qualités qu'il appréciait chez lui. En résumé, il trouva une bonne dizaine de synonymes pour le mot "gentil", encore trop stressé pour réfléchir décemment et en détails.

Tout était déjà préparé : le matelas sur le sol, face à la télévision, avec son amoncellement de coussins colorés, les rideaux déjà fermés malgré le soleil afin de créer une ambiance propice au visionnage d'un film dans une salle obscure.
Qui sait tout ce qui peut se passer dans une salle obscure, justement pensa-t-il furtivement avant de se donner une claque par la pensée.
Il avait préparé du pop corn, ou plutôt avait ouvert un sachet de pop corn en provenance de l'hypermarché. Il n'avait juste pas choisi le film, décision qu'il laisserait à son invité car force est d'avouer qu'il ne connaissait pas très bien ses goûts en matière d'audio-visuel. Le film était secondaire pour lui d'une certaine manière, le plus important étant de passer du temps avec Elijah.
Maintenant qu'i y réfléchissait, regarder un film semblait moins exaltant qu'aller boire un verre, car il y avait fort à parier qu'ils ne parleraient quasiment pas. Elijah pourrait se fendre d'une ou l'autre réflexion, mais Klaus se voyait mal gesticuler histoire de poser un commentaire sur ce qu'il voyait. Tant pis, l'entendre respirer à côté de lui et réaliser qu'Elijah était là, dans sa chambre, était suffisamment remarquable et prenait le dessus sur n'importe quelle discussion.

Au moment où il s'y attendait le moins, il entendit le son qu'il attendait depuis une quinzaine de minutes : la sonnette aux sonorités électroniques de la porte d'entrée qui résonna dans la maison vide. Le coeur aux bords des lèvres, prêt à éclater, Klaus se précipita dans les escaliers pour ouvrir à son invité avec un sourire qu'il voulut grand et accueillant mais qui resta gêné et flottant.



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MessageSujet: Re: Netflix & Chill ◊ Klijah   Mer 17 Aoû - 23:43

Netflix & Chill
Klaus & Elijah
"Who needs a social life when you have Netflix and a fridge full of food ?"

Les mêmes thèmes, accordées musicales ou livres de contes. Toujours la mort, la vie, l’accomplissement, la folie, l’espace. Milliers et milliards d’étoiles, âme qui se fissure et se brise, vie qui disparaît offrant pénitence à son amie sombre. Un café, deux cafés. Te n'a rien derrière la tête, tu ne sais même pas foncièrement ce qu’il pourrait y avoir. Trop simple, trop innocent. Ne pas se mêler aux autres dans un sens que tu ne comprends pas, te boucher les oreilles quand des mots trop crus passent la barrière de la voix, du son. Rien, jamais. Ne pas savoir, ne pas vouloir savoir. Les regards des gens dans la rue que tu ne vois pas, les sourires charmeurs que tu transformes en amicaux, innocence débile coulant dans tes veines bleutées et fragiles. Un sous-entendu que tu ne comprendras pas, des invitations que tu accepteras avec une innocence non feinte, des sourires que tu rends, des mouvements que tu administres comme les caresses de l’âme, une poignée de main, un sourire, une accolade. Tout semble inné, logique sans double sens aucun, sans espoir d’autre chose, sans rien d’autre. Ramener les gens qui sont trop bourrés, leur appeler un taxi, gestes idiots que tu fais, que tu penses servent aux ordres.
Bienveillance morbide que tu n’as même pas envers toi-même. Pensées en proses et en virgules, des mots qui se balancent et des larmes que t’empêches de couler. La fin de soirée dans les veines des autres et t’admire et admireras toujours leurs sourires bienheureux. T’as la musique dans la peau, la lecture dans le cœur, la peine dans le sang comme une drogue qui se dégage de tes souvenirs. Ta faute, seulement la tienne. Les rêves de gosses, voir le ciel sans nuages, sans pollution, voir les sourires sans façades des gens, voir les âmes et les vents d’émotions dans leurs cœurs. Les articulations qui craquent, fatiguent des muscles et les cernes sous les yeux, joie ou pépite de mort, or qui s’entassent et bloquent la respiration. Un effort, un dernier, un jour off que tu prévois de passer avec un ami, rien de plus, rien de moins. Angoisse qui tord encore le ventre, ne pas te tenir assez bien, t’endormir en plein film, te faire trop présent alors que tu sais que ce n’est pas un truc à forcément faire. Les doigts en feux qui appuient sur cette sonnette, t’angoisse, encore, toujours, c’est toujours comme ç a avec toi, t’as l’impression d’être socialement inadapté. Sourire gêné que t'aperçoit chez Klaus et toi, avec un sourire comme t’en a le secret, faux tout en étant teinté d’une vérité absurde. « Salut ! Tu vas bien ? » Début de conversation fade, tu ne trouves rien de mieux.

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MessageSujet: Re: Netflix & Chill ◊ Klijah   Lun 29 Aoû - 15:48

Netflix & Chill
Klaus & Elijah
"Who needs a social life when you have Netflix and a fridge full of food ?"

Klaus regrettait déjà cette soirée. C'était une mauvaise idée, depuis le début. Il aurait dû se satisfaire des verres bus sans ambiguïté, sans désirer plus, quelque chose qu'il n'était au fond même pas certain de vouloir vraiment. Il eut réellement conscience de cela lorsqu'il aperçu le visage d'Elijah dans le cadre de la porte. Elijah, pareil à lui même. Souriant. Maquillé. Adorable. Le fait qu'il soit mignon, à la manière d'un chiot, faisait culpabiliser Klaus. Etait-il vraiment quelqu'un de correct pour avoir nourri des pensées intéressées au sujet de lui, un être entouré d'une aura d'innocence rare dans ce monde corrompu. Et Klaus le devenait, corrompu. Il n'aurait pu dire quand cela avait commencé. Un jour. Sans explication. D'un claquement de doigt, l'attirance était devenue sale.

« Salut ! Tu vas bien ? »
Oui, viens, entre .

Son sourire ne quittait pas ses lèvres, et Klaus espérait qu'il ne fasse que s'affirmer au fur et à mesure du temps, que les traces de gêne et de fausseté disparaisse, que tout se passe bien, que rien ne dérape et qu'il se tranquillise.
Il ferma la porte derrière son ami et lui laissa malgré lui quelques secondes pour admirer le hall d'entrée. Il eut honte de toute l'opulence que cette pièce laissait deviner et qui contrastait fortement avec le mode de vie d'Elijah, beaucoup plus modeste. Ses parents, sans exhiber à tout va leur fortune, avaient un goût particulièrement fort en matière d'objets décoratifs tape-à-l'oeil, issus de l'imagination de créateurs renommés (du moins pour quiconque s'intéressait à ce milieu). Le hall était circulaire et régulièrement déformé par des alcoves, espaces consacrés à l'exposition d'un vaste, d'une sculpture
Klaus résista à l'envie de prendre son ami par la main pour lui faire monter les escaliers. Elijah ne le prendrait certainement pas mal, mais Klaus ne voulait plus se lancer dans cette piste dangereuse et risquer de noyer un bon moment sous un flot d'ambiguïté mal venue. Il se contenta alors de lui tapoter l'épaule pour manifester sa présence derrière lui et lui fit signe de le suivre avant d'entamer l'ascension des marches.

Sa chambre, fort heureusement, tranchait superbement avec le reste de la maison. Une chambre banale, aux murs vierges, un bureau, un lit, une table de nuit, une lampe de chevet, rien de clinquant ni d'extravagant. Rien qui puisse signifier la conséquence du compte en banque des Maybird. Tout était presque ton sur ton, du gris sur du gris, rien de distinctif. Dans ce milieu aussi sobre qu'une cellule de dégrisement, il y avait fort à parier qu'Elijah se sente plus à l'aise pour regarder un film que dans le salon, pièce trop volumineuse, trop lumineuse, au canapé trop large. Une pièce prête à vous dévorer.

Installe-toi, j'ai fait du pop corn. Il ne te reste plus qu'à choisir un film, je ne sais pas trop ce que tu aimes.

Klaus ne se sentirait même pas surpris si Elijah choisissait un dessin animé. Il s'assis sur le matelas, alluma la télévision et ouvrit la liste des films disponibles, avant de tendre la télécommande à Elijah, en lui adressant un petit clin d'oeil spontané qu'il regretta ensuite.


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MessageSujet: Re: Netflix & Chill ◊ Klijah   Mar 30 Aoû - 19:01

Netflix & Chill
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Incompréhension humaine du monde qui t’entoure. Comme d’habitude, ne rien n’avoir derrière la tête, ne rien penser, ne jamais avoir l’impression que les gens veulent quelque chose de toi, t’amène à faire cette chose précise, imprévisiblement prévisible. Tu es partagé entre le fait d’accepter et de refuser, ne pas vouloir être méchant, être toujours disponible quelle que soit la raison ou le temps, bienveillance extrême souvent détournée contre toi. Souffle de pureté, regards de travers sur l’innocence solaire, les cheveux relâchés en boucles impétueuses, les ongles bleuis par le vernis paillettes, les yeux maquillés, le sourire qui creuserait presque des rides sur ta peau ambrée. Sourire, signe de tête, amertume dans le regard des autres, femmes enceintes qui demandent la place, doux jeune homme qui cède à tous les caprices des autres, d’une femme à un homme, de peu importe. Et parfois les couples qui offrent un sourire, donne une prière. Ceux qui se frôlent se regardent dans le creux de l’âme main dans la main la pulsion du sang dans les veines étant la même. Cœurs coordonnés. Le tien bat seul, toujours, s’emballant en croisant un regard indescriptible, toujours le même, celui de l’autre qui se blesse, sang sur les joues et corps dénudé. Toujours l’image, le souhait d’oublier, alors, peut-être que c’est pour ça que tu as accepté, rédemption de l’âme, passer un temps avec un homme dont tu écoutes regarde les histoires mais où tu ne suis pratiquement plus rien. Distance entre l’humanité et toi, froid dans ton cœur, brûlé, à vif.
Glissement de terrain et d’âme, c’est à ne plus rien comprendre, tes yeux sur les mains de Klaus, tu entres, ébloui par le luxe, l’abus de chose, de bien, ça pourrait t’arracher une mine dégoûtée, mais tu ne peux pas, pas dans ces cas-là, air heureux pour lui, vivre dans l'affiché bonheur et richesse priant pour qu’il n’y est point de mœurs. Pulsation de l’étoile noire, rien à voir, c’est ce qui est dans ta tête pour l’instant, par envie dé d’observer plus que ça, peur d’être de trop juste encore une fois.
Tapotement doux sur l’épaule plus basse, ta tête qui se retourne, Klaus qui montre le chemin, toi qui le suis, trois années qui vous séparent et qui ne sont même pas ancrées dans vos gestes. Puis, plus rien, teint pâle des murs, gris, maussade, tristesse, détonnant avec le reste de la maison, détonnant avec ta propre chambre aux couleurs mélangées, aux posters agrafés, post-it multicolores, guitares dans tous les coins, draps multicolores et lit défait, un beau bordel comme ce qu’il y a dans ta tête. Parfois il y a les mots qui manquent la compréhension qui glisse, ne plus rien savoir de ce que dit l’autre, alors tu demandes et il écrit, tu apprends et il est ton professeur, situation cocasse qui n’arrive que peu. Les jambes croisés, sourire aux lèvres, c’est gênant comme situation, c’est plus l’autre qui est gênant, pas l’air dans son élément. « Tu vas bien ? » Toujours à répéter les mêmes choses, deux trois fois, sans t’en rendre compte, juste parce que ça t’intéresse ou parce que tu te sens obligé de le faire, épaules délassées tu souffles un peu en prenant soin de toujours regarder Klaus, de regarder les mains de Klaus plutôt. « Merci. » Sourire, doux, comme d’habitude qui hante ton visage comme un fantôme. Clin d’œil et rire surpris de ta part, tu slalomes entre les films pour finir par te bloquer sur un film de super-héros, ceux qui sont fort et brave, ton inverse t’as l’impression. « Celui-là t’irait ? » Tu demandes, regardant Klaus, tu n'as pas l’envie de faire de gestes aujourd’hui, t’es fatigué de toute façon.


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MessageSujet: Re: Netflix & Chill ◊ Klijah   Mer 5 Oct - 23:40

Netflix & Chill
Klaus & Elijah
"Who needs a social life when you have Netflix and a fridge full of food ?"

Pour la première fois de son existence peut-être, Klaus se demanda à quoi ressemblait la chambre d'Elijah. Ce devait être certainement tout autre chose, quelque chose de vivant, de chaleureux, un nid douillet aussi coloré que ses ongles, propre. Klaus n'avait jamais réellement tenté de se représenter son ami dans sa pièce rien qu'à lui, dans des meubles qui lui appartenait, ni même comment il évoluait dans son propre cercle privé. Klaus n'imaginait Elijah que dans des situations qui l'impliquait, lui. S'il voulait penser à Elijah sous la douche - han, pensée divine - il ne pouvait faire autrement que de placer le corps du jeune Buchanan dans sa propre cabine de douche, la bas-ventre flouté par des pixels instaurés par la force de l'esprit, sa connaissance à ce niveau étant nulle. Il ne parvenait pas à imaginer Elijah seul avec ses autres amis, Klaus lui-même s'imposait à chaque fois dans ses propres représentations. Elijah dormait dans ses propres draps, chaque nuit, dans une chambre qui lui était on ne peut pas familière, alors que celle de Klaus lui était inconnue... Imaginer cela était une révélation philosophique de bas-étage, ridicule, le genre de pensées qui s'accaparaient de sa tête et qu'il savait débiles au fond, mais il fut effrayé de voir comment il désirait avoir l'exclusivité sur Elijah, au point qu'il en était là, incapable de le doter d'une vie propre. Ce n'était pas si grave après tout, il n'y avait pas mort d'homme, mais cela l'amenait à réfléchir si son amitié avec Elijah était saine, réellement, ou non. Probablement que non. Probablement qu'il avait cru voir de l'intérêt romantique dans ses yeux lorsqu'il lui souriait, quand ils ne se connaissaient pas encore, et que cela avait motivé leur relation, les cafés bus ensemble et cette soirée.
Cette soirée, ce serait quitte ou double. Klaus se promit que s'il ne se passait rien, il enterrerait ses illusions ; et dans le cas où quelque chose aurait lieu, là, tant mieux. Mais impossible de prévoir tout cela, il fallait attendre la fin. En espérant qu'elle arrive lentement pour leur laisser plus de chances pour conclure. En espérant qu'elle arrive rapidement pour le libérer de son malaise et de ses interrogations entêtantes.

Elijah naviguait entre les propositions de films, entre les navets et les films d'auteur, les drames et les blockbusters. Si ça tombait, il ne regardait jamais aucun film et était royalement paumé. Si ça tombait, le dernier film qu'il avait vu était Blanche-Neige et les Sept Nains lorsqu'il avait six ans et que depuis il n'avait plus jamais regardé la télévision. Si ça tombait, il ne connaissait même pas Bradley Cooper.

« Celui-là tirait ? »

Il n'a pas pris la peine de signer. En soi, il n'avait pas besoin, Klaus entendait très bien, mais parler en signes avec Elijah lui donnait l'impression de partager quelque chose avec lui. Klaus préférait voir ça comme une preuve que son invité se sentait chez lui, et donc à l'aise. Cette théorie ne reposait sur rien, sur du vide et quelques espoirs, mais autant s'y accrocher de toutes ses forces pour ne pas se résigner tout de suite.

Klaus hocha la tête. Oui, les super héros ça lui allait. Pas de quoi générer une ambiance propice à un premier baiser mais si tel était le désir d'Elijah, il se devait de le respecter. Après tout, s'il n'était pas satisfait, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même : il n'avait qu'à choisir un film lui-même au lieu de laisser carte blanche à son ami.
Il éteignit la lampe puis s'installa à côté d'Elijah. Pas trop près pour ne pas l'oppresser, mais suffisamment pour favoriser les contacts imprévus et accidentels. Tout un calcul. Il glissa le bol de pop corn sur ses jambes tendues ; s'il l'avait laissé entre eux, cela aurait créé une frontière et il se devait d'éviter le moindre faux pas. Il aurait aimé dire que de sa place, il était enivré par le parfum que son ami dégageait, car c'était romantique d'apprécier les senteurs dégagées par l'autre, mais ou bien Elijah ne sentait rien, ou bien son nez était bouché, asséché à cause du stress. Il serait plus exact de parler de panique, tant son coeur pulsait à toute vitesse dans sa cage thoracique. Ce n'était pas par effet de l'amour, même s'il aurait bien voulu le croire. C'était juste la première fois qu'il se retrouvait dans cette situation.
Klaus lança le film et ne put résister à jeter par intervalles irréguliers des regards en coin vers Elijah, de la façon la plus discrète possible, sans bouger la tête. Devant les premières explosions télévisuelles, il fut convaincu que la soirée allait être chiante. Lui, ne pourrait se concentrer sur le film ; Elijah n'avait pas l'air très vif. Le film s'écoulerait en silence, jusqu'au générique de fin. Même s'il avait pu parler, Klaus n'aurait rien osé dire, pour ne pas déranger Elijah dans son visionnage. Tout le monde n'appréciait pas les papotages. Devant les noms blancs défilant sur fond noir, Elijah le remercierait pour ce moment et plus jamais il ne franchirait le seuil de sa chambre car tout cela manquait d'intérêt, pop corn ou non.
Et non, ils ne s'embrasseront pas. C'était impossible, absurde, improbable. Klaus aurait pu le deviner aisément bien plus tôt, s'il ne s'était pas laissé aveugler par ses envies égoïstes d'avoir quelqu'un dans sa vie, peu importe qui. Il aurait vu qu'Elijah était désintéressé, que son amitié était gratuite, contrairement à la sienne. Pourquoi les super-héros ne connaissent-ils jamais ce genre de dilemme dans leur vie ? Cela les rendrait tellement plus humains et vulnérables. Et le public ne voulait pas voir cela, il voulait admirer des surhommes, des modèles de force, des mutants n'ayant pas le temps pour les sentiments. Mais Klaus était tout l'inverse, c'était un petit coeur de beurre qui battait dans un corps incapable de s'exprimer. Loin de l'étoffe d'un Superman.




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