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 Trust [Pv Klaus]

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I don't need this game
Crédits : Wifflegif
Célébrité : Jonny Lee Miller
Messages : 17
Personnalités : Compte unique
Particularités : Il est autiste Asperger, mais il a choisi de ne pas déclarer officiellement son diagnostic, par crainte d'être discriminé.

On l'a surnommé "Daddy" dans son poste de police, en raison de sa propension à jouer les "mères poules" avec ses collègues et les citoyens impliqués dans leurs enquêtes.


Présence RP : Régulière
Je suis : en marge de la folie furieuse de NERVE

MessageSujet: Trust [Pv Klaus]   Sam 27 Aoû - 2:50

Trust
I believe in you


C'était une affaire supplémentaire de bouclée pour l'inspecteur Teague. Une pauvre gamine kidnappée par nul autre que son petit ami pathologiquement jaloux, désireux de la séparer de toute "tentation"... Ils avaient eu de la chance de la retrouver vivante et à peu près indemne.

Graham avait déjà eu affaire à ce type de profil : s'ils avaient trop tardé, il était certain que le petit couple serait déjà monté aux cieux, une mort précipitée par la main craintive d'un être qui croyait aimer et ne faisait que détruire. Mais elle était en vie et le garçon avait été appréhendé. C'était tout ce qui comptait.

Graham Teague était probablement le seul policier de ce commissariat à apprécier la "corvée" que représentait la paperasse, indispensable avant, pendant et après toute affaire. C'était une tâche en apparence rébarbative, mais dont le caractère répétitif et organisé l'aidait à reposer son esprit hyperactif. Il n'y avait pas de hasard, pas d'inattendu, rien qui ne puisse surprendre l'homme. Juste les éléments de l'affaire, purement et simplement.

Il travaillait toujours avec des écouteurs dans les oreilles, préservant ses tympans sensibles du brouhaha permanent du commissariat. Ses collègues pouvaient être atrocement bruyants et il avait besoin d'un environnement sain pour se concentrer sur ses dossiers.  

Il dut pourtant s'interrompre dans son travail lorsque la porte de son bureau s'ouvrit brutalement. Un sursaut le secouant brièvement, il cessa à regret d'écouter la puissante voix d'Emily Klassen, qui s'époumonait sur les notes de "Piangerò la sorte mia", pour se concentrer sur ce qui sortait des cordes vocales de son collègue.


"Smith est en train de faire son numéro avec un gamin."

Graham soupira et abandonna son travail. S'il était généralement considéré comme le "Daddy" du commissariat, un père nounours sur qui l'on pouvait compter et qui avait toujours un mot gentil pour chacun, cela ne l'empêchait pas d'entretenir un certain déplaisir à l'égard de quelques collègues. Smith en faisait partie.

Smith se prenait pour un cow-boy. Sa plus grande passion était de jouer les cadors auprès des jeunes qu'il ramassait dans la rue pour des raisons plus ou moins valables. Sans doute une manière pour lui de compenser l'absence totale d'autorité qu'il possédait sur son fils... Tous deux se détestaient aussi cordialement que leur état d'esprit du moment le leur permettait.

Ce n'était pas la première fois que Graham intervenait dans ce genre de cas. Toutefois, il n'avait jamais été impliqué aussi personnellement qu'à ce moment précis, puisque le gamin appréhendé n'était autre que...

"Klaus..."

Graham se mordit la lèvre, les poings serrés. Il entra dans la salle d'interrogation, interrompant le manège de Smith, qui bombardait de questions le jeune homme sans lui offrir de quoi lui répondre. Le coeur de l'inspecteur se serra lorsque ses yeux se posèrent sur les menottes qui enserraient les poignets de Klaus et il porta un regard assassin sur son collègue :

"Je peux savoir ce que t'es en train de faire, Smith ?"

Le policier en uniforme parut se rétrécir sous le regard noir de Graham, probablement intimidé par l'aura furieuse qui émanait de sa personne. Pourtant, il trouva le courage de prendre la parole, tentant de lui répondre avec aplomb :

"In... Inspecteur Teague ! J'ai appréhendé ce suspect, qui refuse totalement de coopérer, au milieu de ce qui semble être un défi de Nerve et..."

Le poing de Graham rencontra le mur avec force. Smith sursauta et ne chercha pas à s'expliquer davantage. Il quitta la salle, non sans avoir lâché un "Espèce de taré" à peine audible. Graham ne releva pas l'insulte. Le souffle court, il tentait d'éloigner les images qui s'imposaient à son esprit.

Ce qui restait du corps de son frère et qu'il lui avait fallu identifier... Leurs disputes incessantes... Cet instant où il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, où il n'avait fait que lui reprocher son attitude, avant que la mort ne le saisisse...

Tant bien que mal, Graham parvint à reprendre ses esprits. De ses mains légèrement tremblantes, il retira les menottes qui serraient les poignets de Klaus, s'excusant à mi-voix :

"Smith est un abruti. Je suis désolé de ce qu'il t'a fait subir. Je vais te chercher à boire et on va discuter de ça tranquillement, d'accord ?"

Il attendit un signe d'approbation de la part de Klaus, cherchant à lui redonner le contrôle de la situation, avant de sortir brièvement de la pièce. Il alla chercher un café, sans oublier un calepin et un stylo.

Si Graham apprenait la langue des signes, et ce depuis que son frère avait ramené Klaus à leur domicile pour travailler avec lui, il était encore loin de se débrouiller en la matière et préférait permettre au jeune homme d'exprimer clairement tout ce qu'il ressentait.

De retour dans la salle d'interrogation, il tendit à Klaus un gobelet de café, ainsi que le calepin et le stylo, avant de s'asseoir sur l'autre chaise. Ses jambes commencèrent à s'agiter nerveusement, comme elles avaient l'habitude de le faire en toute occasion, tandis qu'il portait des regards furtifs au jeune homme, sans parvenir à maintenir un quelconque contact visuel.

Prenant une profonde inspiration, il souffla d'une voix calme, offrant un sourire maladroit et hésitant à celui qui avait été l'ami de son petit frère :

"Prends le temps qu'il te faut. Nous sommes seuls, personne ne t'observe, si ce n'est moi-même. Si tu en ressens le besoin, tu peux te dégourdir un peu les jambes. Il me faut juste prendre ta déposition et tu pourras sortir."

Son sourire hésitant s'étira un peu plus, l'expression de son visage se faisant masque ridicule. Graham n'avait jamais été particulièrement doué pour faire ressortir ses émotions, en particulier de cette façon :

"Smith a probablement dû te secouer un peu... Je te paierai un vrai café après ça. Ou du thé, si tu préfères. Désolé de n'avoir à te proposer que notre vinaigre, pour l'instant..."

Graham refusait de croire que Klaus puisse être impliqué dans... dans ce jeu. Pas après ce qu'il s'était passé. Il valait mieux que ça. Ce n'était qu'un malentendu... Il en était persuadé.
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MessageSujet: Re: Trust [Pv Klaus]   Dim 4 Sep - 23:22

Trust
Graham & Klaus
"Believe in me"

Filmer des défis NERVE faisait partie de son contrat, il en était bien conscient. Klaus ne s'en plaignait pas. Il arrivait suffisamment bien à être discret, en partie car filmer quelque chose d'hors du commun était devenu un réflexe partagé par toute sa génération, ce qui lui permettait de se fondre dans la masse. L'autre avantage de ces missions était leur gratuité ; si Klaus voulait regarder les défis sur son ordinateur, il devait payer. Il était un petit peu serré au niveau de ses économies personnelles dédiées au jeu. Et pour cause, même s'il postulait et répondait à différentes annonces, il n'avait pas encore trouvé de travail. Cela ne saurait tarder par contre, il le sentait. Un autre moyen pour gagner de l'argent aurait été de saboter le défi pour récolter la récompense, mais Klaus ne se sentait pas suffisamment aguerri pour cela. Pas encore du moins. Il avait beau s'ouvrir de plus en plus aux autres, entrer concrètement en action dans le cadre de NERVE dépassait pour l'instant ses forces. Et il manquait d'ingéniosité et d'idées pour parvenir à cette fin tout en restant dans l'ombre.

Le défi du jour n'était pas spécialement dangereux. Un défi de débutant, pas le plus exaltant à filmer mais impressionnant pour le débutant en question. Klaus ne connaissait pas le joueur (c'était mission impossible de savoir mettre un pseudo sur tous les visages, autant étudier tous les profils Facebook du monde) et celui-ci ne lui donnait pas l'envie de le connaître d'avantage. Aucun charisme, une angoisse visible. Certes, Klaus était mal placé pour critiquer, à sa place de voyeur a priori inactif et dissimulé, mais justement, il avait été assez raisonnable pour comprendre qu'être joueur ne seyait pas à n'importe qui, dont lui.
Le défi était simple : entrer dans un café précis, réputé pour ses alcools et cocktails, prétendre offrir un verre à une inconnue pour au final lui laisser la note et puis partir. La situation, Klaus devait le reconnaitre, s'annonçait mal : une seule fille était présente dans le bar, chose peu surprenante à cette heure de la journée. Venir en soirée aurait été bien plus fructueux, mais les joueurs avaient décidé que ce serait maintenant, à quatorze heures, heure à laquelle tous les établissements du genre étaient déserts. L'autre problème dans la situation était que la demoiselle se trouvait être assise au milieu d'une bande de garçons. Une reine et ses sujets. Ou ses chiens de garde, selon le point de vue. Cela risquait d'être pimenté, et l'angoisse du joueur devenait bien plus compréhensible, au-delà de l'excuse bidon de la peur occasionnée par une première fois. 

Klaus, qui avait commandé et payé un mojito, était installé à une table non loin, de manière à avoir une vue excellente sur les expressions du joueur (c'était quoi son pseudo ? Milkycoco, une connerie du style) et sur la table de la cible. Il était appuyé contre le mur et avait sorti son téléphone portable comme s'il écrivait un message, rien de plus, alors qu'il filmait sans rater une seule seconde de la scène qui allait se jouer. Fort probablement que le défi serait bouclé en cinq minutes.
Milkycoco fit signe au serveur, chuchota quelque chose puis tritura une serviette en attendant. Les jeunes à l'autre table était déjà servis en boissons, et ils fixèrent d'un drôle d'air le serveur lorsque celui-ci arriva avec sur son plateau l'un des cocktails les plus chers de la carte. Il pointa du doigt le joueur, marmonnant sûrement "de la part de ce jeune homme".

Klaus sentit un courant électrique parcourir les garçons entourant la jeune femme. Indignation. Jalousie. Colère. Klaus était prêt à parier que tout cela n'allait pas tarder à exploser, et il commença à moins regretter sa présence sur les lieux. Le joueur était à deux doigts de la réussite, mais également de la défaite. Le suspense avait réussi à rendre le défi excitant à suivre.
Le joueur avait apparemment demandé l'addition en même temps que le cocktail de la jeune fille et un café au cognac. Il l'avala rapidement, se leva et, sous le regard de la bande de jeunes, s'approcha de leur table. Il tendit l'addition à la fille, qui ne le prit pas, préférant le juger avec dédain. Klaus ne l'aimait pas, elle avait l'air de se prendre beaucoup trop au sérieux, dotée d'un charme loin d'être aussi tapageur qu'elle pourrait le croire. Comme elle ne se décidait pas à prendre l'addition, Milkycoco jeta le papier, qui glissa sur la table, et il n'attendit pas plus longtemps avant de quitter précipitamment le café.

Voilà, défi terminé, simplement. Klaus était sur le point d'éteindre la caméra intégrée de son téléphone lorsque toute la bande se leva brusquement pour se lancer à la poursuite du joueur. Ils étaient en moyenne plus grands que lui, plus athlétiques, plus rapides ; Milkycoco fut rattrapé en deux temps trois mouvements et Klaus, en bon professionnel, n'eut même pas le temps de tourner son téléphone vers la fenêtre qu'il s'était déjà pris un coup de poing et était tombé à terre. En à peine une minute, un bon nombre de passants s'étaient rassemblés, masquant la bagarre à la caméra de Klaus qui, profitant de l'effervescence engendrée par l'événement, fit mine de se précipiter à l'extérieur pour aider à mettre fin au conflit - en vérité pour ne plus rater le moindre détail, la moindre dent cassée, la moindre ecchymose infligée.
Quelqu'un appela la police, dans la foule, et les forces de l'ordre furent rapides. La foule se dispersa et Klaus voulut suivre le mouvement de masse et s'éclipser discrètement. Il avait filmé le début de l'intervention policière, l'interpellation des bagarreurs puis avait éteint sa caméra. Il se faufilait à travers les gens lorsqu'une main lourd tomba sur son épaule.

"Toi, là, je t'ai vu filmer."

Klaus se retourna, pour se trouver face à un policier. Il haussa les épaules. A sa connaissance, filmer n'était pas un crime. La non-assistance à personne en danger en était certes un, mais Klaus était loin d'être le seul à pouvoir en être accusé.

"Tu filmais pour NERVE, c'est ça ?"

Klaus fit aller sa tête de gauche à droite - signe universel de négation qui sembla néanmoins insuffisant pour le policier en face de lui. Et en deux temps, trois mouvements, Klaus fut embarqué au poste.


***

Smith, tel était le nom du policier, ou lieutenant ou peu importe son grade, le harcelait de questions sur NERVE. Depuis quand il y jouait, jusqu'où pouvaient aller les défis, comment il pouvait filmer innocemment des âneries dangereuses, si ses parents étaient au courant que leur fils était un délinquant, s'il était fier de gangrener la société. Il alternait chaque fois les mêmes questions, Klaus ne lui fournissant aucune réponse. Il en aurait été incapable : ses mains menottées l'empêchaient de signer, ni même de faire quelques mines, et il n'avait aucun matériel d'écriture devant lui, ni même la possibilité d'en demander. Il était donc muré dans le silence sans pouvoir s'en sortir, et même s'il s'accommodait de son mutisme, la frustration qu'il ressentit était grande. Il essayait de ne pas se montrer trop impressionné par Smith, par le commissariat, par le fait que ses parents risquaient d'apprendre qu'il était passé par la case prison.

La situation aurait pu durer ainsi longtemps, peut-être jusqu'au lendemain matin tant son interrogateur semblait inépuisable et hargneux. Mais heureusement, la porte s'ouvrit et Klaus espéra de tout coeur voir arriver un remplaçant au poste de Smith, ou même une secrétaire lui annonçant qu'il était attendu sur le terrain. N'importe qui mais quelqu'un qui fasse décoincer la situation.

"Klaus..."

Graham ! Klaus n'aurait pas pu souhaiter mieux, c'était même au-delà de ses pensées les plus folles. Il avait totalement oublié qu'il travaillait ici, et il n'avait jamais été aussi heureux de le voir.

"Je peux savoir ce que t'es en train de faire, Smith ?"

"In... Inspecteur Teague ! J'ai appréhendé ce suspect, qui refuse totalement de coopérer, au milieu de ce qui semble être un défi de Nerve et..."

Le Smith prédateur que Klaus avait dû se coltiner pendant des heures avait laissé la place à un Smith totalement microscopique et apeuré. Klaus avait l'impression d'être de trop, comme ces fois où, invité chez un ami, ce dernier se disputait avec ses parents, en face de lui, stoïque.
Graham frappa le mur violemment, Klaus sursauta de la même façon que Smith et, s'il avait pu crier, il l'aurait fait, au lieu de ce gazouillement étranglé qui passa - il l'espérait - inaperçu. Jamais Klaus n'avait vu Graham exprimer autant de violence : chaque fois qu'il l'avait vu chez Abraham, il avait été très doux et gentil. Rien à voir avec cet éclat de colère. A peu de choses près, Klaus se serait attendu à le voir devenir vert et arracher ses vêtements. Le coup fit beaucoup d'effet sur Smith qui fila la queue entre les jambes.

Graham ôta les menottes de Klaus, qui remarqua, lorsqu'il voulut faire entrer la clé dans la fine serrure, ses mains tremblantes. Sûrement encore à cause de la colère. Qui sait ? Peut-être que Graham s'était surpris lui-même ?

"Smith est un abruti. Je suis désolé de ce qu'il t'a fait subir. Je vais te chercher à boire et on va discuter de ça tranquillement, d'accord ?"

Klaus hocha doucement la tête et Graham s'absenta quelques instants pour revenir avec un café et un nécessaire d'écriture. Il se doutait, plus qu'il ne le savait, que Graham le considérait comme un deuxième petit frère, ou du moins comme un protégé. Ce genre d'attention qu'il avait envers lui lui faisait chaud au coeur, le remplissait de gratitude comme rarement ça ne lui arrivait. A un point tel que, lui qui n'était pas spécialement fan de café, se fit un plaisir de boire le contenu un peu âcre du gobelet. En guise de remerciement. Merci d'avoir fait partir Smith, merci d'être si gentil.

"Prends le temps qu'il te faut. Nous sommes seuls, personne ne t'observe, si ce n'est moi-même. Si tu en ressens le besoin, tu peux te dégourdir un peu les jambes. Il me faut juste prendre ta déposition et tu pourras sortir."

Il lui souriait, un sourire qui faisait du bien, un signe de bienveillance dans cette journée qui ne se résumait que par une bagarre devant un café et un interrogatoire frustrant.

"Smith a probablement dû te secouer un peu... Je te paierai un vrai café après ça. Ou du thé, si tu préfères. Désolé de n'avoir à te proposer que notre vinaigre, pour l'instant..."

Klaus l'écouta attentivement, les yeux rivés sur ce visage qui ne parvenait pas à se fixer sur le sien. Lorsque Graham eut fini de parler, Klaus hocha à nouveau la tête et se saisit du stylo.
Il ne pouvait pas parler de NERVE. Déjà en temps normal il esquivait le sujet, peu importe avec qui il s'adressait, mais Graham faisait partie de la liste de ceux à qui il fallait à tout prix éviter de parler du jeu. Sujet ultra sensible, et Klaus ne voulait pas que Graham soit déçu de lui. Il essaierait probablement de le faire sortir de NERVE et peut-être que ce serait pour le mieux, mais Klaus ne pouvait s'y résoudre.
Le stylo grattant le papier, il inscrivit à l'aide de phrases courtes, tout en prenant soin d'éviter les abréviations (car après tout, il était dans une salle d'interrogatoire, il fallait sans doute être le plus exact possible, même dans la forme... il n'en savait rien mais ne voulait pas commettre d'impair) :

C'est un malentendu. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Le garçon voulait draguer la fille en lui offrant un verre. Mais elle était avec d'autres garçons qui n'ont pas aimé ça et ils sont allé se battre dehors. Je suis sorti voir, comme pleins d'autres. Le téléphone est aussi un malentendu. Je jouais à un jeu pour m'occuper en buvant mon mojito car boire seul n'est jamais drôle. Je l'avais donc encore en main quand je suis sorti, et peut-être qu'en effet j'ai donné l'air de filmer. Quand la police est arrivée, je ne l'avais pas rangé. J'ai voulu partir mais votre collègue m'a interpellé et je n'ai pas su lui répondre. Et pour cause : je suis muet. 
Chose que Graham savait pertinemment bien, mais qu'il était visiblement le seul à être dans le cas. Préciser cette information avait donc paru à Klaus assez essentiel.
Il avait dit "votre collègue", persuadé qu'une marque de familiarité aurait été malvenue, même si la feuille du calepin ne représentait rien d'officiel. Pour ne pas froisser Graham avec ce vouvoiement distant, il tourna la page sur laquelle il venait d'écrire, pour noter sur une feuille vierge :

Ok pour le thé, c'est gentil :) Mais dis rien à mes parents, pour la bagarre et ici S.T.P. :(
Klaus n'utilisait pas systématiquement des émoticônes lorsqu'il écrivait, ça sortait sans raison de son crayon. Ici, c'était peut-être pour montrer que justement, il était suffisamment à l'aise avec Graham pour s'autoriser ce genre de fantaisie, et contraster avec la neutralité peut-être blessante de sa déclaration.





 
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MessageSujet: Re: Trust [Pv Klaus]   Dim 11 Sep - 0:06

Trust
I believe in you


Graham accordait une confiance aveugle à Klaus, à l'ami de son frère. Il s'était très vite attaché au jeune homme lorsqu'il avait fait la connaissance de ce dernier et avait tout fait pour le mettre à l'aise, lui offrir au domicile des Teague une place privilégiée. Klaus était toujours la bienvenue chez Graham, c'était une telle évidence pour lui qu'il ne sentait pas le besoin de le préciser. Les amis de son frère étaient accueillis les bras ouverts et Klaus plus encore que les autres.

Graham n'était pas certain de ce qui le poussait à s'attacher tant au jeune homme. Il n'avait jamais été particulièrement doué pour comprendre ses propres sentiments ou ceux d'autrui, quand bien même déployait-il des efforts pour ce faire. Mais, alors qu'il lisait ce que Klaus lui avait écrit, il était certain d'une chose : le jeune homme ne pouvait pas lui mentir. Pas là-dessus. Klaus n'était pas comme tous ces jeunes écervelés qui voyaient en Nerve un moyen de s'amuser ou d'exister. Klaus n'était pas Abraham.

Il le croyait. Il le croyait dur comme fer et n'en démordrait pas tant que Klaus ne le démentira pas.  Le jeune homme était au-dessus de tout cela. Il était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Graham avait étiré un sourire maladroit sur ses lèvres, l'adressant à son protégé, avant de déclarer explicitement :

"Je te crois. Et Smith est un imbécile pour avoir pu te soupçonner de quoi que ce soit."

Graham eut un petit rire :

"Sincèrement, s'il te connaissait comme je te connais, il rirait de sa propre stupidité."

Il devrait voir les signes. Se rendre compte de la réalité des choses. Mais Graham était dans le déni le plus total, sans même le réaliser. Nerve était loin de lui. Très loin de lui. Il ne risquait plus de perdre qui que ce soit à cause de ce maudit jeu. Son frère serait la seule victime. C'était déjà bien suffisant...

Il pouvait encore le voir, son corps... ou ce qu'il en restait. Ce qu'il avait dû identifier. Il pouvait sentir l'odeur de la mort. La pluie qui s'égarait sur son épiderme, alors qu'on mettait Abraham en terre. Froide. Glaciale. Rappel douloureux qu'il était vivant alors que son frère était mort. Mort. Mort. Mort. Et c'était certainement de sa faute.

Une vive douleur le ramena à la réalité. Battant plusieurs fois des paupières, Graham chassa les images qui s'étaient emparées de son esprit, relégua les souvenirs dans les coins les plus sombres et inaccessibles de son crâne. Il se força à détendre ses doigts, la tension l'ayant poussé à enfoncer ses ongles dans la chair de ses bras. Juste assez pour marquer. Pas assez pour saigner.

Il réalisa alors que Klaus lui avait tendu un autre papier. Marmonnant un semblant d'excuse, Graham promena ses yeux sur la feuille, tentant un faible sourire en voyant que Klaus avait accepté le thé, ses lèvres retrouvant leur position initiale devant la dernière partie de sa phrase. Garder le secret... Graham avait horreur de cela, en particulier lorsque cela concernait sa profession et des parents. Lui-même aurait préféré qu'Abraham soit entièrement franc avec lui, comme il avait pu l'être à son égard.

Mais Klaus n'était pas son frère. Klaus était raisonnable et il n'avait été entraîné dans cette histoire qu'à cause d'un simple malentendu. Graham n'était pas certain que les parents de Klaus, qu'il ne connaissait que de vue, acceptent cette explication et laissent courir l'affaire. Il soupira, mordillant distraitement son index, avant de libérer sa bouche et de déclarer :

"Tout cela restera entre nous. Tu es ici à cause d'un simple malentendu, ton nom restera hors de nos fichiers et tu seras blanchi à l'instant même où tu sortiras de ce commissariat. Tes parents n'en sauront rien. Si quelqu'un leur souffle quelque chose, je promets de mentir pour toi et de te remercier chaleureusement pour les gâteaux que tu seras venu m'apporter au travail."

Graham ne mentait pas pour n'importe qui. Il vouait une grande importance à l'honnêteté, quitte à parfois se montrer trop brusque dans ses propos. Mais Klaus était une exception. Et, surtout, la situation le demandait.

"Tu es majeur. Tu n'as pas besoin qu'un adulte vienne te chercher pour sortir d'ici. Tu vois, je n'ai aucune raison de prévenir tes parents."

Un autre sourire. Hésitant. Légèrement tremblant. Graham refusait de l'admettre, mais il n'était pas bien. La mort d'Abraham et ses circonstances atroces avaient eu un effet dévastateur sur la psyché de l'inspecteur, qui évoluait entre dépression, flash-back vivaces et douloureux, sans oublier des crises qu'il ne dévoilait à personne. Mais tout allait bien. Tout allait bien. Il lui suffisait de travailler et de continuer à vivre. Tout allait bien.

Graham se balança sur sa chaise, son énergie trop présente ne l'aidant guère à se tenir en place. Il pouvait encore se rappeler de la pression à laquelle l'un de ses instituteurs l'avait soumis, le forçant à se tenir immobile, lui qui menaçait d'exploser à tout moment. Fort heureusement, plus personne n'était en mesure de lui dicter ce qu'il pouvait ou ne pouvait pas faire...

Il se releva un peu brusquement, son corps maladroit manquant d'entraîner la chaise dans son sillage, faisant signe à Klaus d'en faire de même :

"On va récupérer tes affaires et on pourra s'en aller. Un thé et des biscuits, ça nous fera le plus grand bien. Si tu le préfères, on peut le boire chez moi. Ou dans un pub. A toi de voir."

Graham était toujours dans l'optique de redonner à Klaus le contrôle de la situation. Des options claires, un destin dont il était le maître, et Graham le suivrait où qu'il aille. S'ils se rendaient dans un pub, peut-être qu'il n'en resterait pas qu'au thé... Boire était devenu une seconde nature pour l'inspecteur. Un moyen d'oublier, de permettre à la nuit de passer, d'offrir à son corps un semblant de repos, dans un sommeil alcoolisé... Boire, boire, boire. Jamais pendant le travail. Même s'il y pensait, parfois...

Graham ouvrit la porte, indiquant d'un geste théâtral :

"Après toi."




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MessageSujet: Re: Trust [Pv Klaus]   Mar 27 Sep - 13:02

Trust
Graham & Klaus
"Believe in me"

Si Klaus avait été orphelin, il aurait sans doute considéré Graham comme un père de substitution. Même si son propre paternel était toujours en vie et bien présent, l'affection qu'il avait pour l'homme reprenait certains codes d'une appréciation filiale : la peur de décevoir, la honte de mentir, la confiance presque totale. Mais il aimait Graham d'une façon qui aurait pu être perçue comme douteuse dans le cadre familial, une relation qu'il savait un peu trop... trop tout, en fait  - il ne parvenait pas encore à y poser des mots - du moins pour être complètement analogue au lien père-fils. Et cela l'arrangeait, il n'aurait changé cela pour rien au monde. Pour Graham, Klaus était sûrement l'équivalent d'un petit frère, mais lui, il n'arrivait pas à envisager les choses sous cet angle.

"Je te crois. Et Smith est un imbécile pour avoir pu te soupçonner de quoi que ce soit. Sincèrement, s'il te connaissait comme je te connais, il rirait de sa propre stupidité."

Klaus eut alors envie de tout lui révéler. Il culpabilisait de voir que Graham acceptait sans condition le moindre mot qu'il avait écrit sur son calepin, de jouer avec la confiance que l'inspecteur avait en lui. Il avait l'impression que le mensonge allait corrompre toute leur relation, que le secret pèserait à jamais sur son coeur, plus lourd encore lorsque Graham serait dans les parages. Mais lui avouer reviendrait à le décevoir, à briser quelque chose entre eux, à le perdre peut-être.
A part si lui ouvrir son coeur pour se soulager allait l'aider à se repentir ? Comme dans ces séries judiciaires où le coupable ne plaide pas le statut d'innocent, avoue ses vices pour que le sentence soit moins lourdes. Graham pourrait l'aider à s'en sortir, même si Klaus n'en avait pas envie, et sa vie redeviendrait banale, normale, chiante. Mais au moins, il serait tranquillisé.
Oui, il lui dirait. Mais pas maintenant, Klaus avait encore trop peur.

Graham dirigea alors son attention sur le deuxième mot de Klaus, celui acceptant son invitation et le suppliant de garder la bouche cousue à propos des dernières heures. Si l'inspecteur faisait un excès de zèle et révélait tout par conscience professionnelle, Klaus était fichu, condamné, privé de sortie à perpétuité. Le jeune garçon était pendu aux lèvres de Graham, pour voir si ce dernier allait manifester son consentement ou non. Il guettait le moindre mouvement sur son visage, pour l'analyser et anticiper sa réaction.

"Tout cela restera entre nous. Tu es ici à cause d'un simple malentendu, ton nom restera hors de nos fichiers et tu seras blanchi à l'instant même où tu sortiras de ce commissariat. Tes parents n'en sauront rien. Si quelqu'un leur souffle quelque chose, je promets de mentir pour toi et de te remercier chaleureusement pour les gâteaux que tu seras venu m'apporter au travail."

Soulagement et gratitude. Graham était prêt à mentir pour lui, pour couvrir son propre mensonge, et cette marque de loyauté le blessa encore plus et l'enfonça davantage dans la honte. Ses parents croiraient cette excuse, même si elle s'avérait quelque peu surprenante. Klaus n'était pas le genre de personnes à offrir des petits gâteaux. A vrai dire il n'offrait en général rien de manière spontanée, en dehors des anniversaires ou de Noël. Mais ses parents ne se poseraient pas la question et se féliciteraient de la générosité de leur fils.

"Tu es majeur. Tu n'as pas besoin qu'un adulte vienne te chercher pour sortir d'ici. Tu vois, je n'ai aucune raison de prévenir tes parents."

Il se leva et intima à Klaus l'ordre d'en faire de même - il ne s'agissait pas à proprement parlé d'un ordre, Klaus imaginait mal Graham lui commander quelque chose. Cela pourrait arriver qui sait ? Si Klaus était repéré encore une fois sur les lieux d'un défi NERVE et que Graham qui était dépêché sur les lieux, ce dernier lui crierait peut-être dessus, lui demandant de lâcher son téléphone et de mettre les mains sur sa tête. L'homme affectueux pouvait-il disparaitre derrière le grand professionnel ? Klaus ne pouvait se représenter la scène, la colère déçue de Graham et son propre malaise. Tout cela paraissait déjà tellement horrible dans son imagination, alors savoir que la réalité excéderait sûrement ses pensées lui donnait presque la nausée. Dans pareille situation, Klaus était prêt à parier que Graham ne mentirait plus pour lui sauver sa peau.

"On va récupérer tes affaires et on pourra s'en aller. Un thé et des biscuits, ça nous fera le plus grand bien. Si tu le préfères, on peut le boire chez moi. Ou dans un pub. A toi de voir."

Klaus n'était pas vraiment d'humeur à fréquenter, ou plus supporter, des gens dans un lieu public. Il avait suffisamment donné de sa personne en la matière pour aujourd'hui. Mais d'un autre côté, se retrouver dans le salon de Graham, sans Abraham allait être tellement bizarre. Graham et Klaus, assis en tête à tête avec leur tasse respective, entouré de vieilles photos d'un Abraham souriant, insouciant de sa mort.
Klaus n'aimait pas trop aller boire un verre en duo, cela le gênait et était l'une des situations durant lesquelles son handicap le frustrait. Il se sentait alors vraiment limité, incapable de faire la conversation directement lorsque l'interlocuteur ne comprenait pas les sens de ses signes, et écrire finissait par lui donner une crampe au poignet. Pesant le pour et le contre, Klaus décida que le pub serait au moins déjà animé par nature et que son propre silence serait englouti par les sons aux alentours.

"Après toi."

Graham avait ouvert la porte et Klaus sortit de cette salle petite et blanche pour retrouver une liberté qui lui manquait déjà après si peu de temps.
Il se tourna face à Graham et articula une syllabe. Pub. Il comprendrait, c'était impossible de confondre ce simple mouvement de lèvres avec ceux qui auraient composé Chez toi (de même, il l'aurait désigné de son index, pour clarifier la situation).
Au bout du compte, il n'était toujours pas certain de l'endroit où il désirait aller, il avait peur de faire un mauvais choix, comme si cette décision était au fondement de tout son avenir. Après quelques secondes, il ne put s'empêcher de hausser les épaules et se résolu à écrire Comme tu veux sur sa main avec le stylo de Graham qu'il avait conservé.

Il sortit du commissariat, cela au moins il était sûr que c'était la bonne chose à faire et chercha du regard la voiture de Graham sur le parking. Quête inutile, il était bien incapable de dire de quel modèle il s'agissait. Il connaissait pas mal de choses sur Graham, mais son bolide n'en faisait pas partie.


 
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On l'a surnommé "Daddy" dans son poste de police, en raison de sa propension à jouer les "mères poules" avec ses collègues et les citoyens impliqués dans leurs enquêtes.


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MessageSujet: Re: Trust [Pv Klaus]   Mar 27 Sep - 20:24

Trust
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Graham avait attendu poliment la réponse de Klaus, regrettant de ne pas s'exprimer de manière plus fluide et précise en langue des signes. Il savait que cela faciliterait la vie du jeune homme, mais il lui était compliqué de se consacrer à cet apprentissage quand son travail lui prenait une bonne partie de son temps. Il n'était probablement pas obligé de travailler autant, mais... mais il en ressentait le besoin. Pour oublier un peu son quotidien. Pour tenter d'effacer un instant la pensée que personne ne serait là pour partager son dîner, le soir venu.

Le pub, c'était donc là qu'ils iraient. Il pensait que, après un tel événement, Klaus aurait privilégié la tranquillité d'un lieu familier, mais après tout, il n'était pas dans la tête du jeune homme. Lui-même se serait certainement réfugié à son domicile, se recroquevillant sous quelques couettes, de la musique dans les oreilles. Une attitude que l'on devait peiner à imaginer de la part d'un adulte responsable tel qu'il l'était...

Klaus lui avait finalement tendu un bout de papier, sur lequel il transformait sa réponse assurée en un "Comme tu veux" qui fit hausser un sourcil à l'inspecteur de police. Il soupira, se frottant nerveusement la nuque :

"Tu as fait ton choix. Ce que je veux n'importe pas. Il y a un pub pas très loin d'ici, dans lequel je suis déjà allé plusieurs fois..."

C'était un euphémisme. Après la mort de son frère, Graham s'était égaré dans l'établissement chaque jour, noyant son chagrin dans l'alcool. Mais il n'avait pas trouvé la paix souhaitée au fond de son verre. Juste des regrets supplémentaires...

Les affaires de Klaus récupérées, Graham sortit du commissariat en compagnie du jeune homme. Il ne chercha pas sa voiture dans le parking. Après tout, il s'était rendu à pied au travail, l'établissement se trouvant à une distance très raisonnable de son logement. Ce qu'il signala à Klaus, étendant brièvement les bras pour savourer l'air frais qui soufflait sur son épiderme :

"J'espère qu'un peu de marche ne te dérange pas ? Ca ne devrait pas prendre plus de cinq ou dix minutes, en fonction des feux rouges et de notre vitesse respective."

Il lui adressa un sourire maladroit, reprenant d'une voix douce :

"Si je n'en ai pas expréssement besoin, je préfère ne pas prendre la voiture. Conduire ne fait pas partie de mes activités favorites."

Cela lui demandait un niveau de concentration qu'il n'était pas prêt à fournir. Sans compter que se retrouver au volant d'une voiture avait toutes les chances de déclencher son anxiété. Oh, il conduisait, s'il le fallait... Pour le travail. Par nécessité. Mais s'il pouvait l'éviter...

Graham marchait à grands pas, levant de temps à autre les bras, comme s'il tentait de s'envoler. En compagnie de Klaus, tout comme cela avait pu être le cas avec Abraham, il oubliait régulièrement de conserver sa façade de grande personne responsable, laissant s'exprimer ses tics, ses manies et son excentricité. C'était la preuve de la confiance qu'il éprouvait envers le jeune homme. Aux côtés de n'importe qui d'autre, Graham se serait très certainement restreint.

Il ne ressentait pas toujours le besoin de combler le silence. Au contraire, il appréciait ces instants de pure tranquillité, passés en compagnie d'une personne à laquelle il portait une grande estime. Bien sûr, il aurait préféré que cela se passe dans d'autres circonstances, plus agréables qu'une arrestation injustifiée. Mais ainsi était fait le destin...

Enfin, ils arrivèrent devant le pub, qui n'avait pas l'air bondé à cette heure de la journée. L'un des serveurs repéra Graham, lui adressant un signe de la main et quelques mots :


"Salut, Graham ! J'espère qu'on ne va pas te récupérer sous une table, cette fois !"

Sa remarque le désarçonna tant que l'inspecteur ne trouva rien à répondre. Honteux, mal à l'aise, il gratta nerveusement le dos de sa main, laissant des marques sur sa peau qu'il avait déjà abîmée à de nombreuses reprises. Il voulut inviter Klaus à rentrer, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Temporairement muet, il proposa à son ami de s'installer d'un geste de la main, tentant de chasser le profond malaise qui s'était emparé de son être. Il ne souhaitait vraiment pas que Klaus puisse connaître cette partie de sa personnalité...

S'asseyant sur à la table choisie, il se balança sur sa chaise, ses jambes s'agitant furieusement. Il lui fallut quelques instants pour retrouver son calme, suffisamment pour parvenir à articuler tant bien que mal :

"Je paie pour nous deux. Tu... Commande ce que tu souhaites."

Lui-même hésitait. Il savait qu'un peu d'alcool, juste un peu, l'aiderait à se détendre et à chasser temporairement son anxiété naturelle. Mais il se connaissait. Ce n'était jamais "un peu". Toutefois, en présence de Klaus, il lui serait nécessaire de se modérer...

Tapotant du bout de ses doigts le bois de la table, Graham attendit la réponse de Klaus, ses yeux évitant systématiquement le regard du jeune homme. Il devait probablement le prendre pour une sorte d'alcoolique, à présent...




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Trust [Pv Klaus]
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