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 Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end

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Je suis : en marge de la folie furieuse de NERVE

MessageSujet: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 14:45

Joan Evelyn Twain
« Light up, light up as if you have a choice, even if you cannot hear my voice. Louder, louder, and we'll run for our lives. »

Nom : Twain Prénoms : Joan(na, il paraît), Evelyn (mais elle préfère l'oublier) Date/lieu de naissance : 3 Octobre 1994, Lorwels Age : 22 ans Nationalité/origines : Anglaise Statut civil : Célibataire Orientation sexuelle : Bisexuelle Métier/études : au chômage Situation financière : Dans la merde ? Traits de caractères : Débrouillarde | Acharnée | Dure | Egoïste | Cassante | Raisonnable | Frustrée | Réaliste (ou fataliste selon les points de vue) | Intransigeante | Rancunière | Rigoureuse | Subtile | Terre à terre | Perspicace Groupe : Outsiders Avatar : Jodie Comer Crédits : Roz
Pour quelles raisons n'as-tu toujours pas succombé à NERVE ? Son frère s'est tué il y a des années dans une sorte de jeu du même genre ; ou en tout cas, c'est ce qu'on lui a raconté. Un groupe absolument clandestin de jeunes lançait des défis aux participants et proposait aux autres de parier sur le résultat. En fonction des gains proposés, le joueur acceptait ou pas, et repartait avec une partie de la cagnote en cas de réussite. Sinon, eh bien il perdait ce qu'il avait misé. Un jeu comme un autre organisé dans les bas-fonds de la ville ; finalement, ça n'avait rien de beaucoup plus illégal que les tournois de boxe clandestins. Sauf qu'Eliott s'y est tué, et même si Joan n'avait pour ainsi dire plus de nouvelle depuis longtemps, elle a eu beaucoup de mal à accepter sa mort, et encore plus l'absurdité de cette dernière. Alors, forcément, en voyant un jeu comme Nerve se développer, elle n'allait pas se jeter dedans. Premièrement parce qu'elle trouve ça beaucoup trop dangereux pour participer, et secondement parce qu'elle a autre chose à faire d'un fric qu'elle n'a même pas. Elle trouve ça ridicule ; mais si des gamins veulent se tuer pour un peu d'adrénaline, ça les regarde. Elle ne va certainement pas être raisonnable pour eux.


Que penses-tu des doutes planant sur le jeu ? Qu'ils sont fondés et à prendre au sérieux. Ce "jeu" n'est rien de plus qu'une énorme blague dangereuse et illégale. Un gamin est déjà mort et beaucoup d'autres le seront ; sans parler de ceux qui se sont tués dans un défi comme celui-là sans que le lien avec Nerve ait été prouvé. Joan ne conçoit pas qu'on laisse faire ; pour elle, c'est du bon sens. Que quelques gamins en pleine crise existentielle en soient dépourvus, elle le conçoit ; mais que les membres du gouvernement ne s'attachent pas à régler la question avant qu'il soit trop tard pour de nombreux autres gosses, elle a plus de mal. Mais finalement, elle finit toujours par hausser les épaules. Ce n'est pas son combat. Si ça se trouve, à la chambre des Lords, ils se disent la même chose ; à ceci près que, eux, sont supposés se sentir responsable de ce qui arrive aux citoyens du pays. Mais s'ils s'en souciaient réellement, ça se saurait, et alors peut-être qu'elle aurait assez de temps et de fric à gaspiller pour ces conneries

Pseudo : SYR Âge : 18 balais Fréquence de connexion : Tous les jours Avis sur le forum Il en jeeeette ! J'ai hâte de commencer *_* Comment l'avez-vous connu : Même que c'est la faute à Roz Autre chose : CHAUSSETTE ?
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 14:45

[center]
For the dreams we had to silence
« That's all there'll ever be »

Septembre 1993 ▬ La clé tourne dans la petite serrure, verrouillant la grille au bas du porche, devant la porte qui finit, elle aussi, fermée à double tour. Il faut au moins ça. Le battant est si peu solide qu'au final, cette serrure n'est qu'une sorte d'intimidation censée décourager les éventuels cambrioleurs. Il faudra la changer, un de ces quatre. Histoire d'avoir au moins un semblant de véritable sécurité dans ce trou.
L'homme tire le rideau devant la porte et se tourne à l'intérieur de la pièce. Les tables ont été repoussées contre les murs et les chaises empilées par-dessus. Son épouse est en train de passer la toile sur le sol. Il peut voir qu'elle est épuisée mais, à son air buté, il sait déjà qu'il est inutile de lui dire de le laisser f aire. Au lieu de ça, il s'en va faire de l'ordre dans les bouteilles rangées derrière le bar. Il vient de faire l'acquisition de cette micro-entreprise qui n'en est même pas vraiment une. Comme la plupart des pubs dans ce quartier, son activité n'est qu'à moitié légale. Mais il n'a clairement pas les moyens laisser une partie de son chiffre d'affaire s'échouer dans les poches d'un gouvernement incompétent. Les risques de contrôle, aux abords les plus directs du port, sont de toutes façons quasi inexistants. En tout cas, cette affaire, c'est la promesse d'une vie meilleure. Il vient de lâcher son emploi d'ouvrier et de rendre son appartement de location où il vivait avec sa femme pour acheter ce petit endroit. Ce n'est pas un duplex dans le Red Circle, mais ce sera plus tranquille pour eux que ce qu'ils avaient avant. Le bar en bas, le petit appartement au-dessus.  Ils vont enfin avoir les moyens de faire vivre la famille qu'ils rêvent d'avoir depuis ces cinq ans qu'ils sont mariés. Cet enfant, ils l'espèrent depuis si longtemps. Même si ce travail est au moins aussi épuisant que le précédent, ils vivent ça comme un accomplissement.



Juin 1994 ▬ « Comment ça, deux ? » Il tourne un regard chargé d'angoisse vers son épouse ; laquelle garde les yeux rivés sur l'écran bleu de l'échographie, comme si elle était hypnotisée. « Eh bien, vous savez, ça arrive, parfois, que deux cellu- » Exaspéré, il coupe le médecin d'un geste sec de la main. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas fait quinze ans d'études qu'il est complètement con. Il sait ce que sont des jumeaux, c'est la consternation qui a parlé pour lui. Et il y a de quoi : c'est une véritable catastrophe. Il tourne à nouveau la tête vers les écrans sur lesquels les images frémissent. Les deux petites ombres sont étrangement entrelacées, mais selon le positionnement de la sonde, on peut distinguer clairement deux coeurs qui battent. La grossesse est déjà bien entamée, pour ne pas dire arrivée quasiment à son terme. Cet examen est tardif mais autant vous dire que pour obtenir un rendez-vous avant l'accouchement dans cet hopital populaire, il vaut mieux s'y prendre avant de renoncer aux préservatifs. Maintenant il est beaucoup trop tard pour songer à un avortement, songe-t-il, consterné lui-même par l'horreur de ses propres pensées. Mais il faut se rendre à l'évidence : quelle vie pourront-ils offrir à ces enfants ? Si les affaires se sont assez maintenues pour préparer le couple à la venue d'un gamin, ils n'avaient évidemment pas prévu qu'il y en aurait un deuxième.
Le visage du médecin se fronce légèrement, alors qu'il observe les clichés saisis par radiographie quelques heures plus tôt. « Il y a un problème ? » « Une petite anomalie en bas de la colonne vertébrale de l'un des enfants, mais c'est tout à fait bénin. Revenez consulter après la naissance, il faudra peut-être suivre l'évolution pendant sa croissance, mais il n'y a vraiment pas de quoi vous inquiéter. » Penses-tu, songe le futur père sans oser le formuler à voix haute. Deux gosses. Si ce n'est pas une bonne raison de s'inquiéter.
Une main douce et chaude se glisse dans la sienne ; il tourne la tête vers son épouse. « Fais pas cette tête. On va s'en sortir. »



Il avait des raisons de s'inquiéter, le patriarche en herbe. Mais malgré une raideur et une austérité affichées, il n'en a pas moins aimé ses deux enfants de tout son coeur. Son amour, c'est bien tout ce qu'il a pu leur donner sans compter.

Les premières années ont été les plus difficiles ; on a pas de mal à deviner pourquoi. Impossible de songer à engager une babysitter ; la journée, les deux gamins restaient à l'étage et leur mère venait vérifier régulièrement qu'ils étaient toujours là. Ils mangeaient à leur faim puisque c'était la priorité absolu de leurs deux parents. Sur le reste, ça ne suivait pas forcément.

Décembre 2005 ▬ Joan plisse les yeux pour distinguer les fines écritures de son bouquin. A la lueur d'une toute petite bougie, l'entreprise s'avère un petit peu compliquée. Les premières fois que c'est arrivé, elle a trouvé ça plutôt drôle ; franchement, ça mettait un peu d'animation dans sa petite vie, sinon tranquille, tout de même relativement plate. Les coupures d'électricité, au début, c'est rigolo. On met des bougies partout, on se croirait dans un film ; soit. Mais elle a un peu grandi depuis ; et là, ça fait cinq jours qu'ils n'ont plus rien et ça commence à être chiant. D'autant plus que le chauffage aussi a été coupé et que ce soir, ils ont dû se laver à l'eau froide. C'est tout de suite moins chouette. Elle soupire, frotte ses yeux qui commencent à la piquer à cause de l'effort. Tant pis pour la lecture, elle va essayer de dormir. Elle souffle la bougie et se retourne sous la couette.

C'était sans compter sur Eliott, avec qui elle partage cette chambre de huit mètres carrés depuis qu'ils sont nés. A peine de quoi faire tenir leur lit ; mais, comment s'en plaindre alors qu'ils n'ont connu que ça ? En tout cas, le gamin se tourne dans un sens, dans l'autre. Elle ne s'en formalise pas, habituée à ses insomnies. Cette fois en revanche, elle sent presque son cerveau vibrer contre le matelas tellement il semble anxieux. « Qu'est-ce qu'il y a ? » elle finit par chuchoter. « Chut, » il répond, la froissant  légèrement du même coup. « J'attends que les parents dorment, je te montre après. » La curiosité chasse sa mauvaise humeur, et elle attend sans un mot, écoutant le bruit de la vaisselle qu'on empile et des tables qu'on repousse à l'étage d'en dessous. Quelques minutes plus tard, la porte de la chambre s'ouvre légèrement, libérant un filet de lumière qui fait frémir la petite fille lorsqu'il cogne contre ses paupières closes. Sa mère semble n'avoir rien vu, elle s'approche sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur le front, se penche au dessus d'elle pour atteindre son frère, et s'en retourne comme une ombre. Encore quelques instants à écouter les chuchotements des parents, les lattes du plancher qui grincent ; puis, le silence. Alors seulement, Eliott s'active. Il se lève, entraînant la couette sous les grognements de sa soeur - parce que bon sang, fais gaffe, il fait froid -, et va fouiller dans son cartable abandonné près de la porte. Quelques instants plus tard, il revient en tenant un petit objet que Joan ne peut identifier à cause de la pénombre. En tout cas, vu d'ici, à la façon dont il est précautionneux, on dirait qu'il tient entre ses mains la chose la plus précieuse du monde. En un clin d'oeil, il se glisse à nouveau sous la couette et ouvre enfin la petite chose. Une vive lueur fait sursauter Joan ; elle est d'abord surprise mais il ne lui faut qu'une seconde pour comprendre ce que c'est : un écran qui vient de s'allumer. Abasourdie, elle regarde les lettres danser devant ses yeux et l'écran d'accueil s'afficher sur la petite console portable. « Où est-ce que tu as eu ça ? » Elle souffle, plus impressionnée que perplexe. « Un copain qui me l'a prêté à l'école. » Elle ne le croit pas. Il a répondu trop vite, comme s'il avait préparé sa réponse à l'avance. Mais, elle ne relève pas. Elle sait qu'il sait qu'elle n'est pas dupe ; et puis, entre nous, elle est beaucoup trop heureuse d'avoir pour de vrai la GBA SP entre les mains pour réprimander son frère.
Au fil des prochaines années, il aura beaucoup d'amis qui lui prêteront beaucoup de choses. Et qui oublieront toujours de revenir les réclamer.



Février 2008 ▬ « Mademoiselle Twain. » Elle ouvre un oeil, un mauvais pressentiment tambourinant déjà contre sa paupière toujours fermée. Peut-être que c'est le ton autoritaire sur lequel on vient de lui adresser la parole - et de la réveiller, au passage. Peut-être aussi que c'est son cerveau qui pose un (ou plusieurs) mots sur le paysage qui se plaque sur sa rétine. En tout cas, elle va sûrement avoir des ennuis. Clignant des paupières, toujours engourdie de sommeil, elle se redresse en réprimant un grognement de protestation ; à la fois contre le sale quart d'heure qu'elle s'apprête à passer, et contre son dos qui lui fait un mal de chien à cause de sa position inconfortable. Une quarantaine de paire d'yeux sont tournées vers elle, et un silence de mort règne dans la salle de classe. « Oui ? » elle finit par demander, un peu mollement, provoquant l’hilarité de quelques camarades. Le professeur a plus l'air navré qu'en colère, mais elle sent déjà que ça cache quelque chose. Il continue, d'un ton beaucoup trop mielleux au goût de la jeune fille. « Commencez donc par essuyer la tache de salive sur votre col » - cette fois, tout le monde rigole, et elle se fait violence pour ne pas leur dire à tous de fermer leur gueule - « et puis venez ici nous expliquer au tableau comment vous avez résolu le problème 4 à la page 225 du manuel. » Elle grince des dents. « Je l'ai pas fait, monsieur. » « Eh bien vous allez le faire. Allez. Venez-là. » Elle soupire intérieurement, repousse sa chaise en arrière et rejoint le tableau en traînant des pieds. Elle ne sait même pas de quoi il est question.

Mais le prof est moins fourbe qu'elle ne l'aurait pensé. Elle ne peut pas trop le savoir, vu qu'elle l'a à peine regardé alors qu'elle est dans cette classe depuis presque six mois. Ca n'avait dérangé personne jusqu'à présent. La moitié des élèves font comme elle. Il faut croire que ce prof de maths est à bout de patience et que c'est sur elle qu'il a jeté son dévolu pour se venger un peu. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Au final, il lui explique. Il lui expose le sujet, il la laisse réfléchir. Et en dix minutes, il lui a montré que ça n'avait rien de sorcier. Et qu'elle pouvait y arriver.
Légèrement abasourdie, elle est retournée s'asseoir. Elle a planté son menton dans la paume de sa main, le coude sur la table, et elle a passé le reste de l'heure à regarder par la fenêtre.

Juin 2009 ▬ C'est le dernier jour de collège et il est là uniquement pour se pavaner. Elle le sait, mais elle est allée voir quand même, parce que tout le monde en a parlé toute la journée et qu'elle préfère se dire qu'elle n'a pas enduré tout ça pour rien. Jules - Jules en plus, bonjour le cliché - qui est trop beau et qui est trop sympa et qui est tellement sexy ; puis il est quasiment majeur, il est indépendant, si c'est pas trop impressionnant !! Impressionnant, elle ne sait pas ; en fait elle a surtout un peu pitié de ce mec qui en est réduit à venir se montrer à la sortie du collège pour se sentir un peu aimé.
Au final, il a surtout l'air mal à l'aise, au milieu de cette armée de gamines aux hormones en ébullition. Joan, elle est assise un peu derrière lui, sur une petite barrière au bord de la route. Dès qu'elle l'a vu, et qu'elle a constaté à quel point il était effectivement beau gosse, elle a lâché les dindes de sa classe pour le contourner et aller attendre Eliott plus loin. Pas question d'être prise pour une groupie. La moto qui est garée juste là, en revanche, a attiré son attention. Sans trop oser faire le tour du véhicule en le dévorant du regard (de peur, sûrement, d'avoir l'air d'un requin), elle promène un regard brillant d'envie sur la selle, le guidon, les mécaniques apparentes. Ce tas de ferraille la fait plus rêver que tous les abdos du monde, mais elle ne s'autorise pas trop à imaginer ce  qu'elle ferait avec un truc comme ça. Le retour à la réalité risque d'être un peu brutal.
Eliott tarde. Elle a l'habitude qu'il traîne à la sortie des cours mais cette fois, ça commence à être vraiment long. Le bus finit par partir, sans eux, mais chargé de bon nombre de groupies à la tête chargée de fantasmes. Joan glisse un regard vers l'entrée du collège. Pas l'ombre d'un frangin ; ou pas du sien. Elle soupire, fouille dans la poche de son pantalon trop grand pour en sortir la brique qui lui sert de téléphone. Elle est loin de s'en plaindre, beaucoup trop heureuse de pouvoir communiquer avec cet engin. Qu'est-ce que tu fous ? Elle lui envoie. Ses yeux glissent à nouveau sur la moto. Elle soupire encore. « T'as qu'à le dire, si je t'emmerde. » Elle sursaute comme si la foudre venait de s'abattre à deux centimètres d'elle, manquant du même coup la faire tomber de son perchoir. Il n'a pourtant pas parlé fort ; ça ressemblait plutôt à un grognement. Comme s'il était réellement exaspéré qu'elle lui souffle dessus comme ça. Qui ça, il, d'ailleurs ? Coup d'oeil à droite, là d'où la voix lui est parvenue. Bruit à gauche, près de la moto ; il a dû la contourner. C'est le fameux Jules, agenouillé près de la bécane, visiblement occupé à décrocher un antivol. Elle ne l'a même pas entendu s'approcher. « Je te soufflais pas après, je savais même pas que t'étais là. » elle grogne à son tour, d'une voix morne et rauque, presque en écho à ses paroles. Il se relève sans la regarder, visiblement décidé à s'en aller sans rien ajouter. C'est à ce moment là qu'elle capte, un brin de tremblement au fond de la gorge : « Tu conduis ça ? » Il suspend ses gestes, tourne vers elle un regard indéchiffrable. « Bah oui. Et alors ? » Son ton désinvolte l'exaspère. Elle va pour lui dire que rien, qu'elle s'en fout, qu'il a qu'à se tirer, mais un détail lui revient en mémoire. « Mais t'as pas le permis... t'as pas l'âge. » Il se décompose une seconde avant de froncer les sourcils « Mais comment tu sais ça ? » Elle se sent rougir, un peu honteuse d'avoir autant d'informations sur lui. Alors que concrètement, elle s'en fout. « Tu fais baver toutes les filles du collège, et ça s'est su que tu venais ce soir. Ca a jacassé toute la journée, j'ai entendu quelques trucs. » Il lui rend un air circonspect, si bien qu'elle se sent obligée d'ajouter, un demi sourire sur les lèvres. « Il paraît que tu tues des monstres d'une main pendant que tu soulèves Big Ben de l'autre. Un vrai héro. » Contre toute attente, il se met à rire, et elle se laisse sourire un peu plus librement. « Quel super portrait. La réalité est à la hauteur de ce que t'as entendu, tu trouves ? » Il n'est pas suffisant, mais elle décèle sans mal l'appel au compliment. Du coup, elle esquive le problème, trouve de quoi retomber sur ses pieds sans le vexer pour autant. « Tu conduis une moto. » elle lâche en haussant les épaules, comme si ce simple fait annulait et dépassait tous les autres éléments. Genre « Tu es motard et c'est tellement fantastique que je me fous bien que tu aies une gueule d'ange, la tronche  de travers, que tu sois Einstein ou que tu aies le QI d'une pastèque » ; le tout planqué derrière une désinvolture qui n'a pas l'air de beaucoup le berner. Boarf, de toute façon, c'était juste une question de fierté. Si elle avait voulu le berner, elle lui aurait juste répondu que non, la réalité n'était pas à la hauteur du tueur de monstres qui fait des altères avec Big Ben. Il se serait tiré, et puis basta. Mais du coup, il reste là et il la regarde avec l'air de se poser mille questions sans plus oser formuler le moindre mot. Une question, finalement, s'arrache du fouilli de ses réflexions et franchit finalement le seuil de ses lèvres. « Tu campes ici ? Le bus est parti, je te raccompagne, si tu veux. » Quelque chose se pince à l'intérieur de son ventre, elle a du mal à s'empêcher de sauter sur la moto en l'inondant de reconnaissance. Mais elle attend son frère. Elle ne peut pas le laisser là. Coup d'oeil sur son téléphone ; pas de réponse, bien sûr. « Je sais pas, j'attends mon frangin mais, je sais pas ce qu'il fout. » « Appelle-le ? » il suggère. Elle se sent idiote de ne pas y avoir pensé toute seule.
Allô ? Entendre sa voix la rassure un peu, mais son ton détaché l'exaspère au plus haut point. « Eliott, bordel, qu'est-ce que tu fous, je t'attends ! » Joan ? Silence. Il est sûrement en train de réaliser qu'il a fait une connerie. Je pensais t'avoir prévenue, je rentrerai tard ce soir. Tu as loupé le bus, du coup ? En temps normal, elle l'aurait incendié. Et elle aurait cherché à savoir, à comprendre un peu. Mais pas là, étrangement. « Ok ! » Elle lance, toute trace d'agacement désertant sa voix. Et elle raccroche sans plus de cérémonie, sans même répondre à sa question.

Elle demandera à Jules de la déposer un peu avant d'arriver chez elle, histoire que ses parents ne fassent pas une syncope en la voyant revenir non seulement avec un garçon, mais en plus avec un garçon sur une moto. Alors qu'il n'a même pas son permis, soit dit en passant. Elle, elle n'a sûrement jamais été aussi proche de l'extase absolu. Elle est tombée amoureuse instantanément. De la vitesse, s'entend. De l'impression de liberté absolue qui l'a effleurée. Du pressentiment de danger déposé par dessus comme un voile, si léger qu'on se laisse facilement, si facilement l'oublier. Elle sait déjà qu'elle ne pourra plus s'en passer.

Septembre 2009 ▬ Le lycée, c'est une autre pointure. S'ils avaient dix grosses minutes de bus pour rejoindre leur ancien établissement, maintenant il leur faut une bonne demie heure. Le bahut est dans la Crown Heights. Le jour où Joan y met les pieds, elle n'en revient toujours pas d'avoir été acceptée ici. Elle déborde de fierté mais la pression qu'elle se met déjà pour réussir dépasse l'entendement. Elle n'a pas intérêt à perdre sa bourse ; c'est ce qui paye l'établissement. Si elle se plante, elle devra partir, faute de pouvoir payer. Il faut qu'elle assure, elle n'a pas franchement le choix.
Un peu plus loin dans le bus, Eliott a l'air plus blasé que jamais. Concentré sur son smartphone dernier cri, il regarde à peine autour de lui. Il n'avait aucune envie de reprendre les cours ; à son sens, c'est une perte de temps. Il ne comprend vraiment rien. La bourse de sa soeur couvre quasiment leur scolarité à tous les deux, et ce sont les parents qui se plient en quatre pour mettre au bout. Et lui, il s'en tape. Son ingratitude exaspère Joan au plus haut point mais elle ne se sait pas en position de lui faire la leçon. Elle se dit que de toute façon, ça ne changerait pas grand chose. Et elle a d'autres choses auxquelles penser.


~ * ~ * ~ *
Ca fait quelques semaines que les cours ont commencé. Ce soir là, Joan sort rapidement du lycée, harassée de fatigue autant à cause de la soirée qu'elle s'apprête à passer, que de la journée qu'elle vient de finir. Un coup d'oeil circulaire lui apprend que son moyen de transport n'est pas encore là. Tant mieux, il faut qu'elle parle à Eliott avant de rentrer. Elle ne tarde pas à le repérer ; ce n'est pas trop compliqué, il fait quasiment une tête de plus que tout le monde. Elle ne revient pas de la poussée de croissance qu'il a eue pendant les vacances. Ils ont tous les deux toujours fait plus que leur âge, mais lui, maintenant, avec sa barbe de trois jours sur les joues et sa carrure d'homme, il a quasiment l'air adulte. Alors qu'ils vont prendre quinze ans dans quelques semaines. Il s'y croit un peu trop, se dit-elle en avançant vers lui, contemplant la clope qu'il a dans la main gauche, et la fille qu'il a dans la main droite. Elle aurait préféré le voir tout seul mais elle renonce immédiatement à l'idée. Elle sait déjà qu'elle n'arrivera pas à lui faire lâcher sa copine. « Eliott ? » Il tourne la tête vers elle, avec son air flegmatique qui l'énerve tellement. Elle inspire calmement. Pas question de faire une scène devant tout le monde. En plus, elle sent sur elle le regard de la jeune femme accrochée à son frère et ça la met inexplicablement très mal à l'aise. « Ouais ? » « Tu traînes pas trop, pour rentrer ? Tu sais qu'on a besoin de toi ce s... » « Mais tu rentres toi, nan ? » Il tire sur sa clope, elle a envie de la lui faire bouffer. Elle est toujours aussi calme quand elle répond, pourtant « Je rentre mais j'ai du travail, je vais pas pouvoir aider. Ca fait longtemps qu'elle est prévue, la soirée, alors » « J'avais d'autres plans, en fait. » La colère commence à lui saisir la gorge. Quel sale petit con, bon sang. Espèce d'égoïste ingrat insupportable et suffisant. Il ne la regarde déjà plus, préférant lorgner sur l'iPhone resplendissant qu'il dégaine après avoir balancé sa clope un peu plus loin. Est-ce qu'elle a très envie de savoir où il l'a eu ? Rien n'est moins sûr. « Eliott, bon sang. » Elle grogne. Retenez-la ou elle va l'étrangler. Coup d'oeil vers sa copine, dont elle ne connait d'ailleurs même pas le prénom. Inutile de chercher du soutien de ce côté, hein ? La jeune femme soutient son regard sans un mot. Ca la met un peu plus mal à l'aise. Elles sont sensiblement de la même taille, mais l'autre a une présence assez impressionnante. Surtout à côté d'Eliott. Même si elle est assez menue pour tenir toute entière au creux de son bras quand il la serre contre lui, elle s'impose sans avoir l'air de faire le moindre effort. Joan, elle, a presque l'air de rapetisser sous l'oeil inquisiteur de son frère. Pourtant, pas question de se dégonfler. « J'ai besoin de travailler, il faut que tu rentres, c'est tout. » « C'est pas mon problème. » « Eliott ! S'il te plait, c'est important, tu » Elle le surprend en train jeter un regard circulaire. Pour vérifier que personne n'écoute. Rien que la présence de sa copine semble soudain le mettre mal à l'aise, comme s'il était gêné qu'elle assiste à ça. Joan se tait. Elle comprend ce qui se passe. Elle est en train de piétiner, avec ses gros sabots, l'image qu'il a construite auprès de ces gens dont il ne voulait même pas entendre parler il y a quelques mois. Le bad boy flegmatique et impertinent n'a pas de problème d'argent et ne se fait pas materner par sa soeur. 'Comprenez, c'est un peu la loose, quand même. Elle avise le téléphone qu'il a dans la main. Sa veste en cuir quasiment neuve et le paquet de clopes qui dépasse de sa poche. Puis elle songe à ses propres convers contrefaites usées jusqu'à la semelle, sa veste en jean rapiécée sur une épaule, son jean éternellement trop grand. Ses cheveux un peu secs retenus grossièrement dans une queue de cheval approximative. Au regard qu'il lui rend, elle sait qu'il veut qu'elle se casse. Le dégoût remplace l'agacement sur son visage. « Pauvre branleur. » Elle lâche, avant de lui tourner le dos.

Elle n'arrive pas à croire qu'il ose leur faire  ça. Qu'il ne s'en vante pas, elle le comprend. Elle n'étale pas non plus sa vie et ses problèmes au monde entier. Mais elle n'aurait pas laissé sa famille dans la merde, ne serait-ce qu'un soir, juste parce que ça abimerait un peu sa pauvre petite image de type branché et populaire. Plutôt mourir qu'avouer qu'un soir sur deux, ils n'ont pas d'eau chaude pour prendre leur douche ? Elle n'arrive pas à croire qu'il ait honte à ce point. Elle se sent trahie, profondément blessée. Pauvre type.
Elle veut s'éloigner rapidement, quand le rugissement d'une moto lui fait soudain tourner la tête ; elle tombe sur Jules, assis sur son bolide. Il est déjà arrêté, juste à quelques pas de l'attroupement qu'elle est en train de quitter ; il tient son casque sous son bras. Il a juste fait hurler le moteur pour attirer son attention. Presque soulagée, elle s'approche à grands pas. Il lui balance un deuxième casque, qu'elle saisit au vol ; se laisse le temps de déposer un baiser sur ses lèvres avant de se jucher derrière lui sur le véhicule en se coiffant de la protection. « J'espère que c'est pas parce que le type là-bas t'a foutu un râteau que tu es d'humeur massacrante. » Il lance, en essayant visiblement de détendre l'atmosphère. « C'est Eliott, imbécile. » elle rétorque, insensible à sa tentative. Coup d'oeil vers le couple qui n'a pas bougé. Ils discutent ; et à la façon dont Eliott fronce les sourcils, il a l'air beaucoup trop concentré pour qu'elle lui parle de la mine qu'il pensait se mettre ce soir. La jeune femme a un léger mouvement de la tête vers Joan, qui fronce à son tour les sourcils. Est-ce qu'elle comprend bien ? Elle croise son regard, quelques secondes. Puis elle se secoue.  « Allez, on se casse. » Jules ne fait pas mine de protester, et ils quittent la rue à grands renforts de pneus qui crissent.

~ * ~ * ~ *
Finalement, Eliott est rentré avec le bus. Il a été d'humeur absolument massacrante toute la soirée, mais au moins, il était là. Il a donné un coup de main aux parents au rez de chaussée, et elle a pu passer la soirée à bosser. Les maths lui ont un peu pris la tête, mais elle s'est acharnée et finalement, ça l'a fait. Elle croit. Les traductions, en revanche, lui prennent toujours un temps fou. Mais ça, ça lui plait. Et pour la première fois, un vrai projet, une vraie ambition pour un vrai futur commence à se faire sa place dans un coin de sa tête.

Février 2010 ▬ Les flashs de lumière lui font tourner la tête aussi sûrement que l'alcool qui imprègne son sang. Elle boit assez peu, Joan. Mais ce soir, elle a clairement abusé. Tant pis ? Ca ne fait pas de mal, elle suppose. De toute façon, elle va si peu souvent en soirée que les occasions de boire se font assez peu nombreuses. C'est triste, quand on a ses parents propriétaires d'un bar, quand même. Au moins, ça lui a appris quelques trucs. « Tu mets cinq fois trop de rhum », elle grogne à l'attention du gamin derrière le bar en repoussant sur ce dernier le mojito qu'il vient de lui donner. La fête a lieu dans l'une des villas de Red Circle. Elle n'aurait jamais pensé foutre un pied ici de sa vie. Ca ne l'empêche pas de se comporter exactement de la même façon que quand elle est chez ses parents dès qu'il est question de préparer un cocktail. Le reste du temps, elle doit avoir l'air d'un animal en cage, sur ses gardes, comme si elle était en environnement hostile. Ses chaussures lui semblent trop plates, sa tenue trop sombre ; elle se trouve trop terne au milieu de ces lumières et de ces couleurs. Elle n'a pas sa place ici.
Mais bon. Maintenant qu'elle a bu, elle est beaucoup plus à l'aise. Assise sur son tabouret, elle regarde les autres un peu moins comme s'ils allaient la bouffer. Sans dire qu'elle est détendue, elle se sent un peu moins en danger. Elle a presque envie de danser, mais c'est peine perdue, piétiner sur place comme ça lui fait beaucoup trop mal au dos. Ce serait pas mal qu'elle consulte, un jour. L'idée la fait rire, un peu. Elle cherche son verre ; se souvient qu'il est beaucoup trop chargé en rhum. Décide que, tant pis, ça ira. Dix minutes plus tard, il est vide. Eliott est arrivé ; ou peut-être qu'il était déjà là, mais dans une autre pièce. Sa copine - Thémis, ça y est, elle a eu un nom - aussi. Quand bien même elle n'aurait pas surveillé Eliott, Joan aurait eu du mal à la manquer. Son regard est attiré par la jeune femme comme un aimant ; glisse sur elle, presque comme une caresse. Sur ses lèvres rehaussées d'un rouge qui change de teinte à chaque halo de lumière qui passe sur elle. Sa clavicule légèrement marquée, le galbe de sa hanche souligné par sa robe moulante. Grisée par l'alcool, elle en oublie d'être discrète, soutient son regard sans broncher quand elle tourne la tête dans sa direction.

Eliott apparaît à nouveau en arrière plan ; il s'approche de Thémis, glisse une main au creux de ses reins en l'enlaçant pour lui arracher un baiser. Joan se détourne immédiatement, brusquement honteuse. C'est son frère. Et la copine de son frère. Et elle a Jules. Stop les conneries. Besoin d'un autre verre.

Quand elle se réveille, une torpille lui vrille le crâne de l'intérieur, et un étau monstrueux lui serre implacablement la nuque. L'angoisse s'accroche une seconde à sa conscience relative, mais elle constate rapidement qu'elle est toujours habillée, et comme la veille. Ce qui est plutôt bon signe. Il y a quelque chose de chaud contre sa tête. Lentement, elle ouvre les yeux ; reconnait à peu près la pièce dans laquelle elle se trouve. Mais maintenant, illuminé par le soleil qui passe par les grandes baies vitrées, l'endroit n'a plus grand chose à voir avec ce dont elle se souvient. Peu importe. Il faut qu'elle rentre. Elle essaie de redresser la tête ; réalise seulement à ce moment qu'elle était appuyée contre... la jambe de quelqu'un. La jambe, nue, d'une femme, a priori. Elle est assise par terre, le dos contre le canapé. Une main semble avoir échoué non loin de son épaule. Elle a un peu peur de se contorsionner pour voir à qui tout ça appartient. Péniblement, elle se redresse, en essayant de ne pas faire de bruit. Son coeur fait un bond ô combien douloureux dans sa poitrine - mauvais plan, c'est un coup à lui provoquer des hauts le coeur - quand elle reconnaît Thémis. Endormie. Dans les bras d'Eliott. Lorsqu'elle ferme les paupières, elle se revoit distinctement, dans la pénombre, au milieu des halo roses et verts qui dansaient partout, le visage à trois centimètres de la peau de cette fille. L'une échouée par terre dans une conscience relative, l'autre déjà comateuse dans les bras de son petit-ami endormi sur le canapé. Elle peut presque sentir les doigts fins glisser dans ses cheveux, juste pour l'encourager un peu, incliner la tête juste assez pour poser son visage contre sa jambe, respirer l'odeur de sa peau. Mais c'est du délire. Son imagination. Elle a juste atterri ici parce qu'elle était trop ivre pour se hisser sur le canapé. C'est juste pathétique.

Juillet 2010 ▬ Ca clignote au dessus de ça tête. Le monde continue de tourner autour d'elle ; littéralement. Ca tangue. C'est comme ça depuis une éternité. Elle ne sait même pas depuis combien de temps ça dure, mais elle a du mal à s'en extirper. Jusqu'à aujourd'hui, en tout cas. Ca y est, ça change. Ca tourne, mais ça change. Elle revient.
Sa respiration accélère, l'auréole de buée sur le masque à oxygène apparaît et disparaît plus rapidement. Elle tousse un peu. Autour d'elle, on s'agite. On retient sa respiration, justement. On se prend par la main, on croise les doigts à s'en éclater les phalanges. On prie, même, un peu. Tout, pourvu que ça marche. Et ça marche.

Elle ouvre les yeux ; les referme aussitôt. La lumière des néons lui donne l'impression de cramer ses rétines au travers de ses paupières closes. L'air qu'elle respire lui semble arracher sa trachée et ses poumons à chaque passage, le temps de quelques respirations, mais ça s'apaise très vite. C'est frais ; ça fait du bien. Comme de l'oxygène dans les poumons, oui. Elle entend la voix de sa mère. Elle reconnait les suffocations caractéristiques des sanglots. Elle voudrait lui dire de ne pas pleurer,que tout va bien. Qu'elle va bien. Mais la fatigue l'écrase et elle se laisse glisser dans le sommeil. Et puis, le fait est qu'elle n'a concrètement aucune idée de comment elle va.

Quand elle revient à elle la fois suivante, sa mère n'est pas seule. Il y a Jules, aussi. Ils la fixent tous les deux comme s'ils voyaient une revenante. Joan manque encore de forces, mais elle se fait violence pour former un rictus. « La gueule que vous tirez, sérieux. On dirait des zombies. » Son murmure s'éteint. Elle est déjà à bout de souffe. Sa mère sourit, puis cache sa bouche derrière sa main alors que les larmes recommencent à tracer des sillons sur ses joues. Jules, lui, arrive à peine à étirer les lèvres. « Tu t'es pas vue, Frankenstein. »
Elle dort encore tout l'après-midi, pour hémerger le soir, finalement. Eliott a pris le relais. Quand elle ouvre les yeux, il semble sur le point de partir. Les visiteurs ne sont pas autorisés à rester pour la nuit mais, du coup, il reste un peu. Il se rassoit, saisit sa main entre les siennes. Si elle n'avait pas été si impliquée dans l'histoire, elle aurait trouvé ça dramatiquement cliché. Mais son contact la réconforte. Au bout de quelques minutes d'éveil sans interruption - une première -, elle parvient à rassembler assez de  pensées pour se rendre compte qu'elle n'a aucune idée de ce qui est arrivé. Alors elle demande.

« Tu ne te souviens pas du tout ? » Visiblement, il est assez contrarié de devoir être celui qui va tout lui raconter. Elle le laisse prendre son temps ; de toute façon, il lui semble qu'elle en a encore pour un demi siècle dans cet hôpital, donc il peut bien réfléchir un peu avant de lui révéler ce qui s'est passé. Et puis, elle est trop fatiguée pour angoisser. « Tu as eu un accident, sur la route. Grave. » Il détache chacun de ses mots comme s'il s'adressait à une gamine de quatre ans. En temps normal, ça l'aurait exaspérée. Mais là, elle se tait. Elle écoute. « Tu étais sur la moto avec Jules. Apparemment, vous avez loupé un virage sur le periph'. Vous avez percuté la glissière de sécurité. Lui, il s'est écrasé dedans. Et toi, tu es passée par dessus, tu as atterri de l'autre côté, sur la route, au milieu de la circulation. » Elle fronce les sourcils, songeant que ça a dû faire mal. Qu'elle aimerait pas que ça lui arrive. C'est comme si son frère était en train de lui parler de quelqu'un d'autre. Finalement, elle hôche la tête. « Ca fait longtemps que je suis là ? » « Deux semaines. » Là, elle est abasourdie. Deux semaines ! Bon sang. C'est énorme. « Jules va bien ? » « Il s'est fêlé quelques côtes, mais il va bien, oui. Mieux que toi. » Perplexe, elle répond de la voix la plus étonnée du monde. « Mais j'vais bien, non ? Maintenant que je suis réveillée, je veux dire. Je vais sortir quand j'aurai repris des forces c'est tout. » A sa mine sombre, elle comprend qu'il y a quelque chose qu'elle ne sait pas. Mais il ne dit rien, il a l'air de réfléchir. Elle regarde un peu autour d'elle. Une perfusion est plantée dans son bras, reliée à un petit réservoir au dessus de sa tête. Elle fronce les sourcils, met plusieurs secondes à comprendre que c'est une pompe à morphine. Elle n'y connait pas grand chose en medocs mais elle sait que ça n'augure rien de bon. L'angoisse se fait sa place au creux de son ventre, finalement. Malgré la fatigue. « Tu t'es fait rouler dessus, Joan. Ta jambe a été... enfin, tu. » Il cherche ses mots. Elle commence à comprendre. Lentement, elle agrippe le drap entre ses doigts, essaie de le soulever ; juste pour voir. Elle veut savoir. Mais ses forces l'abandonnent. « Aide-moi. » Elle fait. C'est un ordre plus qu'une demande ; il s'exécute sans un mot.
Elle a le coeur solide, Joan. L'estomac aussi. Pourtant, pendant une seconde, quand elle voit ça, elle croit vraiment qu'elle va vomir. « L'opération a été faite dans l'urgence, tu perdais beaucoup de sang... ils t'ont sauvé la vie, tu sais. » Elle secoue la tête. Qu'il se taise, c'est tout. On ne dirait même pas que ce qu'elle a sous les yeux est une partie de corps humain. Et pourtant, elle peut déjà se douter que le pire est planqué sous les innombrables bandages qui la couvrent de part et d'autre.
Elle repose sa tête sur l'oreiller, sans un mot. Eliott replace le drap sur elle. Il attend encore quelques minutes, puis déclare qu'il va devoir y aller, que sinon, il va se faire mettre dehors. Elle ne répond pas. Il lui faudra plusieurs jours pour prononcer à nouveau le moindre mot.

Août 2010 ▬ Elle hoche la tête, sans rien dire. Elle sait qu'il a raison. Ca ne lui en crève pas moins le coeur. « Je suis désolé. » « Je sais. » Elle répond immédiatement, peut-être un peu trop sèchement. Il lui a répété environ onze fois par jour depuis l'accident, alors, oui, elle sait qu'il est désolé. Elle voudrait en finir vite, ne pas s'éterniser si c'est tout ce qu'il est venu lui dire. Mais il tient absolument à se justifier, apparemment. « Je supporte plus. Te voir comme ça, à cause de moi, ça me rend dingue. Alors » « Alors tu préfères te tirer pour soulager ta conscience. C'est un drôle de concept, mais j'ai saisi l'idée. » Plus tranchante qu'une lame de rasoir, elle ne le laisse même pas finir sa phrase. Elle est amère, elle trouve ça injuste. Il veut se tirer ? Elle ne pleurera pas à ses pieds pour qu'il reste. Puis dans un coin, un tout petit coin de sa tête, elle se doute d'à quel point ça doit être difficile pour lui. Mais, difficile pour elle, on en parle ? Il se tire. Elle n'a pas envie de voir plus loin que ça. Alors s'il a décidé de partir, qu'il le fasse rapidement. Et puis, la façon dont il la regarde, ça la rend dingue elle aussi. Elle en peut plus de devoir se tordre le cou pour croiser son regard depuis son fauteuil roulant. Elle n'en peut plus du tout, même. « Casse-toi. » Il reste planté là encore quelques secondes, puis il se détourne. Elle ne le regarde plus. Elle ne verra même pas le dernier coup d'oeil qu'il lui jettera avant de partir pour de bon.

Juillet 2011 ▬ Elle est debout. Elle marche, même. Cette année a sûrement été la plus pénible de sa vie ; et ce n'est pas peu dire. Entre les cours, la rééducation, le boulot chez ses parents- plus pénible que jamais à cause des désertions d'Eliott... Elle est épuisée, physiquement et moralement. Mais malgré tout, elle marche, et ça, c'est un petit miracle en soi. Elle boite, elle n'est pas très stable. Son fauteuil roulant est rangé dans un coin de l'appartement, au cas où. Elle compte bien le laisser là, mais on ne sait jamais. Ses parents ont jugé plus prudent de le garder ; même si, elle, elle aurait voulu le revendre, histoire de faire d'une pierre deux coups. Pourtant, elle a fini par se ranger du côté de ses parents. On ne sait jamais. Mieux vaut le garder.
Elle ne courra plus jamais, mais elle n'en demande pas tant. Le bon côté des choses, c'est que sa mère ne l'emmerdera plus jamais pour qu'elle mette une robe ou une jupe. N'importe qui comprendrait qu'elle n'ait pas envie que qui que ce soit pose un jour les yeux sur ce qui lui sert de jambe. Ils ont ressoudé son fémur, avec des vis. Deux ou trois, il lui semble. Il a fallu solidifier le tout avec une broche fixée directement sur l'os. Au final, entre les cicatrices de l'accident et celles des opérations, sa peau ne ressemble plus vraiment à autre chose qu'une accumulation de balafres dégueulasses. Et, autant les interventions pour la réparer ont été prises en charge par une assurance trouvée au dernier moment ; autant la chirurgie plastique ne fait pas partie du contrat. Tant pis. Elle ne va pas faire la difficile : tout ce qu'elle demande à sa jambe, c'est de la soutenir un peu. Suffisamment.

~ * ~ * ~ *
« Je t'avais dit, ou pas, que ça nous retomberait sur la gueule ? » « C'est bon, fous-moi la paix. » Elle est encore plus furieuse que lui et elle ne compte pas le laisser s'en tirer comme ça. Pour une fois, il va écouter ce qu'on a à lui dire ; cette histoire lui mettra peut-être du plomb dans le crâne. « Non, c'est pas bon. Est-ce que t'as seulement une petite idée d'à quel point ça nous fout dans la merde ? C'est dingue d'être aussi égoïste, merde, il se passe quoi dans ta tête ? Tu crois que tu peux passer ton temps à nous laisser tomber pendant qu'on paye pour TES conneries ? Ca te suffit pas de nous laisser nous démerder quand on a besoin de toi ; il faut en plus qu'on règle tes amendes ? T'as plus douze ans, comporte-toi comme un putain d'adulte, bordel de merde. » Elle jure pour ne pas crier. Ca réveillerait les parents ; ils ont assez de soucis comme ça, autant les laisser dormir un peu tranquillement. De toute façon, Eliott n'a même pas l'air d'écouter. Il souffle calmement la fumée de sa clope par la petite fenêtre de leur chambre, sans même regarder sa soeur. Laquelle bondit sur ses pieds - plus appuyée sur l'un que sur l'autre, mais tout de même -, lui arrache la cigarette des mains pour la jeter directement à l'extérieur. Il la foudroie du regard. « J'ai ton attention, c'est bon ? » « Qu'est-ce que tu veux que je te dise. » Si la fenêtre avait été moins petite, elle aurait bien imaginé le balancer au travers. Juste histoire de se détendre, pour avoir moins de mal à s'empêcher de le gifler. Mais au final, ce qui la retient, c'est surtout son air mauvais, son regard assassin. Elle peut lui faire la leçon comme à son frère. Mais lui a l'air d'avoir oublié qu'elle est sa soeur. Si elle se laisse emporter et qu'elle lui balance une claque à la gueule, elle a beaucoup trop peur qu'il la lui rende, et elle la sentira passer bien autrement. « Me dire ? Mais rien. Je veux que t'arrêtes de déconner, ou que tu trouves quelqu'un d'autre pour les payer à ta place. On est ta famille, pas ta caisse d'assurance conneries. » Il la regarde, le visage soudain bizarrement inexpressif. Comme s'il réfléchissait. Comme si, parce que c'est maintenant prouvé que cet abruti ne sait pas ce que ça veut dire, réfléchir. Le silence s'étire. Elle va pour le rompre à nouveau quand il la devance : « Tu sais quoi ? T'as raison. » Elle reste interdite. Il lui sourit d'un drôle d'air et elle ne comprend rien. Il se lève. « De toute façon ça fait longtemps que j'aurais dû me casser d'ici. » Figée dans sa stupéfaction, elle est incapable de prononcer le moindre mot. De toute façon, il ne lui en laisse même pas tellement le temps. En deux en trois mouvements, il a balancé ses quelques affaires dans un grand sac de sport qu'il hisse sur son épaule. Juste avant de sortir, il jette un oeil dans le petit placard, à côté de la porte, où ils rangent leurs maigres possessions qui ne soient pas des fringues. Il récupère quelques trucs, elle ne voit pas bien quoi. Brusquement, il se retourne, balance quelque chose dans sa direction. Par réflexe, elle l'attrape au vol. « Tiens. J'te laisse ça. » Et il disparaît. Elle l'entend descendre les escaliers, traverser le bar en bas. Ouvrir la porte, remonter la grille. Elle ouvre les mains ; reconnait le petit boitier gris métallique de la GameBoy qu'il a ramenée, il y a un paquet d'années maintenant. Ca avait semblé si innocent, sur le moment. Jamais elle n'aurait imaginé que ça irait si loin. Elle s'assoit là où il se trouvait encore il y a une minute, et regarde par la fenêtre, une boule coincée dans le ventre. Sa silhouette se détache clairement sous le halo des lampadaires.
Le plancher grince. A nouveau, elle entend les escalier craquer, des pas en bas. Un temps de silence. Puis, la grille qu'on rabaisse, la porte qu'on referme. Les escaliers qu'on remonte, lentement. La porte de la chambre s'ouvre à nouveau sur le visage résigné du paternel. Elle le regarde ; ils se regardent, sans un mot. Puis il avance, et il va s'asseoir au bord du lit, non loin d'elle, qui tourne à nouveau la tête vers l'extérieur. Elle ne le voit plus. C'est étrange, que ça lui torde le ventre comme ça. Alors qu'au fond, ça fait longtemps qu'il n'était déjà plus là.

Juin 2012 ▬ Joan pousse la porte du bar de ses parents. Il est quasiment dix-neuf heures, il y a déjà du monde. Son sac de cours sur l'épaule, elle traverse l'habitacle aussi vite qu'elle le peut en boitant, lance un « Bonsoir » à ses parents qui ne l'entendent pas. Ils sont complètement débordés, elle n'a aucun mal à le voir. Plantée en bas des escaliers, elle hésite. Demain, c'est la dernière épreuve de ses examens. Elle en a passé une aujourd'hui et elle est éreintée. Elle aurait voulu se reposer un peu avant de travailler. Ca a été le même cirque toute l'année ; mais ce soir, les enjeux sont particuliers. Elle jette un oeil aux clients qui attendent plus ou moins patiemment. Les uns sont exaspérés d'attendre ; les autres, souvent les habitués, prennent leur mal en patience en jetant de temps en temps un regard compatissant vers le comptoir. Un bruit de verre brisé la fait sursauter. Elle voit d'ici sa mère grincer des dents, contourner le bar pour aller récupérer un balais. La jeune femme soupire. Elle balance son sac dans l'escalier et va s'installer près de son père, jetant un oeil au tableau des commandes pour prendre la suite. Le regard que lui rend son paternel est à la fois navré et chargé de reconnaissance. Elle se force à sourire.

~ * ~ * ~ *
Il n'est pas loin de deux heures quand elle gravit enfin les escaliers qui mènent jusqu'à sa chambre. Il est quatre heures, quand le sommeil la fait s'effondrer sur son lit au milieu de ses feuilles de cours éparpillées.

~ * ~ * ~ *
Twain. C'est signé en bas à droite. Elle récupère le document sans avoir la foi de sourire, même juste pour paraître polie. Elle a le coeur chargé d'amertume, tellement que la fierté qu'elle aurait pu retirer de l'obtention de ce diplôme est complètement noyée au milieu. Elle méritait tellement mieux que ça. Elle l'a eu, oui, ce foutu bac. De justesse, sans mention, sans bourse, sans rien. Juste le bac, tout seul. Ca lui fait une belle jambe. Ou pas, justement. Un léger rire nerveux s'échappe de ses lèvres à cette pensée, tandis qu'elle boite dans la rue pour rejoindre son arrêt de bus. Allez. Hauts les coeurs.

Mars 2013 ▬ C'est étrange, l'effet que ça lui fait. Elle n'a pas eu la moindre nouvelle depuis plus d'un an et demi. Pas la moindre. Elle a nourri à son encontre une colère plus dure que tout ce qu'elle avait connu avant. Elle l'a tenu pour responsable de toutes les conneries qui lui sont arrivées depuis son départ. La fatigue écrasante de la double journée de boulot ? Sa faute. Le temps qui lui a manqué pour travailler ? Sa faute. Son échec pour la mention ? Sa faute. L'absence d'une bourse pour la poursuite de ses études ? Sa faute. L'obligation de renoncer à ses projets, à son avenir, à ses rêves ? Sa faute, sa faute, sa seule putain de faute.
Alors pourquoi ça lui fait mal comme ça de savoir que ce sombre connard est mort ? Eliott Garrett Twain. 3 Octobre 1994 - 17 Mars 2013. Pas besoin d'aller assister à cette cérémonie bidon pour savoir ce qui sera écrit sur sa tombe. Et puis, quelle idée de revenir l'enterrer ici. Il n'a jamais aimé Lorwels. Il s'est tiré, et personne n'avait envie de le voir revenir. Encore moins comme ça. Il leur a apporté tellement d'emmerdes. Ca aurait dû s'arrêter au moment où il a quitté leur vie, ce n'est absolument pas juste qu'il revienne leur porter un énième coup une fois la sienne terminée. Il aurait mieux valu que personne n'ait jamais de ses nouvelles. Mais à ça, il n'y a pas pensé.Evidemment, il ne pense jamais à rien. Abruti.

Assise au bout d'un ponton sur les quais, elle regarde les vagues s'écraser sous ses pieds. Elle se demande ce que devient Thémis. Si elle était encore avec lui au moment de sa mort. Joan a su qu'ils étaient partis ensemble. Elle ne sait plus trop comment ; ce qui est sûr, c'est qu'elle en a terriblement voulu à la jeune femme. Si elle n'avait pas été là, pour sûr qu'Eliott aurait beaucoup plus hésité à se tirer en claquant la porte. Peut-être même qu'il aurait été plus présent pour eux et que tout se serait mieux passé. Il serait sûrement encore vivant.

Avec des si, elle se ferait élire reine d'Angleterre. (Non, la reine n'est pas élue. Eh bah justement).
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 14:49

De toute façon avec toi c'est toujours ma faute. Ingrate.
Allez sans rancune, faisons des bébés. Comme d'hab.
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 16:43

Bienvenue

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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 17:14

Pareil pour toiiii ma chouquette I love you
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 17:41

Mais que de mystères ! Bienvenue par ici

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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Ven 2 Sep - 23:44

Bienvenue :)

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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Sam 3 Sep - 13:25

BIENVENUUUUE hate de vour l'avatar que tu vas choisir 8D
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Sam 3 Sep - 18:56

Pareil, j'ai hate de voir qui tu vas choisir comme avatar
Bienvenue d'ailleurs, et bon courage pour ta fiche.

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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Sam 3 Sep - 22:26

Bienvenue
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Dim 4 Sep - 18:56

Aw je viens de lire le début de ta fichette et je suis fan
Nous faudra un lien - Elly a perdu des proches aussi à cause d'un jeu clandestin
Hâte de poursuivre ma lecture
Bienvenue sur le fow et bon courage pour la suite
P.S. : le titre déboite

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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Lun 5 Sep - 13:51

Salut par ici ! Merci pour votre accueil, ça fait super plaisir un tel enthousiasme :speedy: L'avatar ce sera Jodie Comer, mais comme je suis pas trop copine avec photoshop et que niveau ressources c'est pas la fête, j'attends un peu avant d'en mettre un, mais ça va venir vite, c'est en commande, Roz me fait ça dès qu'elle trouve une seconde, elle fait toujours des trucs trop chouettes

@Elly Strauss a écrit:
Elly a perdu des proches aussi à cause d'un jeu clandestin

Je suis la seule à trouver le smiley un peu étrange, placé à la suite de cette phrase ?
En tout cas c'est avec plaisir pour le lien, et merci beaucoup pour les compliments La suite arrive aujourd'hui
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Mar 6 Sep - 18:17

J'aime bien les gens qui font des fiches aussi longues
Bienvenue parmi nous
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Mar 6 Sep - 18:18

Joan, je te présente Isla, la meuf à la fiche de 8000 mots.
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   Mar 6 Sep - 18:20


Je ne vois pas du tout de quoi tu parles
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MessageSujet: Re: Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end   

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Joan || This is the road to ruin and we're starting at the end
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