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 don't wanna break you [Edäel]

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MessageSujet: don't wanna break you [Edäel]   Jeu 8 Sep - 11:51



don't wanna break you


Il fait frais, comme on dit, en avril, ne te découvre pas d'un fil. Pourtant, toi, tu es en train d'enlever tes vêtements un à un, tous tes vêtements. Tu trembles déjà des pieds à la tête, tandis qu'une chair de poule ne grimpe du bout de tes doigts jusqu'à ta nuque. Il fait nuit, aussi, c'est sûrement pour ça que tu as l'impression d'être passé des douceurs légères du printemps au vent glacial de la nuit. Devant toi, l'écume des vagues lèches tes orteils recroquevillés. Ils s'enfoncent dans le sable, espérant y trouver un peu de chaleur. Dans tes mains, ton téléphone vibre, tu n'as bientôt plus que trente secondes pour aller te faire un petit bain de minuit. Dans ton dos, tu entends des sifflements admiratifs tandis que tu te sépares du dernier bout de tissu qui recouvrait encore ton corps, c'est à dire ton caleçon.
Tu n'as qu'une envie, te débarrasser de ce défis et ensuite faire les cents pas. Parce qu'au moment même où tu as signalé que tu acceptais ce défis sur l'application Nerve, tu as reçu un appel d'elle, la seule et l'unique. Et elle avait l'air tellement bouleversée, et toi, tu te sentais tellement inutile, tellement loin d'elle. Tu lui as simplement dit précipitamment de te rejoindre ici, au bord de l'eau, et tu as raccroché. Tu aurais pu tout plaquer, cette plage, ce défis, Nerve, sauf que je me suis permis de te rappeler une petite règle : si tu échoues ou abandonnes un défis, tu perds tous tes gains. Moi bien sûr, j'avais en tête le dernier écran plat qu'on a réussi à gagner la semaine dernière, toi, tu as encore pensé à elle. D'une façon ou d'une autre, ils te l’enlèveraient, il n'y a aucun doute, ce serait trop beau.
Donc, ta seule solution est de boucler ce défis, et de l'attendre.
Tu plonges dans l'eau, tandis que sa froideur t'arrache un petit cri de surprise. Tous les muscles de ton corps se crispent au point de te faire mal. C'est trop drôle. Qu'est-ce qu'on gagne, déjà ? Je crois qu'on gagne un bon paquet de fric. C'est sûrement une nana qu'a donné ce défis, t'en penses quoi ? Elle voulait te voir à poils ! Tu fais quelques brasses tout en prenant soin de garder ton téléphone en dehors de l'eau, puis tu mets la tête sous l'eau, eh oui, le défis précise bien que le bain de minuit doit durer plus de deux minutes et que tu dois mouiller toutes les parties de ton corps. Tu vois quelques paires d'yeux braqués sur toi, téléphones y compris, tranquillement installés sur la berge. Finalement, tu es peut-être mieux dans l'eau qu'à l'extérieur. Mais tu repenses vite à ton petit bout de paradis, et tu surveilles les alentours, priant pour qu'elle n'arrive pas si tôt, finalement. Dès que le compte à rebours repasse à zéro, tu nages à toute vitesse vers le sable fin, laissant derrière toi l'eau glacée.
Tu baisses les yeux tandis que plusieurs personnes rigolent et te font signe. C'est bien une chose que tu n'aimes pas, tous ces Voyeurs qui t'observent. Et dire que tu te balades le membre à l'air, toi qui déteste attirer l'attention, je me marre !
Le ferme.
Oh, pardon, monsieur le susceptible ! C'est bon, elle va pas tarder, ta belle ! Rhabille toi pour l’accueillir d'ailleurs, tu vas lui faire peur avec ton corps de tapette. Les filles, ça aime les gars musclés et ceux qu'en ont une grosse. Toi, t'es tout juste dans la moyenne. Elle voudra sûrement jamais de toi.
Putain, ferme-la!
Ok. Ok. On se détend. T'es tout tendu. Relax. Tu souffles longuement tandis que t'enfiles tes vêtements à la va-vite. Dû à ton manque d'enthousiasme, les voyeurs ont rapidement décampé. T'as pas la cote, c'est dommage. J'suis sûr que si tu me laissais un peu faire, on serait hyper populaire ! Tes vêtements sont gelés, et tu grelottes en claquant des dents et en serrant tes bras autour de toi tandis que tu fais les cents pas en attendant Eden. Tes cheveux dégoulinent sur tes joues, petites mèches blondes tombant devant tes yeux. Ton esprit divague, mais dans le mauvais sens, je sens ta peur et ta crainte lécher les bords de mon rivage, et j'ai l'impression que si je tends la main, je prendrai le contrôle de l'océan. Mais au moment où je crois atteindre mon but, quelque chose attire ton regard, et la mer se retire de mon rivage. Je grogne de frustration. La voilà. Elle. Si je veux te briser, je dois d'abord la biser.

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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Ven 9 Sep - 20:56


 
breathe

" you made flowers grow in my lungs and although they are beautiful, i can't breathe.”

Douleur, brutale, fatale, s'encre dans ta chair, autant que dans ton âme, tout est saccagé, tu n'es plus qu'un chaos ensanglanté. De tes yeux vides de sens, s'écoulent des cascades d'un bleu aveuglant, cristaux glissant de ton regard anéanti, d'un rythme aussi lent que l'agonie même que tu ressens, en ce même instant. Un instant éternité, chargée d'une souffrance despotique s'abattant sur toi, dans l'infini de ton existence brisé. Tu ne peux pas y échapper, tu en es littéralement prisonnière, de ces maux qui ne cessent de t'écorcher la peau, laminer ton cœur en lambeaux,
pourquoi as-tu si mal ?
Pourquoi ton cœur saigne t-il autant ?
T'as toutes ces questions qui tempêtent à l'intérieur de toi, étoiles filantes qui n'ont de cesse de défiler, à toute vitesse, comme des mirages étincelants. Pourtant, ils n'en sont rien, ils sont aussi véritables que le sang perlant de tes poings, aussi authentiques que la violence que tu inhales, tu veux frapper, tu veux être frappé, tu veux juste ne plus ressentir la souffrance intérieure, celle qui demeure pire que toutes les autres formes de mal, tu en rêves, d'une douleur physique qui pourrait se révéler plus intense, plus puissante, que l'éruption qui dévale en toi, d'une douloureuse litanie. T'es plus qu'une épave, qui erres entre les rues, à la recherche du temps perdu, avec son visage résonnant entre tes pensées, mélodie grinçante, crispante, qui ne cesse de se répéter, en boucle, et en boucle,
le visage d'isa, ou le visage du diable, le visage d'un être qui t'abandonna, revint vêtu d'un sourire maléfique, et t'extermina. Comme de la vermine, comme si toi, être pensant de chair et de sang, n'avait jamais existé, n'avait jamais importé, n'avait jamais été.
Pourtant, tu existes, tu es, tu ressens, tu respires. T'es un putain d'être humain qui brûle de haine, haine torride, elle lèche les parois de ton âme et s'en délecte, tu ne le hais que plus à présent qu'il fut là, face à toi, fantôme du passé à la beauté oublié. Pourtant, les fantômes sont impalpables, d'abstraites créatures qui ne peuvent directement te toucher. Mais, lui, il y est parvenu, une nouvelle fois, malgré les remparts autour de ton cœur détruit que tu t'étais entêtée de construire, pierre après pierre, t'enfermant de plus en plus dans ta solitude mordante et déchirante au nom de ta souffrance, tu ne la tolères pas, tu ne peux pas, elle te broie.
Là, en cet instant, tu serais prête à tout pour y mettre fin, l'éradiquer, n'être plus qu'une coquille vide de sens, de tout, d'émotions. Tu en vendrais ton âme au diable pour ne plus ressentir ces raz de marées n'en finissant pas de tout emporter sur leur passage, incluant ton équilibre. Tu tombes, tombes, tombes, à n'en point finir, au-delà de l'univers, à jamais prisonnière des spirales des galaxies. Tout tourne autour de toi, monde à l'envers, t'as la nausée, envie de vomir, envie de mourir. Pourtant, tu tiens encore debout, tu dois avancer, continuer, ne pas abandonner la lutte. Une seule raison te pousse à continuer, ce salut éternel, cet ange des ténèbres t'attendant près des fureurs endiablés de l'océan, tu dois y aller, y arriver,
tu as besoin de lui.
Il est la seule personne vers qui tu osas te tourner, la seule qui comprendrait. Au fond de toi, tu le savais, il était le seul qui pourrait apaiser les valses de ton mal embrasé. De son venin divin, il t'insufflerait guérison, tu te perdrais dans son regard, et n'en reviendrais jamais. Tu ne rêves que d'une chose, laisser tes yeux se poser sur lui, sur les courbes de son visage, les étincelles de son âme crépitante telle un feu de cheminée et t'y perdre, à tout jamais. Il n'y a qu'en lui, que tu trouves pareil réconfort. Il est ton lapin blanc, celui que tu t'évertues à suivre, perdue entre les démences de la réalité, ou les déraisons de l'illusion. Ton inconscient, autant que ton conscient sont irrémédiablement attirés vers lui, comme s'il constituait ton unique point d'encrage, ton unique repère, ton unique souffle.
Sans lui, tu ne respires plus, Eden. Tu suffoques, tu expires.
Tu ne sais pas vraiment pourquoi tu ressens tout ça, ton cœur constitue en lui-même un mystère, rouillé, mais fonctionnel, il déraille pourtant, en un cliquetis incessant, personne n'est en mesure de le comprendre, et encore moins toi. Tu ne comprends rien, tu es dirigé par tout, tes désirs, tes peurs, tes émotions quels quels soit et plus que tout, les autres. Ils te contrôlent au travers ta sensibilité carmin, que tu tentes de dissimuler au plus profond de toi, mais elle ne cesse de revenir à la charge, d'une rage si brutale, que tu as presque peur de t'interposer. Tu n'es que spectatrice de tes propres états d'âmes, toutes ces vagues qui déferlent sur toi, et te renversent, littéralement. Tu te noie, Eden. Dans ta solitude grisante, ton mal perpétuel, tu aimerais que tout ceci, tout ceci ne soit qu'un rêve.
Tu t'éveillerais, ouvrirais les yeux, et tu ne serais alors plus toi, tu ne serais plus de ce monde, de ce système solaire, mais d'un ailleurs plus beau, plus grand, plus juste. Ce genre d'autre monde dont tout le monde rêve, au-delà même de la mort.

Sauf que lorsque tu aperçois son visage se découpant dans la nuit noire, aux étoiles insensés, tu ne veux plus de cet au-delà chimère, tu le sais réel, concret, palpable. Ce monde à l'envers résonnant en toi devient alors endroit, tes émotions s'apaisent, partager en un seul regard ta seule épouvante suffit à t'emplir d'un nouveau sentiment. Et, encore une fois, tu n'es pas en contrôle, tu ne l'es jamais, et ne le seras probablement. Tu n'es qu'un pantin de verre, à la sensibilité insaisissable, se déplaçant entre les âmes. Pourtant, tu l'as enfin trouvé, la bonne âme, celle qui t'effraie autant qu'elle ne t'attire. Tu la désires ardemment, mais tu en as si peur, de son reflet miroitant dans l'horizon incandescent. Sur son visage sensitif, se découpe les quelques mèches humidifiés de ses cheveux d'un blond or, pourtant ternies par la noirceur de la nuit. Elles dégoulinent sur sa peau, autant que ta douleur et ton effroi dégoulinent sur la tienne. Vous transpirez de frissons, vous transpirez de désir, mais toi, Eden, tu n'en as pas tout à fait consciente, derrière ce mur de pierre si haut, si tenace, barrant la route à tout être tentant vainement de s'y glisser.
Pourtant, ce soir, il s'est effondré, lamentablement, et tu n'as pas eu le temps, ni la force de le reconstruire. Alors, tu te présentes face à lui, l'âme à nue, le mal déchirant tes entrailles. Tes yeux sont cernés de larmes, du noir de tes artifices brouillant ton regard, tandis que le sang de tes poings perle d'un rythme inaudible, goutte à goutte, tu n'en ressens pourtant pas le mal, si ce n'est un élancement vif et hâtif, incomparable au massacre se déroulant en toi.
Tu es vulnérable, Eden, et tu hais cette sensation. Les pétales de ton être sont ouvertes, d'un rouge vermillon, semblable à un coucher de soleil. Tu te rapproches de lui, tentant en vain de retenir tes larmes, mais tu ne peux pas, ne peux plus, du moins pas ce soir, t'es détruite, et tu ne peux pas le nier, tu n'en as plus la force, ni le désir, tu veux juste t'effondrer, tout oublier. A moins d'un mètre de lui, tu plantes tes yeux dans les siens, belle et douloureuse explosion, tu te consumes plus que tu ne l'étais déjà, si vite, si fort, tu vas finir par clamser, un jour ou l'autre. De toi, ne resteras que des cendres, entassées sur les morceaux restants de ton cœur.
Cette fois-ci, tu ne peux pas résister, tu en as besoin, tu t'invites entre ses bras, comme une enfant en manque d'amour, tu veux juste entendre battre son cœur et te perdre dans cette mélodie éphémère. Tu murmures simplement, d'une voix brisée:
« Je sais plus où j'en suis, Sam. »
▬ Edaël


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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Ven 9 Sep - 22:42



don't wanna break you


La patience. Tu n'en vois pas le bout, surtout ce soir. La patience, ça ne fait ni parti de moi, ni parti de toi. On se retrouve sur ce point. Et là, maintenant, c'est pire que tout. Tes doigts de pieds s'enfoncent dans le sable, tu n'as pas voulu remettre tes chaussures, ne supportant pas d'avoir les pieds mouillés et plein de sable dedans. Des fois, je me demande si t'es pas plus détraqué que moi, en réalité. Je me demande si tu développes pas des tocs. Hé, tu m'entends ?
Tes yeux ont agrippés une ombre dans l'obscurité. Tu as failli ne pas la reconnaître. Et c'est ça, le pire. Jamais tu ne pourrais ne pas la reconnaître, c'est impossible. Même entre milles, même à des kilomètres, même les yeux fermés, tu peux la ressentir, la reconnaître. Mais pas ce soir. C'est que quelque chose cloche. Tes sens sont tout de suite en alerte, tes bras serrés contre toi, tu vas à sa rencontre. T'es au bord de la panique. Tu le savais, au téléphone, tu avais senti que quelque chose n'allait pas, mais pas au point de la retrouver dans cet état. Tu réduis les quelques mètres qui vous séparent en quelques enjambées rapides. T'es tiraillé. La crainte, l'inquiétude, la peur, la colère. Qui l'a mis dans cet état ? Qui a osé ? Malheureusement, tu as peur de savoir. Ton cerveau s'efface, il n'est plus qu'une page blanche. T'aimerais pouvoir y glisser les premiers mots, les premiers mots de quelque chose de nouveau. Mais tu n'y parviens pas. Il n'y a rien à écrire.
Tu n'as même pas le temps d'esquisser un geste qu'elle se glisse entre tes bras. T'as ton cœur qui s'envole littéralement tandis que tu te figes, les mains à quelques centimètres de son dos. Tu sais pas quoi faire, t'es comme un nigaud avec la femme de ta vie dans tes bras. J'suis même obligé de te rappeler que ce n'est pas un rêve. La page blanche de ton cerveau s'est changée en vrai trou noir, il absorbe tout avant que tu n'es le temps d'intercepter la moindre pensée. T'as peur de tout, tout à coup. Peur de la blesser, alors que tu ne la touches même pas. T'as peur de la vexer, si tu ne bouges pas. T'as peur qu'elle se retire de tes bras et que tu en hurles à la mort. T'as peur de toi, de moi, d'elle, de la nuit qui t'aspire, de la mer qui monte.

    - Je sais plus où j'en suis, Sam.

Sa voix lisse s'immisce et résonne dans tes oreilles. Tu fermes les yeux et tu souffles longuement. Tes muscles endoloris de s'être autant crispé d'un coup se détendent, et tu laisses glisser doucement tes doigts dans le creux de son dos, jusqu'à descendre sur ses reins. Puis tu la sers contre toi, timidement, t'amènes ton nez dans le creux de son cou. Tu respires son odeur, et tu te détends, m'effaçant presque totalement de ton esprit.

    - Ne m'en parle pas si tu veux pas, mais j'suis là. J'suis juste là et j'bougerai pas, dis-tu d'une voix rauque, signe que tu as pas ouvert la bouche depuis des siècles.

T'aimerais faire plus, tellement plus. Mais tu sais pas quoi. T'es pas doué. Ses yeux emplis de larmes te hantent, alors tu recules légèrement, et tu plantes ton regard dans le sien. T'aimerais pouvoir y déceler des réponses, mais t'en es pas capable. Tu connais pas les gens, tu connais pas leurs fonctionnements. Tu vois juste que son visage est dévasté, que ses yeux expriment trop de choses qui risquent de te faire perdre la tête à toi aussi. Tu ouvres la bouche, mais tu sais pas quoi dire. Tu lèves une main, tout doucement. A peine quitte-t-elle le dos d'Eden, tu en ressens un manque terrifiant. Alors tu t'empresses de la poser sur sa joue, et tu essuies le torrent d'une de ses larmes. Comment tu vas faire, après, hein, gros nigaud ? Chaque jour, c'est de pire en pire. Tu vas t'accrocher à elle et tu deviendras un fardeau, c'est ça que tu veux ? Non. Bah regarde-toi, alors, t'es accro. T'es autant accro à elle qu'elle n'est accro à ta drogue. Comment tu vas vivre les prochains jours, ou les prochaines semaines où elle te sortira de sa vie, hein ? Tu vas chialer tout seul, enfermé dans ta chambre, les volets tirés ? Tu peux pas la forcer à t'aimer, elle t'aimera jamais. Elle a juste besoin de toi.
LA FERME !
Tu recules brusquement en passant une main sur ton visage. Ton souffle est rauque. Elle te terrifie. Et si j'avais raison ? Tu recommences à serrer tes bras contre toi, essayant de calmer cette chair de poule qui te fait claquer des dents. Tu baisses les yeux, tu peux pas supporter son regard. Mais en même temps, ce silence te rend dingue. Petit à petit, je gratte, je gratte la surface de la muraille que tu as élaborée autour de moi. Laisse-moi lui dire le fond de ma pensée. Laisse-moi lui dire à quel point tu lui en veux, chaque jour, de se présenter devant toi, et de ne même pas être capable de te reconnaître. Laisse-moi lui dire que tu ne comptes plus lui donner une seule dose de drogue, laisse-moi lui dire ce que tu as envie de lui faire, dans tes rêves, la nuit, quand tu as peur du noir.
Tu grelottes encore un peu en passant une main dans tes cheveux, ils te gênent, les gouttes d'eau qui glissent sur ton front marquent le passage d'un feu sur ta peau. T'imagines ses mains à elle sur toi, elles embraseraient ta chair au point de te marquer pour la vie. Mais pourtant, maintenant, t'as trop peur de l'approcher, t'es comme une bête sauvage en cage, et les barreaux qui te séparent d'elle, c'est toi-même qui les a érigés.

    - T'es blessée... tu dis tout bas.

Mais t'oses pas t'approcher. Tu lui montres ses mains du menton. Tu regardes autour de toi. Comment faire ? Alors, sans réfléchir, t'enlèves ton sweat, puis ton t-shirt noir que tu portais en dessous, et tu enrobes doucement ses mains dans le tissu. C'est pas le mieux, mais ça évitera que le sang ne coule trop. Des questions te brûlent les lèvres, mais tu as dit qu'elle n'était pas obligée de t'en parler si elle ne voulait pas, alors tu ne veux pas la forcer. Tu peux que réparer les morceaux, mais tu dois prendre sur toi. Tu te mords la lèvre inférieure, mais c'est à peine si tu la touches, tes mains sont comme sécuritaires, tu l'as rattraperas si elle tombe, mais là, tu peux pas la toucher de ton plein grès. T'as l'impression que tes pensées ne sont pas légitimes, tu ne la mérites pas.

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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Sam 10 Sep - 16:06


 
breathe

" you made flowers grow in my lungs and although they are beautiful, i can't breathe.”

Chant léger, tant solitaire, s'évadant de sa poitrine, en un boum régulier réglé tels les pendules d'une horloge. Tu te perds dans cette sonorité qui t'englobe d'un voile fluet de réconfort, cet air solennel qui revigore chaque pore de ton corps. Soudainement, tu as moins mal, guérison momentanée et imperceptible, mais tu t'en contentes, de ce soulagement précaire. Tu n'as que lui, cet être à la douceur délectable, pour ne pas perdre la tête, ne pas sombrer dans le trou noir infini de la douleur, tête la première, visage ensanglanté, émacié, déchiré par la valse des émotions se déchaînant en toi, d'une grâce presque admirable. Sans lui, ce visage compréhensif, ce cœur mélodieux, tu ne serais déjà probablement plus de ce monde, morte par la faute de l'univers, ou morte par ta propre faute. T'es une funambule tentant en vain de conserver son équilibre sur le fil infime et incertain de la vie, et lorsque tu te sens perdre l'équilibre, prête à tomber, si bas, si fort, contre le macadam brut des rues, il est toujours là pour te rattraper. Entre ses bras, tu en oublies tout, tout ce fléau qui ne cesse de se démener, d'une hargne sans pareille, sans égale, la hargne de la haine, mélangée à un soupçon de douleur intemporelle, t'as envie de tuer en cet instant. Mais, si près de lui, tu tires un trait, à l'encre de ton sang, sur tes pulsions meurtrières, qui pourraient aussi bien s'abattre sur autrui autant que sur toi-même. T'es un cygne blanc noirci par le peine, cette tristesse que tu n'es jamais parvenu à cerner, pourquoi pleures-tu, Eden, pourquoi laisses-tu tes émotions te gouverner ainsi ? Ton inconscient te hurle dans les tréfonds de ton esprit, soulève toi, et bat toi.
Mais, en cet instant, tu n'en as plus la force, ni le désir, à quoi bon ? murmure ton cœur détruit. Tu es bien là, bercée par la douce mélodie de cet organe musculeux niché dans sa poitrine, semblable au tien, ils s'harmonisent sur la même note plaintive, la crainte d'aimer et d'être aimé. Dans le lointain, résonne les rugissements de l'océan, et sur ce concert douloureux, s'annonce la déchéance de vos âmes. Peu à peu, tu ressens ses mains, délicates mains, qui se glissent dans ton dos, pressent ta peau au travers l'infime tissu de ta robe noire comme nuit. Il te serre contre lui, d'un mouvement timide, mais si significatif, qu'il t'embrase d'un désir que tu repousses spontanément, tu n'as pas besoin de ça, ce soir, probablement jamais, t'es assez détériorée comme ça. Ta raison parle, elle s'immisce en toi, mais l'as-tu jamais écouté, même une fois dans ta vie ? Toujours des promesses en l'air, oui, mais jamais tu n'es parvenu à les tenir. Tu peux les dire autant de fois que tu le souhaites, promis, je ne retomberais jamais dans le piège de l'amour une nouvelle fois, mais tu sais bien qu'un jour où l'autre, tu vas craquer, t'es comme ça, mensongère envers toi-même, à quel point est-ce pathétique ?
La voix rauque de ton ange protecteur résonne jusqu'à toi, vient s'infiltrer entre les ritournelles de son cœur et de la mer, tentant de te promettre protection. Dans le fond, tu le crois, mais s'il était comme toi ? S'il ne savait pas tenir les promesses qu'il murmure tout bas, entre les lignes de ses pensées ?
Tu aimerais ne jamais te défaire de lui, rester là, pour l'éternité, entre ses bras. T'en rêves, t'en crèves, poupée de verre qui se brise. Pourtant, tu le sais mieux que quiconque, l'éternité peut égaler à une seconde, précieuse seconde. Tout est relatif, tout n'est que mot, tout n'est qu'illusion, tout ce que tu dis, tout ce que tu penses, est probablement faux. A ce point précis, que signifie donc le mot éternité ? Il ne vaut pas, ne signifie pas, ne compte pas, il n'est que mirage, comme le reste du monde, comme toi, comme lui, comme vous. Pourtant, tu veux y croire ce soir.
Pourquoi pas ?
Il se détache de toi (tu en souffres, te languis de la mélodie de son cœur), et plante son regard dans le tien. En lui, tu y vois toutes les étoiles, l'univers tout entier brille entre ses prunelles ravagées elles aussi par la douleur, la douleur de quoi, la douleur de qui ? Tout ce que tu sais sur lui, c'est qu'il est comme toi, vous n'êtes que deux reflets parfaitement identiques qui n'ont de cesse de se repousser par peur, peur, toujours cette peur qui n'en finit pas de terroriser, amère ironie. T'aimerais ne plus avoir peur, oser aimer, et en oublier les effets secondaires, de ce putain d'amour destructeur. Mais, tu n'es pas capable de vivre une telle idylle sans la détruite, tout ce que tu touches, tu le brises, es-tu maudite ? Tu ne veux pas le briser, lui, il ne le mérite pas, il est trop bon pour toi, tu devrais partir, courir, et ne jamais revenir. Mais, il semblerait que le mal soit déjà fait, tu le lis dans son regard hanté par ta propre douleur, comme si lui aussi, il l'encaissait, avec toi. T'as envie de le remercier, à coups de baisers, mais ce n'est que ton inconscient qui le désire. Ton conscient, lui, est focalisé sur ta souffrance, détenant ce pouvoir suprême sur tes pensées, quand te rendras-tu compte que tu ne peux pas la repousser indéfiniment, le seul moyen est de l'accepter, tel qu'elle est, et d'évoluer.
Tu ne peux pas retirer ton regard du sien, même l'océan ne possède pas une telle emprise sur toi, tu tentes de déceler tout ce que lui pourrait ressentir, comme si le savoir allait t'aider à aller mieux. T'as les cils qui papillonnent, alors qu'il dépose son doigt (brûlure glacial), sur la peau de ton visage, s'empare de tes larmes, et les essuient délicatement, silencieusement, geste sensible qui t’envahis d'une émotion profonde, indescriptible, comme une fleur qui aurait éclos entre tes poumons, est-ce pour cela que tu ne parviens plus à respirer, que ce grincement rauque de souffrance s'échappe indiciblement d'entre tes lèvres gercées par le froid du soir ? Tu aimerais qu'en même temps qu'il essuie tes larmes, il essuie ta peine, mais son toucher n'est qu'une impression d'ensorcellement, et non pas un ensorcellement en lui-même.
Tu ne dis rien, il ne dit rien, le silence se creuse dans ton corps vide. Tu ne sais pas quoi lui répondre, tu ne sais pas quoi lui dire, par quoi commencer, par quelle pensée, quelle émotion, quelle vérité ? Tu aimerais tout lui dire, lui dire que t'as mal depuis toujours, lui dire que t'es en manque de tout (surtout de pastille étoilée), lui dire que t'as le sentiment de brûler continuellement, lui dire que tu ressens quelque chose pour lui, mais que tu n'es pas capable de l'assumer et que tu ne le seras probablement jamais, parce que t'es défectueuse, parce que t'as peur, parce que tu ne veux pas te laisser contrôler, par tes désirs, même si inconsciemment tu sais qu'ils te gouvernent toute entière.
Mais, rien ne sors de ta bouche, seul le silence accompagne la rencontre de vos regards, silence violent qui tempête à l'intérieur de vous. Il te semble soudainement si loin de toi, alors qu'il était si près, un peu plus tôt. Tu le vois reculer davantage, passer sa main sur son visage, il semble désespéré, anéanti lui aussi, et toi, t'es assez égoïste pour revenir lui en rajouter, des malheurs à en perdre raison. Mais, oui, t'es égoïste, t'as besoin de lui, tu ne peux pas partir. Tu le cherches du regard, alors qu'il te fuit, la bouche à demi entrouverte, tu ne dis pas un mot, mais tes yeux en disent tant. Tu ne veux pas être seule dans ton mal, tu ne veux pas être seule tout simplement, tu fuis la solitude sans te préoccuper de ceux que tu blesses dans ta course,
dont lui.
Il semble bien endommagé lui-aussi. Pourtant, il s'occupe de toi, se rapproche de toi, enveloppe tes mains ensanglantées de son t-shirt noir, et tu le regardes faire, comme spectatrice de ce beau chaos que vous formez, ensemble. Il te soigne à distance, comme si soudainement, il te craignait.
Il a probablement raison d'avoir peur de toi.
Mais ça, tu ne peux pas te l'avouer.
Face à tant de tendresses, encore bouleversée, première fois que tu laisses exposer ta peine ainsi sous les reflets de la lune, les larmes déferlent à nouveau de tes yeux, alors que tu murmures :
« Merci, Sam. Merci d'être là. J'suis désolé d'être comme ça... »
Et tu l'es, tu n'as jamais été autant sincère. T'es désolé d'être ainsi, désolé de lui bouffer sa vie ainsi, désolé d'incarner une telle anarchie. Mais, tu le fais pas exprès, t'es juste comme ça, personne te changera. Un petit rire nerveux s'échappe de ta gorge, alors que soudainement, tu n'en peux plus de toute cette tension, tu n'en peux plus de tout ces mensonges, et de ce silence déchirant, alors tu déballes tout :
« J'ai revu Isa. Il était là, face à moi, et je sais pas, il avait l'air plus heureux que je n'avais jamais pu l'être en un an, alors j'ai juste explosé, je l'ai frappé, j'ai pas pu m'en empêcher. Je comprends pas pourquoi, ni comment, il a une telle emprise sur moi, pourquoi je ne peux pas simplement l'oublier, tu vois ? Recommencer ma vie, partir loin je sais pas moi, même en Alaska, et juste être heureuse, sans lui. »
Et alors que les mots se déversent les uns après les autres de tes lèvres, maux abandonnés sauvagement, dans l'hystérie de ta voix essoufflée, tes larmes s'écoulent, et tu trembles, et tu pleures, et tu demandes, pourquoi je ne peux pas m'arrêter ? Tu plantes ton regard dans le sien, tu t'y perds, tu le supplies du regard, de te sauver, à coup de poudre enchantée. Murmure brisé, d'une gamine désillusionnée :
« J'ai mal, Sam. Je ne veux plus avoir mal. »
▬ Edaël


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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Sam 10 Sep - 17:55



don't wanna break you


Quand ta peau rencontre la sienne, c'est comme des millions de papillons qui s'envolent dans ton ventre. A chaque fois, tu penses à ça, c'est tellement niais. Mais tu peux pas t'empêcher de te demander qu'est-ce qui se serait passé si tu n'étais pas parti ? Si la baraque familiale avait pas cramé ? On t'a enlevé de force, t'étais comme un gamin qu'on enlève à ses parents, alors que qu'ils étaient enterrés dix pieds sous terre. Mais tu hurlais, tu te débattais, pendant que ces hommes essayaient de te faire monter en voiture. Ton monde s'écroulait, et dans ta tête d'enfant, tu voyais pas le bout de ton chagrin. Elle était ton monde, elle était ta famille, elle était tout ce que tu avais, tout ce que tu avais toujours voulu, et tout ce que tu ne pourrais jamais posséder. Elle était tout. T'as été le gamin exécrable par excellence, tu pensais qu'ils te ramèneraient chez toi si tu les dégoûtais. Naïf, tu pensais qu'ils te feraient de nouveau monter en voiture, et qu'ils te déposeraient devant les cendres de ton ancienne maison. T'as été tellement idiot. Ils t'ont viré, ils t'ont fait monter en voiture, mais ils t'ont jamais ramené là-bas.
Tout ce à quoi tu pensais, c'était la retrouver, et l'aimer, faire en sorte qu'elle puisse te changer, tu la pensais être la seule capable de faire une telle chose.
Et regarde où tu es maintenant. Elle est là, devant toi, et pourtant, tu n'en veux plus. Ou tout du moins, tu doutes. Tout ton corps la veut, enfin, sauf moi. Mais tu sais que tu pourras pas l'avoir. Et j'ai même pas besoin de te le rappeler, même si je m'amuse à le faire toutes les secondes où ton regard se pose sur elle.
Ce soir, elle ne t'a jamais paru aussi vulnérable, à moi non plus d'ailleurs. Elle paraît si frêle que j'aimerais pouvoir l'écraser du talon de ma chaussure, comme un vulgaire insecte. C'est ça aussi qui te fait flipper. Elle est tellement vulnérable et moi je suis si fort. A ton avis, qu'est-ce qu'elle penserait de moi ? Peut-être qu'elle me préférerait à toi ? Tu n'es pas curieux de savoir ? On pourrait faire une petite expérience, non ?
Elle ne dit rien, et tu as du mal à le supporter. Pourtant, tu pourrais tout simplement ouvrir les lèvres et dire quelque chose, toi aussi ? Non, tu as trop peur que je ne parle à ta place, tu as trop peur de la faire fuir. Elle est belle, comme ça. Terriblement belle, même moi, je peux le reconnaître. Toi, tu la trouves belle dans sa façon de s'ouvrir à toi, tu la trouves belle dans tes bras, tu la trouves belle quand son regard croise le tien et que tu as l'impression d'exister. Moi, je la trouve belle dans sa faiblesse, dans sa souffrance, dans un malsain plaisir à penser qu'elle hurle de rage, quelque part au fond d'elle. Tu sais, je pourrais ne pas la détester, si les circonstances étaient différents. Si je n'étais pas moi, et que tu n'étais pas toi. Si j'avais le loisir de faire de ce corps ce que j'en avais envie, je t'assure que tes mains auraient déjà sans aucun doute effleuré chaque partie de ce corps que tu désires tant, mes lèvres en auraient eu le goût également. Je t'aurais fait honneur, d'une certaine façon, tu aurais affranchi le désir que tu refoules. Tu vois, je ne l'aurais pas détesté, je t'en aurais donné ce que tu veux d'elle, mais je serais passé à autre chose. Là, c'est pire. Elle est là, devant moi, et tu la regardes comme si elle représentait le monde entier, le seul dans lequel tu peux vivre, et en attendant, je croupis dans un coin de ton cerveau, sans le moindre libre-arbitre, c'est la moindre possibilité de mouvoir ce corps. Je n'en peux plus...
Tais-toi, pas ce soir, s'il te plaît, pas ce soir...
Pourquoi tu pleurniches Talèh ? Tu sens que je suis remonté, ce soir, hein ? Tu sens la puissance en moi, hein ? C'est de la voir si frêle, si... lâche... Regarde comment elle a besoin de toi... Besoin... Tu comprends la tournure de ce mot, dans cette situation ? Elle a besoin de toi, elle est là, et c'est l'unique raison. Elle ne viendrait pas pour une autre raison, elle se sert de toi. Elle cherche ton regard mais tu l'évites soigneusement, tu as peur de perdre pieds. J'en souris intérieurement tandis que ta lèvre frémis, comme un écho aux miennes qui n'existent qu'au travers des tiennes. Un frisson tout entier te gagne à l'idée que je ne pointe le bout de mon nez ce soir, mais je te sens serrer les poings. Tu te recentres sur toi-même, à l'intérieur, et tu me combats. Depuis quand as-tu autant de force ? Serait-ce sa voix qui t'apaise ?

    - Merci, Sam. Merci d'être là. J'suis désolée d'être comme ça...
    dit-elle, la voix à peine audible.

Tu souffles longuement, comme soulagé, tandis que ma voix à ton oreille ne devient plus qu'un bruit de fond. Tu te détends. Elle te détend. Voilà pourquoi tu l'aimes autant, depuis tout ce temps. Elle me tue. Tu lui souris. C'est peut-être pas le moment, c'est sûrement pas le moment, mais elle te fait te sentir tellement bien que tu ne peux pas le réprimer. Pourtant, ça fait mal, parce que sourire, ce n'est plus dans tes capacités depuis bien longtemps. Mais peu importe, même si ce sourire n'est qu'éphémère, elle en a été témoin, il a marqué ta peau quelques secondes. Puis, tu réponds pas, parce que sourire, c'est déjà beaucoup pour toi. T'es mauvais avec les mots.

    - J'ai revu Isa. Il était là, face à moi, et je sais pas, il avait l'air plus heureux que je n'avais jamais pu l'être en un an, alors j'ai juste explosé, je l'ai frappé, j'ai pas pu m'en empêcher. Je comprends pas pourquoi, ni comment, il a une telle emprise sur moi, pourquoi je ne peux pas simplement l'oublier, tu vois ? Recommencer ma vie, partir loin je sais pas moi, même en Alaska, et juste être heureuse, sans lui. 

Les mots te frappent un à un, comme des coups de couteau. Elle a revu Isa. Et la seule chose à laquelle tu peux penser, c'est est-ce qu'il lui a parlé de toi ? Sûrement pas. Sinon, elle ne serait pas là. Ce n'est que quelques secondes pendant qu'une crainte égoïste ne transperce ton visage. Ce Isa qui ne t'a pas reconnu non plus, ce Isa pour lequel j'ai insufflé dans ton esprit une minuscule idée. Son frère. Mais lorsque tu revois les larmes dévaler son visage, son frère s'évapore de ton esprit comme s'il n'avait jamais existé. Elle tremble, son corps secoué par une crainte que tu ne connais pas assez. Tu l'imagines prendre ses clic et ses clac pour mettre de la distance entre elle et son frère, tu l'imagines s'éloigner, et une vague glaciale se déverse son ton corps. Mais en même temps, tu sais que tu ne la retiendras pas, si c'est ce qui la rend heureuse. Tu essayes de penser à des mots réconfortants, mais tu es si mauvais à ce jeu.

    - C'est ce qu'on aime le plus qui nous détruit le plus... tu soupires en baissant les yeux.

Elle plante son regard dans le tien, mais tu n'oses qu'à peine le lui soutenir. Il y a quelque chose dans son regard que tu ne connais que trop bien.

    - J'ai mal, Sam. Je ne veux plus avoir mal
    , murmure-t-elle une nouvelle fois.

Tu te mords la lèvre inférieure. Tu as envie de faire l'idiot, tu as envie de ne pas comprendre ce qu'elle te dit, et le pire, c'est que c'est ce que tu fais. Tu ignores ses paroles pourtant claires comme de l'eau de roche à tes oreilles. Tu veux t'enfoncer, t'es devenu masochiste, mais c'est que comme ça que t'arrives encore à sortir la tête de l'eau. Sinon quoi ? T'as plu qu'à te mettre à genoux face à elle et à lui baiser les pieds tandis qu'elle sombre. C'est ce que tu veux ? La voir sombrer plus encore ? Tu veux la laisser se mourir petit à petit, alors qu'elle est ta raison de vivre ? Tu veux pas la voir souffrir, mais pourtant, tu peux pas te résigner à lui laisser prendre encore un peu de drogue, ne serait-ce que pour une dégustation, et si c'était celle de trop et que tu la perdais ? Ne peux-tu pas lui suffire ?

    - Tu as besoin de moi... Ou... Ou d'autre chose ? bégailles-tu, un semblant d'hésitation dans la voix, de peur de connaître la réponse.

Pourquoi tu poses la question ? Tu sais déjà la réponse. Si seulement elle pouvait avoir seulement besoin de moi... Tu sais que ça arrivera jamais, hein ? Je sais. Dans ta poche, ces petits bouts de paradis mensongers vibrent fortement. Eux-mêmes sont attirés par le désir de porter quelqu'un à sa perte, à son nirvana. La drogue appelle autant son drogué que le drogué n'appelle sa drogue. Tu fourres la main dans ta poche, tu as peur de la décevoir, mais en attendant, c'est toi qui t'enfonces peu à peu. Laisse-moi le lui dire, allez ! Laisse-moi parler !

    - C'est de moi que tu as besoin, ou c'est de cette putain de drogue ?! tu répètes avec plus de force.

Les mots glissent sur tes lèvres avec impatience. Je jubile en toi. Tu me sens dans chaque membre de ton corps. Tu es triste. Tu es vulnérable, et je suis plus fort. Tu fermes fortement les yeux, alors que tes doigts se referment autour de la drogue, cette fois, ce n'est plus la drogue qui vibre, c'est ton poing qui tremble. Tu sors la drogue de ta poche, mais avant même d'esquisser un geste pour la lui tendre, tu marches à grands pas vers le large, et sans plus réfléchir, tu balances le petit sachet blanc dans l'eau salée.

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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Dim 11 Sep - 1:42


 
breathe

" you made flowers grow in my lungs and although they are beautiful, i can't breathe.”

Larmes cristallisés qui s'écoulent, doucereusement, une à une, sur ton visage blafard, pâle comme la mort, glacial comme l'hiver, tu respires une certaine perfection figée, la perfection d'une rose, se fanant néanmoins, au rythme des rugissements stridents de l'océan. Ta chevelure de feu encadre ton regard, le cerne de sa couleur vive et subtile, se dénotant dans la lueur noire de la nuit. Comme éteinte, pétrifiée, poupée de verre réclamant bonheur, éphémère, partiel, illusion, tu désires juste y goûter, le toucher du bout de tes lèvres bleutés par le froid et embrasser cet idéal inatteignable. Pourtant, tu demeures de marbre, tu n'as de cesse de planter ton regard misérable dans le sien, comme une provocation silencieuse, ou un appel à l'aide que tu t'entêtes à hurler dans le silence de ton mutisme.
Tout n'est que contradiction.
Tout paraît n'être que rêve, vêtu de noir, dans lequel tu nages, tu vis, tu respires, depuis toujours. Pourtant, tu ne veux pas de ce rêve fade, où toutes les couleurs sont ternies par les désillusions du monde, les afflictions de l'espèce humaine luttant pour survivre, malgré la douleur, malgré l'incompréhension de cette vie qu'ils mènent, malgré la déchéance qui les guette, à tout instant. La vie est absurde, la vie n'a aucun sens et n'en aura jamais.
Pour toi, en cet instant, le seul sens que tu puisses y accorder demeure l'ombre de ses yeux, figés, luttant pour ne pas se poser sur ton visage traître. Tu lis sa douleur, qui ruisselle de son âme à grands torrents. Elle n'est pas semblable à la tienne, elle est différente, mais en elle-même, particulièrement similaire. Si tu n'étais pas tétanisée par la peur, et par ta propre douleur, tu aimerais l'embrasser, déposer tes lèvres sur les siennes, et réchauffer son cœur grelottant. L'englober du reste de ta chaleur, s'échappant d'une ardeur évanescente de ta rage et de ta haine, luisants dans l'obscurité tels des chandelles que l'on viendrait d'allumer. Pourtant, toi, entre ces deux émotions qui fulminent tels des dragons, toi, tu fonds, Eden. Littéralement.
Et peu à peu, elles vont s'éteindre, leurs flammes vont se faire moindres, et toi, tu ne seras plus que cire fondue, dont personne ne voudra, pas même lui. C'est pourquoi, tu hais l'idée même d'aimer, d'être aimé, comme tu la fais avec Isa. Amour destructeur, cercle vicieux, dont on ne peut jamais s'extirper, si ce n'est par la mort. Pourtant, tu n'es pas prête à mourir, pas maintenant, probablement jamais, la vie te fait peur, mais la mort davantage encore. Qui te dis qu'elle n'est pas pire que l'existence, cette mort énigmatique dont personne ne revient ?
Il soupire quelques mots de sa voix une nouvelle fois brisé comme du verre qui se craquelle sous le dessous de tes pieds, c'est ce qu'on aime qui nous détruit le plus.
Il a raison, rien ne peut plus nous anéantir qu'un amour perdu, un amour retiré par l'objet même de cette fervente passion. Tu le sais mieux que quiconque, tu l'a vécu par le passé, et tu le vis en cet instant. Mais, tu ne veux plus jamais le revivre. Une fois de trop, une fois de plus, et t'en crèveras, Eden. Tu le sais, ne joue pas avec le feu de la passion, elle est bien plus futée que toi, elle sait brûler où il faut, quand il faut. Elle te dupera alors même que tu penseras la contrôler, elle est ainsi, parfaitement indescriptible. Tu la désires autant qu'elle ne t'effraie, cette si belle utopie à l'origine des perles de tristesses s'échappant de tes yeux, perdus, délaissés, abandonnés. Tu attends constamment que quelqu'un plante à nouveau son âme entre tes deux prunelles solitaires, et les éveillent de leur sommeil éternel. Parfois, il y parvient, ton ange protecteur, Samaël. Mais, ce n'est que temporaire, parce que ta peur, (toujours présente, fléau éternel), s'invite en toi et tue, une nouvelle fois, la lueur de tes grands yeux soudainement pleins de vies, devenant alors inertes, inanimés, effacés. Tu aimerais tant la prendre ta peur bleuté, et la jeter à la mer, la laisser se perdre dans ce grand bleu et se noyer, à jamais.
Mais, qui te protégerait alors de la souffrance ? Elle est la seule capable de te retenir de succomber aux folies de ton cœur, cœur dément, cœur fou, voulant aimer plus qu'il ne le peut, sans jamais respirer. Tu en as besoin, quant bien même tu la haïsses pour ce pouvoir qu'elle détient vis-à-vis de toi, et de tes actes mesurés. En guise de réponse, tu murmures, pleine de ressentiment :
« On m'a pourtant dis un jour, destroy what destroys you. Dois-je donc détruire ce que j'aime ? »
Tu aimerais tant, détruire tout ceux que tu as aimé, et qui t'ont brisés. Parce qu'Eden, enfant, t'avait un cœur trop grand, tu avais tendance à aimer trop de gens au même moment. Peu à peu, au fil des années s'écoulant tels les pétales des fleurs se fanant davantage à chaque saison, ton cœur s'est resserré, resserré, jusqu'à ce qu'il n'y ait pas même la place pour une seule personne. Aujourd'hui, tu n'es pas prête à l'agrandir pour quiconque, tu désires juste vengeance, détruire ce que tu as autrefois aimé, comme ce frère que tu n'as pas pu t'empêcher de frapper, à en perdre la raison. Mais, pour laisser ta folie devenir tienne, la laisser te gouverner toute entière, tu as besoin des pastilles étoilés qu'il t'a donné tout au long de l'année, dès qu'il le souhaitait. Et à chaque fois, tu t'envolais dans un nouvel univers, un au-delà qui valait la peine d'être vécu, de ce genre d'endroit dont on ne veut pas revenir, l'endroit même que tu as surnommé du bout de tes lèvres,
somewhere.
Ce quelque part t'appartient, il est tien, et personne ne peut s'y insinuer. Là-bas, tu ne ressens plus, comme un constant nirvana. Pourtant, ce soir, rien ne peut se passer comme avant.
Cette nuit est l'instant où tout déraille, ce beau cercle identique que tu t'étais obstiné à perpétuer pendant un an se brise. Boire, fumer, baiser la nuit, danser, t'évader, étoile au-delà, lui, et ainsi de suite, jusqu'à ce que ton corps te supplie d'arrêter, te supplie de l'écouter. Mais, tu ne l'as pas écouté, alors le destin vient t'arrêter. Il t'apporte Isa, et à présent, il t'apporte l'ange de la mort lui-même. Face à toi, celui que tu côtoie depuis un an semble littéralement se transformer, se soulever face à cette infime, mais tenace idée arrachant les parois de son esprit. Ce soir, lui aussi, il veut briser le cercle habituel autour duquel vous tournez, l'un comme l'autre, d'un rythme régulier et solennel.
Un bredouillement résonnant dans le noir du soir, le bleu de l'océan, le rouge de ton sang. Tu l'entends, tel un écho, insinuant ce que tu ne veux pas entendre, ne veux pas savoir, ne veux pas voir. Pas ce soir, jamais, jamais, jamais. Comme une gamine capricieuse, tu pries pour qu'il s'arrête, pour qu'il n'aille pas plus loin, alors qu'il extirpe de sa poche au rythme de ses mots les constellations de l'univers dont tu veux t'empiffrer, afin de retourner dans ton idéal illusoire. Son visage est cerné par un mélange de colère et d'affligeante peine. Tu demeures, là, pétrifié, à le contempler, la bouche à demi entrouverte, ne reconnaissant pas la personne se dressant face à toi, de toute sa sublime souffrance tarie depuis si longtemps au fond de lui.
Tes yeux jonglent entre son regard, et la drogue (espace étoilé qu'il veut te retirer) qu'il tend face à toi, comme un joyau luisant sous la lune palpitante. Tu ne bouges pas, mais tout ton corps se tend, poussé d'un manque et d'un désir n'équivalant pas aux émotions indéchiffrables que tu lui portes à lui, à cet être qui se dévoile à toi, te demande soudainement de choisir en lui, et ce qu'il te fourni depuis si longtemps. Mais, ne comprends t-il pas que tu n'es qu'une putain de droguée, une putain de camée, tu veux juste t'envoler là où tu ne ressentiras pas l'immense poids de la souffrance. Lui, il peut simplement t'en soulager, vaguement, mais jamais te la retirer. La peur qui te pétrifie sait pertinemment que si tu lui donnais plus de ton cœur, il le boufferait lui aussi, à un moment ou à un autre.
Rien ne peut égaler les miracles des pastilles étoiles qu'il suspend dans le vide, dans ce sachet translucide brillant sous l'éclat de la lune. Tu aimerais le lui arracher, tu t'avances pour tenter, laissant le silence répondre à ses interrogations désespérés, chargées d'une colère que tu n'avais encore jamais entrevu sur les traits de son visage. Tu ne le reconnais pas ce soir, mais tu te reconnais en lui, et c'est ça, qui est fatal. Tu sais exactement ce qu'il ressent en cet instant, mais tu ne peux pas t'empêcher de penser à ce que tu ressens toi, à ce manque qui te broie, ce besoin d'en finir avec la réalité qui t'obstine. Comment le combattre, pour ne pas lui faire de mal ? Comment, comment, comment, hurle ton âme détruite. Mais,  ta dépendance dorée, elle, surpasse toutes ces obsessions sentimentales. Tu en trembles tant tu en as besoin, c'est tout ton corps qui se tend, désire si ardemment, si férocement d'avaler de nouveau les constellations de ton au-delà incarnant ton seul havre de paix.
Pourtant, alors même que tu tends la main, sans même y penser, tu es littéralement possédé par ton manque, il tourne les talons et marche à grands pas vers le large, abandonnant l'objet de tes désirs aux fureurs de l'océan. Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu fais, misérable, infime créature déchiré par le besoin d'illusion, d'une utopie de laquelle se bercer pour ne pas affronter la vérité ? Tu cours à sa suite, titubant légèrement, jusqu'à atteindre le rivage, sentir l'eau lécher tes pieds, ta peau givré, tu en trembles, tu as froid, tu n'es que larmes, et désespoir. Il n'y a plus rien de beau en toi, qu'est-ce que tu pleures, en cet instant ? Ton paradis envolé, ton frère retrouvé, ta douleur infinie, ou un amour impossible ? Tu pleures tout, tu ne pleures rien, tu n'es que confusion, alors que tu t'enfonces dans l'océan, cherchant presque désespérément ce sachet que tu aimes tant. Jusqu'à ce qu'une vague te frappe, et te ramène sur la rivage. Trempée jusqu'aux os, le sel de ta peine et le sel de l'océan ne faisant plus qu'un, tu t'effondres sur le sable et ose enfin le regarder, cet être à qui tu n'as pas répondu, cet être que tu sais aimer au fond de toi, mais à qui tu n'auras jamais la force de le révéler.  Assise là, sur le sol, pathétique créature en manque de drogue, tu te sens soudainement pleine de rage, toi, enfant lunatique passant de la tristesse à la rage. Tu te relèves, et tes mots transpercent les airs distinctement :
« ça paraissait pourtant clair, Sam. Je suis ta cliente et tu es mon dealer, y a rien à dire de plus. J'en ai besoin, putain. Tu réalises à quel point j'en ai envie, de ça ? C'est plus fort que moi, je crois que c'est trop tard pour moi, je suis trop dépendante pour faire demi-tour.»
Et tu sembles tant désespéré, tes mots respirent regrets, hurlent douleur, se confondant avec tes tremblements incessants. Ce n'est pas toi qui parles, c'est le manque. Si c'était toi, réellement toi, tu lui aurais dis que tu avais besoin de lui, et uniquement de lui. Mais, à ce point là, tu n'es plus que pantin de ta propre addiction, comment défaire tes chaînes ?
« C'est toi qui m'a rendu comme ça, et maintenant, tu attends de moi que je fasse un choix ? Je suis incapable de penser correctement, tout ce que je sais, c'est que j'en ai besoin, que je veux quitter ce monde, et aller dans l'autre, celui où rien n'est vrai, où rien n'existe, où tout est plus facile. Le monde que tu m'avais offert. Tu ne sais pas ce que c'est, d'avoir constamment mal, comme un démon qui ne cesse de ronger mes entrailles, je ne peux pas le contrôler et je déteste ça... »
Tu transpires de déraison, tout est flou, lui, toi, tes pensées, tes paroles. T'es bien détruite, Eden. T'es bien détruite, mais tu n'es pas la seule, pourtant, tu ne le vois pas, ou fais mine de ne pas le voir, tu as déjà assez mal pour toi, comment encaisser la douleur d'un autre ? Et quant bien même cet autre, soit lui, celui qui fait naître en toi quelques papillons fugitifs, tu n'es pas prête à souffrir pour deux. Tu murmures pourtant, avant de t'effondrer une nouvelle fois sur le sable, tentant vainement de contrôler tes tremblements incessants :
« Si je n'étais pas comme ça, je t'aurais choisi toi... »
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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Mar 13 Sep - 17:58



don't wanna break you


Y'a des jours où t'aimerais disparaître. Simplement, comme ça, pendant plusieurs heures, ou parfois même pour l'éternité. Laisser le temps être juge de la vie de tous ces êtres sur Terre, dont pas un seul n'a un jour cru en toi, pas un seul ne t'a compris. Pas même elle. Tu peux le lire dans ses yeux. Elle ne te comprend plus. Plus maintenant, pas aujourd'hui, pas à cette époque. Tu y as pensé tant de fois, ressassant les mots, les images, les idées, qui te traversaient l'esprit. Mourir. Disparaître. Cesser d'être. Tellement de mots pour un seul état, un état indéfini et inexistant. Un rien. Le noir. Voilà ce qu'est la mort. Le noir éternel. Et c'est ce qui t'empêche de sauter à pieds joints dedans. Comment, alors que ta vie te paraît déjà si obscure que tu pourrais te noyer dans cette noirceur, tu pourrais décider de te laisser aller au noir éternel ? C'est impossible. Il n'y a qu'ici que tu pourras trouver un semblant de lumière.
Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui est mort. C'est un jour encore plus sombre que d'ordinaire. Parce que pour une fois, ce n'est pas moi qui créer un voile de noirceur devant tes yeux. C'est elle. Ta propre lumière. La seule et l'unique capable de te sortir la tête de l'eau, elle t'y noie désespérément aujourd'hui, te maintenant la tête sous un liquide épais de ses deux mains. Et tu ne peux pas lutter, tu ne peux pas lutter contre elle.

    - On m'a pourtant dit un jour, destroy what destroys you. Dois-je détruire ce que j'aime ?

Tu l'étudies en silence, tu n'as pas la réponse, alors tu n'ouvriras pas la bouche pour ne rien dire. Tu ne peux t'empêcher de réfléchir profondément à ses paroles. Tu finis par faire non de la tête, finalement. Tu n'es pas d'accord, mais tu n'es pas du genre à te lancer dans des débats tels que ceux-ci. Tu ne pourras jamais la détruire, peu importe à quel point elle t'écrasera du talon de sa chaussure. Toi, non, mais moi, oui. Moi, je peux la détruire, je pourrais lui enlever toute envie de vivre, je pourrais l'étrangler au point de voir ses yeux se révulser. Je pourrais la tuer et en prendre du plaisir. Voilà une nouvelle raison pourquoi tu vas lutter contre moi. Mais crois-moi, elle a tant gâché ma part des choses que je ne peux que lui en vouloir à ce point. Elle gâche aussi ta vie. Tu la respires par chaque pore de ta peau, et pourtant, elle te recrache de sa vie comme de rien. Tu ferais mieux d'écouter ses paroles, tu ferais mieux de vouloir la détruire, sinon, c'est elle qui le fera, elle continuera comme elle le fait aujourd'hui.
Tu la regardes se perdre. A chaque seconde qui défile sous tes yeux, tu la sens s'éloigner, et tu as peur de ne jamais pouvoir la ramener vers toi. J'ai envie de te gifler et de te faire faire demi-tour, mais tes pieds sont encrés dans le sol. Cette fille est une perte de temps. Tu te laisses aller à une colère mélangée à la mienne, ce qui a du bon. Tu t'approches du rivage comme on s'approche du bord d'une falaise sans fond. Et pourtant, lorsque tu tends le bras, balançant ce paquet de poudre dans la mer, tu te sens si léger. Le poids qu'il avait sur toi était si gros que ton cœur s'envole soudainement. C'est étrange, mais tu te sens mieux, pourtant tu sais que les représailles ne feront que te piétiner un peu plus. Là, sur le moment, tu souffles enfin normalement. Tu souffles comme un seul homme, comme si je n'avais jamais existé, parce que tu sais au plus profond de toi que tu as pris la bonne décision. Tes épaules s'affaissent lourdement, tandis que tu me sens dans un coin de ton esprit toujours en train de gronder. Tu sais que ce n'est qu'un moment de répit, que l'orage approche à l’extérieur et que la tempête se déverse à l'intérieur. Tu dois faire face à deux fronts en même temps, et tu ne sais pas où te concentrer en premier. Me repousser ou elle ? Tu ne pourras pour nous contenir tous les deux.
Tu finis par la distinguer, tes battements de cœur reprenant un rythme normal pour toi, c'est à dire totalement dégingandés. Tu te sens triste au fond de toi, de quitter ce calme que tu as si rarement effleurer du doigt. Mais elle est ton but, dans le calme ou dans la tempête, dans l'amour ou dans la haine, il n'y a qu'elle. L'eau vient mouiller ses pieds, et les larmes, ses joues. Mais tu ne bouges pas. Ce n'est pas le moment. Tu sais qu'à ce moment, tu ne peux plus rien faire. Sûrement as-tu brisé quelque chose avec ce geste, mais tu as recollé un morceau avec toi-même. Elle ne s'en rend pas encore compte. Elle s'enfonce un peu plus dans l'eau, et bien que tu ne bouges pas, l'observant du coin de l’œil, tes muscles se tendent. T'aimerais plonger et la ramener avec toi, mais tu es bien placé pour savoir qu'il y a des démons qui doivent être combattu seul.
Elle finit par être ramenée sur le sable par une vague, et elle lève enfin les yeux vers toi. Elle est trempée, et ton désir n'en est que plus ébranlé. Les cheveux plaqués sur ses joues, les yeux étincelants, reflétant l'eau salée à ses pieds, les gouttes de cette eau tombant sur le sol. Elle n'a jamais été aussi belle. Tu la toises, de haut, première fois que tu ne te précipites pas pour se mettre à sa hauteur. Première fois où tu te dresses fièrement, tout ça parce que tu sais que tu as pris la bonne décision. Mais elle ne tarde pas à se relever elle-aussi. Elle est si forte, elle ne s'est montrée faible qu'une seconde, contrairement à toi qui te terre à la moindre provocation.

    - Ça paraissait pourtant clair, Sam. Je suis ta cliente et tu es mon dealer, y a rien à dire de plus. J'en ai besoin, putain. Tu réalises à quel point j'en ai envie, de ça ? C'est plus fort que moi, je crois que c'est trop tard pour moi, je suis trop dépendante pour faire demi-tour.

Les mots s'échappent de ses lèvres avec une facilité qui te frappe en plein cœur. Pourtant, tu aurais dû t'y attendre, pauvre idiot. Tu viens de cramer toutes tes chances de te la taper. Ne parle pas comme ça d'elle, ce n'est pas terminé, j'ai fait ça pour elle. Donc, ton but, c'est de faire des choses pour elle, qu'elle n'apprécie pas, dont elle n'a aucune conscience de l'acte héroïque (entre guillemets) que tu fais pour elle, et ça te va ? Ça te va qu'elle te traite comme un chien ?
Le silence se fait dans ton esprit, mais tu ne t'énerves pas. Tu me déçois, tu es tellement pathétique ! C'est à ça que tu veux que ressemble notre vie ? A jouer les toutous ? A donner la patte quand elle nous le demande ? A faire le mort quand elle te nous demande ? Si jamais tu oses la mordre une fois, elle te fera piquer.

    - C'est toi qui m'a rendu comme ça, et maintenant, tu attends de moi que je fasse un choix ? Je suis incapable de penser correctement, tout ce que je sais, c'est que j'en ai besoin, que je veux quitter ce monde, et aller dans l'autre, celui où rien n'est vrai, où rien n'existe, où tout est plus facile. Le monde que tu m'avais offert. Tu ne sais pas ce que c'est, d'avoir constamment mal, comme un démon qui ne cesse de ronger mes entrailles, je ne peux pas le contrôler et je déteste ça...

Ces paroles ne peuvent que faire mouche, et tu écarquilles les yeux.

    - Crois-moi, je le sais très bien ! Et toi aussi tu le saurais, si tu... ta voix se brise et tu clos précipitamment tes lèvres.

Si tu ne m'avais pas oublié, si tu m'avais reconnu. Tu as failli le dire, parce que la colère a soudainement fait bouillir ton sang. Soudainement, la détresse dans son regard ne t'atteint même plus, tandis qu'un voile noir obscurcit ta vue. Tu la regardes s’effondrer sur le sol une nouvelle fois, mais tu ne fais pas un geste. D'ordinaire, tu l'auras rattrapée, comme un amant s'attachant à sa moitié. Mais tu n'en avais pas envie, je n'en avais pas envie. Tu serres les poings et tu la dévisages. Tu me sens de nouveau partout en toi. Tu n'as pas envie de combattre, et tu sens des picotements dans ta jambe. Et si tu la piétinais à ton tour ? Si tu n'en a pas la force, je peux le faire à ta place, tu sais. Il te suffit de te laisser faire.  

    - Si je n'étais pas comme ça, je t'aurais choisi toi.

Tu entends un craquement, comme si quelque chose se brisait. Je crois que c'est moi. Je sens une partie de moi qui vient de tomber, et d'éclater en morceaux. Je te sens revenir complètement à toi-même. Tes traits s'adoucissent, laissant derrière eux la colère et la haine qui les avaient défigurés. Ton cœur bat à tout rompre dans ta poitrine. Tu sais très bien qu'avec des si, on referait le monde, mais un monde, tu n'en as pas, alors si quelques si peuvent t'aider à le construire, tu ne vas pas cracher dessus. Tu te baisses soudainement à sa hauteur, mais ne lui laisses pas le temps d'esquisser un geste que tu l'attrapes par les épaules et la remontes avec toi.

    - Debout, Eden, lève-toi, lui ordonnes-tu d'une voix dure.

T'as envie de la secouer pour qu'elle reprenne ses esprits, mais tu as peur que ce ne soit pas assez suffisant. Tant de choses doivent passer dans ton regard à ce moment là, la peur, elle est toujours là, le désir, il ne t'a jamais quitté, et l'espoir, qui vient de s'immiscer tout doucement en toi. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, tu n'as jamais été aussi sur de toi qu'à cet instant.

    - Écoute-moi bien Eden, à partir d'aujourd'hui, je ne suis plus ton dealer. Je ne veux plus l'être, je veux plus être méchant de cette façon. Tu mérites tant de choses, tellement que moi, ou bien même Isa, ne t'apporteront jamais. Quelqu'un le fera quelque part, et en attendant, tu dois te ressaisir, et faire face, c'est comme ça que tu trouveras la personne qui te mérite.

Tu prends une profonde inspiration. Tu aimerais mettre autant de sincérité que possible dans tes paroles, et bien que tu penses chacune d'entre elles, il est cependant difficile et blessant d'en comprendre le sens. Peu importe que tu arrives à m'évincer de ta vie ou non, tu sais que cela ne sera jamais facile, et que je finirai par revenir. Tu ne seras jamais à sa hauteur, tu ne vaudras jamais rien, et tu ne la mériteras jamais. L'idée de l'imaginer dans les bras de quelqu'un d'autre te rend fou, mais tu n'as pas le choix. Ce qu'il faut, c'est qu'elle soit heureuse. C'est tout ce qui compte. Parce que si ta lumière est heureuse, si ton paradis croit en la vie, se sera plus facile pour toi. Tu sens le chagrin monter à tes yeux, ta confiance en toi s'envole petit à petit. Penser ne pas faire parti de l'équation te terrifie.

    - Peu importe comment tu es, tu as toujours été toi, et tu ne me choisiras jamais, Eden. Je le sais déjà, j'ai été idiot de te poser la question. Choisis la vie, tout simplement, une vie saine, une vie où tu combats tes démons et où tu es plus forte que tout, comme le premier jour où je t'ai rencontrée.

Tes yeux croisent les siens. Ils sont si proches. Tes mains sont toujours posées sur ses épaules. Elles tremblent, de désir, de passion, d'amour, de crainte. Tu aimerais pouvoir les glisser sur ses bras, descendre sur sa peau nue, la caresser du bout des doigts. Tu te mords la lèvre. T'es foutu. T'as toujours été foutu. Mais pas elle. Ce n'était pas écrit sur son cœur quand elle née, quand tu l'as rencontrée, elle peut encore s'en sortir. Tu dois t'en assurer. Alors tu enlèves tes mains de ses épaules, tu brises le lien entre vous, et une seconde plus tard, tu baisses les yeux, afin de tout simplement ne plus croiser son regard si éblouissant.

© TITANIA

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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Ven 16 Sep - 20:26


 
breathe

" you made flowers grow in my lungs and although they are beautiful, i can't breathe.”

Et si tout cela n'existait pas, si la mer ne rugissait pas de sa fureur sauvage, si ton cœur ne hurlait pas de son amour bancal, si ton corps tout entier ne désirait pas les abysses de la perdition dans sa beauté la plus parfaite, si ton âme ne ressentait rien, pas un sentiment, une sensation, ni même un frisson.
Si tout était vide, comme l'espace et sa magnificence dépeuplée, si rien n'était, alors, tout serait plus simple, non ?
Si, si, si, la litanie de toute une vie qui te berce, te berne d'illusion sucrée que tu t'obstines à avaler. Tu aimerais y croire à cette mélodie entraînante, te laisser aller à son rythme brisé et n'être plus que vide,
arbre nu dépourvu des feuilles des quatre saisons,
ciel dénué d'étoiles luisant d'un éclat roi,
monde démuni de tout ce qui exista un jour, jusqu'aux recoins les plus obscurs et enfouis du passé de l'humanité précieusement conservé.
Il n'y aurait rien, le néant, le chaos, pas même un sentiment d'inconsistance, uniquement et simplement, un silence plat, fatal, et creux qui résonnerait dans l'infini du zéro.
En cet instant, tu incarnes cette mélodie des si, ce vide absolu, ce non-être te définissant comme coquille désemplie. Tout ce que tu étais ne semble plus être, ton regard est vide, l'océan l'a fauché, d'une vague si puissante qu'elle t'en a ébranlé, à jamais. Tu ne penses rien, tu ne ressens rien, tout semble suspendu en un présent éternellement creux. Est-ce même imaginable et possible, ne plus rien ressentir de la sorte, de n'être plus qu'inconsistance et défaillance ? Pourtant, dès que ces quelques mots ont ondulés sur la surface de ta langue pour s'extirper maladroitement de tes lèvres scellés, tout s'est effondré, comme si après cette vérité énoncée, plus rien ne pouvait être plus réel, dont toi, dont tes émotions, dont lui, dont l'univers tout entier. Tu as le sentiment d'être aveugle, sourde, et muette en un même instant, en un même état. Tu ne vois et n'entend plus rien, si ce n'est le noir démesuré, et le silence pétrifiant de l'univers. Tu as le sentiment que tu es partie, cette fois-ci pour de bon, pour de vrai, dans un au-delà où tout semble plus facile, plus aisé, dès l'instant où l'on n'est plus conscient du spectacle de notre corps figé dans le monde de l'immatériel et de l'impalpable.
Tu as probablement trop dévoilé ton âme, la laissant à découvert des regards, de son regard à lui, et à présent, il s'en est emparé, et toi, tu n'es plus que vide. Est-ce cela la mort, cette sensation n'en étant pas vraiment une ? Si c'est le cas, tu es terrorisée, pétrifiée, tétanisée, à l'idée même de devoir quitter la vie, cette vie fourbe, mais cette vie quand même, qui couvre les pulsations de ton cœur jusqu'à ton ultime souffle. Et si tu étais morte, réellement ? Et s'il n'y avait plus rien, avant, pendant et après cet état d’inconscience de soi et du monde. Si tu étais capable de réfléchir clairement, et même de réfléchir tout simplement, tu te démènerais pour lutter contre cette fatalité. Mais, ton corps ne veut plus bouger, il est comme englouti entre les profondeurs de ton intériorité abyssale. Dans un coin de ta tête, tu sembles percevoir un hurlement, celui de ton âme, probablement, avant qu'elle ne s'éteigne définitivement, noyée sous le silence glacial de cet univers insaisissable. Epave délaissée sur le bas côté du néant, frigorifiée sans en avoir même conscience, que va t-il se passer après ça, après ce voyage à l'autre bout de ton subconscient sans même avoir pris de pastille étoile pour t'y emmener ? Vas-tu te laisser dépérir ainsi, peut-être attends-tu inconsciemment que lui-aussi il te quitte, se détourne à jamais de toi, écoeuré face ton véritable toi, celui qui se laisse crever, celui qui ne voit que par le bout des étoiles argentés, celui qui ne respire encore que pour mieux s'étouffer. Dans le fond, tu en as peur, cet état second n'est que l'attente d'une réaction, de sa réaction, va t-il tourner les talons, t'abandonner au néant ? Tu en as peur, tu en es terrifié, mais même si ta raison toute entière te hurle que cette fin est la bonne, que tu ne peux rêver d'une autre, ton cœur, lui, murmure de toutes autres paroles.
Eden, perdue dans son paradis solitaire, où tout est plus fade, où tout est plus gris, où tout est plus triste. L'ironie d'un paradis, dans lequel tu te vautres, encore et encore.
Jusqu'à ce qu'il vienne t'en retirer, te saisir de ses mains au toucher délicat, mais à la puissance incontestable. Tes épaules se crispent sous son emprise, mais comme une poupée docile, tu te laisses remonter vers la surface, et tu
respires,
une nouvelle fois.
Tu vois et entends à nouveau, les vagues se déchaînent d'une hargne moderne, ton cœur hurle son amour bancal, et ton corps existe, se tient, entre les folies de la réalité, bien présent, et plus jamais absent. En un seul geste, il est parvenu à t'extirper de tes abysses, malgré la valse de tes mots poisons que tu as laissés s'enrouler autour de son cœur transi. Peut-être, est-ce lui, ton sauveur ? Ton regard ne peut le quitter, il s'accroche à chaque contour de son visage, se perd en chacun de ses traits, y dénote toutes les perfections de l'univers. Tu n'es pas morte, tu es en vie. Est-ce lui qui te l'a insufflé ? S'il était parti, tu serais resté épave pour l'éternité. Entre les tréfonds de ton cœur, tu le sais mieux que quiconque. Aucune larme ne s'échappe de tes yeux, ton visage est lavé de toute tristesse passé, entre ses mains qui t'enserrent, tu te sens de nouveau en sécurité, comme si rien ni personne ne pouvaient t'atteindre.
Hormis lui.
Il est le seul qui en cet instant, détient les clés de ton destin, le pouvoir de te briser d'un geste, d'une parole, d'un tourbillon de haine qu'il déverserait sur ta chair, et que tu aurais mérité. Mais, il est mieux que tout les autres, mieux que ton frère, et plus que tout, bien mieux que toi, Eden. Il sera toujours là pour toi, et bien que tu ne saches pas pourquoi, c'est comme une évidence, comme une certitude qui brûle ton regard. Ses mots envahissent tes pensées, se baladent en toi, cognent entre chacun de tes organes, écho infini qui n'en finit pas de t'inonder. Mais, de quoi ? Tu ne serais définir ce tourbillon d'émotions qui te traverse à l'écoute de ce qu'il a à dire. Tu ne peux que le fixer, tenter de lire en lui ce qu'il tait, tout à ton égale. Il t'offre des mots qui te redonnent espoir, une renaissance dans toute sa splendeur, tu aimerais tant y croire, tu es si près d'y croire. Lorsque ses lèvres semblent se sceller à jamais sur la vérité endiablé qu'il vient de te concéder, tu le vois se fermer de nouveau à toi, ses yeux quittant les tiens. Lui qui semblait pourtant si près, paraît soudainement si loin. Et t'en as mal, Eden. Tu ne peux te l'avouer, pas même y penser, mais tu serais prête à tout pour qu'il dépose son sublime regard de nouveau sur ton visage. Parce que sans lui, tu n'as pas réellement le sentiment d'exister. Pathétique créature dépendante des autres, dépendante de lui, qui ne parvient pas même à s'autosuffire. Tu ne sais pas quoi lui répondre, tu es sonnée, perdue entre ses mots, la réalité, lui, toi, tout ce qui vibre entre tes entrailles, es-tu jamais parvenu à comprendre ce qui s'y tramait ? Tu ne peux que murmurer, en un souffle : 
« Samaël... »
Tu ne sais qu'ajouter, tu ne sais que lui offrir comme réponse, tant se battent dans ton esprit terrifié par cet assaut armé. Dans la nécessité d'une réponse, tu te perds fatalement. Tout ce que tu sais, c'est que t'aimerais l'embrasser, l'embraser de tes baisers, de ta passion muette qui bat en toi, mais dans le fond, l'un comme l'autre, vous n'êtes que des gamins terrifiés face à l'idée même du rejet. T'as peur que comme tous les autres, tu finisses par disparaître à ses yeux. Qu'une fois entre ses bras, il ne veuille plus de toi. Toujours à imaginer les pires possibilités, t'es-tu jamais destiné au bonheur, Eden ? Probablement pas, certainement jamais. Tout ce que tu vois, demeure le noir du devenir qui se dresse face à toi. Du noir et des étoiles à la renverse.
Et s'il était l'une d'elles ?
Tu tentes plus d'une fois de trouver tes mots, tu butes sur des inspirations qui ne mènent qu'au vide du silence, parce que la réalité s'ancre en toi, parce que tu n'es pas parfaite, parce que tu n'as pas les mots pour exprimer ce que tu penses, autant que ce que tu ressens. Tu aimerais l'exprimer avec ton corps, avec des gestes, et bien plus encore, mais tu ne peux pas bouger, tu ne sais pas quoi faire, quoi dire, que être.
Tu aimerais lui dire que oui, tu pourrais le choisir, lui, lui et la vie, tout à la fois, mais seulement une fois tes démons abattus. Mais, ils sont si nombreux, et tu es si seule. Mais, qu'est-ce que ça vaudrait ? Pas grand chose. Un espoir de trop, ce genre d'espoir dont ni lui, ni toi n'avez besoin.
Tu ne sais pas quelle genre de réponse il attend, et s'il en attend même une, mais tu as si peur de le décevoir en choisissant les mauvais mots que tu es rongée par le doute. Si tu te ressaisissais réellement, et que tu affrontais tes démons comme il l'entendait, ce serait lui que tu trouverais, probablement, au début du chemin. Pas un autre qui ne connaîtrait que la Eden guérie, la Eden dont tu rêves, la Eden issue du véritable paradis. Les autres n'auraient que cette vision arrangée de toi, alors que lui, il semble te connaître depuis une éternité, bien mieux que tu ne te connais toi-même.
Alors, en un souffle, désabusé de ce combat à l'intérieur de toi, tu finis par répondre, simplement, valant plus que tout les mots du monde :
« Merci, Sam. »
Et tu le penses, réellement. Tu le penses tellement fort que tu en pleurerais de gratitude. Lunatique Eden, qui, sans comprendre le fond de ce qu'elle est, ressent, avance ses lèvres vers les siennes, si vite, en un souffle, tu es comme guidée par un instinct profondément ancré en toi, cet instinct qui te pousse à ignorer la lutte résonnant dans ton crâne saccagé et à y offrir une fin de ton propre arbitre. Peut-être es-tu dirigé par tes désirs, peut-être par plus que cela, tout ce que tu sais, c'est que tu ressens son souffle se répercuter sur ton visage, la chaleur de son corps envahir tes pores, c'est tout ton corps qui se tourne vers lui, se livre à lui, et tes lèvres se déposent sur les siennes, comme à votre toute première rencontre. Léger baiser, innocent baiser volé, avant que tu ne te recules brûlée par la peur et effrayée par tes propres convoitises, tandis qu'une voix à l'intérieur de toi ne cesse de te répéter, si ardemment,
qu'as-tu fais ?

▬ Edaël

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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Mar 27 Sep - 15:10



don't wanna break you


Parfois, pour te détendre, tu cherches dans ta mémoire un souvenir du passé qui aurait le pouvoir de te faire oublier ta vie. Un souvenir si merveilleux qui, tandis que tu fermes les yeux, est capable de t'envelopper d'un soupçon de bien-être inespéré. Mais avec le temps, tu t'es rendu compte que des souvenirs avec un tel pouvoir n'existaient pas, ou alors, peut-être les as-tu inventés de toutes pièces. Tu ne peux contester la présence d'Eden dans chacun de ces souvenirs, mais plus le temps passe, plus tu doutes de la scène que tu imagines dans ton esprit. Son image disparaissait au fur et à mesure des années où Eden n'était plus près de toi. Parfois même, tu arrivais à un tel point de désespoir que tu ne craignais ne l'avoir imaginée entièrement, tout comme moi j'ai été capable de naître dans ton esprit, elle se serait jouée de toi. Des souvenirs heureux devenaient de plus en plus sombres, amenant chacun leur lot de question. Jusqu'au jour où tu réussis à la retrouver, mais elle était si différente que cela amena d'autres questions encore.
Au début, il t'était difficile de la regarder sans être tiraillé par une crainte viscéral et un besoin fou de la posséder. Était-elle si différente du passé parce que ce passé n'avait jamais été vécu de cette façon ? Ou bien avait-elle changé ? Ses sourires étaient des doutes, ses regards des craintes, et ses baisers, des tortures.
Ce soir, tout est différent encore. Tu es là, mais tu as compris. Peut-être que tu peux faire quelque chose pour elle. Tout comme elle t'a aidé à te protéger de toi-même dans ton enfance, tu dois l'aider à voir le monde sous un jour nouveau. Tu sais que tu peux le faire pour elle, bien que toi-même soit au plus profond du gouffre. Mais elle a toujours été ton échelle pour t'élever, tout comme les pieds qui t’accueillent en haut pour te marcher sur les doigts et te faire redescendre. Peut-être arriveras-tu à la faire monter juste assez pour pouvoir disparaître après et ne pas la faire replonger. Pourtant, ça serait tellement plus drôle de lui rendre la monnaie de sa pièce, tu ne penses pas ?
Tu parles, tu te vides littéralement, tandis que son regard accroche le tien. Tu pourrais être hypnotisé par ses yeux si les paroles qui ne sortaient de ta bouche ne te faisaient pas aussi mal. Elle est là, près de toi, et c'est comme si tu la repoussais. Peut-être ne le perçoit-elle pas autant que moi, mais c'est normal, elle n'est pas dans ta tête. Moi je sais à quel point chaque mot rajoute une dague qui t'enserre le cœur, remuant un peu plus chaque fois que ta langue rappe tes lèvres. Tu l’abandonnes à un autre, parce que tu sais déjà qu'elle ne sera jamais heureuse avec toi. Et tant bien même tu étais tout ce qu'elle désire, et que la folie de l'amour te rendait aveugle, tu saurais qu'il ne faudrait pas la laisser s'approcher. Si elle voyait ce qui se cache au fond de toi, si elle me voyait, tout s'écroulerait. Son monde, le mien, le tien, ta lumière.
Alors tu préfères t’éteindre. Tu regardes le sable, la mer, le vent, le vide. Tout ce qui peut te détacher d'elle sur le moment. Mais c'est comme prendre ton cœur entre ses dix doigts et le compresser jusqu'à trouver la brèche qui permette de le faire tomber en morceaux. Tandis que les secondes défilent, tu n'as qu'une envie, qu'elle te promette d'être heureuse. Voilà tout ce que tu as besoin d'entendre, et tu pourras ensuite te contenter de la voir s'éloigner. Elle ne doit pas dire autre chose, ou les cendres de ton âme risquent de chercher à se recoller les unes aux autres.

    - Samaël...

Tandis que ton cœur s'éveille comme celui d'un nouveau né qui se sent prêt à pousser son premier cri, tu fermes les yeux et fronces les sourcils. Tu luttes avec plus de force que tu n'en as jamais démontré. Tu pris pour qu'elle ne continue pas à parler. Et tu la supplies presque à mi-voix de s'en aller. Seulement, les mots ne peuvent pas sortir de ta bouche, parce que ce n'est pas ce que tu désires au plus profond de toi. La voir partir, une nouvelle fois, te détruirait sans aucun doute. Tu pourrais tourner les talons. Au lieu de la voir partir, ce serait toi qui t'enfuirais. Je peux faire ça pour toi. Je peux t'aider. Mais tu ne perçois pas ma voix. Cette fois, la douleur est trop présente, trop profonde, pour que moi-même je sois au dessus. Je la ressens, moi aussi, tu sais. Je ressens tout ce que tu ressens, et je n'en fais pas le choix. C'est peut-être pour cette raison que je la déteste autant. Elle nous fait souffrir, et je n'ai pas mon mot à dire, je ne l'ai pas choisi, et pourtant, j'en meurs chaque jour.
Le silence et le temps qui défilent sont si pesants pour toi que tu voudrais presque qu'elle mente. Qu'elle te dise qu'elle sera heureuse, même si elle ne le pense pas. Tu voudrais qu'elle creuse encore en toi un petit sillon de lave, ce qui permettrait de faire disparaître ce moment. Un espoir qui serait mort dans l’œuf immédiatement. Tu serres la mâchoire au fur et à mesure, les yeux toujours clos avec force.

    - Merci, Sam.

Un long soupir s'échappe de tes lèvres. Elle a mis une fin au supplice. Mais pas à ta peine. Tu n'oses ouvrir les yeux de peur de la voir s'éloigner. La vision serait finalement trop dur. Ce souvenir te hanterait pendant trop longtemps. Tes mains tremblent, pendues dans le vide comme si elles étaient déjà mortes. Ta souffrance t'envahit avec tellement de force qu'elle me frappe de plein fouet, me clouant sur place. Tu n'entends plus rien, tu ne perçois pas le moindre mouvement, et encore moins la moindre sensation. Comme une coquille vide qui attend simplement que la mer vienne la chercher pour l'emmener avec elle dans ses abysses profondes. Tu ne peux plus penser à ce que sera demain. Tu as d'ailleurs envie de hurler de douleur à l'idée que tu n'as pas envie de vivre un demain. Tu préférerais rester échoué sur le rivage, ici même, et t'enterrer avec le sable.
Mais alors, tu sens quelque chose contre tes lèvres, quelque chose de totalement inespéré. Comme un second souffle, comme un battement de cœur, comme une lumière dans la pénombre. Mais le temps que tu ouvres les yeux, cette sensation qui vient de te retourner totalement l'estomac a disparu. Ton regard, voilé par tellement de sentiments que tu ne pourrais tous les nommer, se bloque sur Eden, et tu la dévisages, le souffle court. A l'intérieur de toi, des centaines de voix hurlent, dans un véritable feu d'artifice hétérogène et incontrôlable. Mais pas une seule n'est la mienne. Je me suis tue, je ne suis qu'une petite tâche noire, posée là, sur ton cœur, de l'autre côté. Je suis caché par la frénésie des battements de ce cœur que je ne reconnais soudainement plus.
Tu sais que tu ne devrais pas faire ça, mais tu ressens soudainement une injustice et une folie sans limite. Ses lèvres sur les tiennes se sont envolées plus vite que tu n'as réussi à reprendre tes esprits, et tu te sens frustré. Elle a éveillé en toi un désir qui se maintenait en laisse jusqu'ici. Elle l'a embrasé, et il est plus fort que toi, ou même moi. Pour une fois, ce n'est pas une voix dans ta tête qui te contrôle, ce n'est pas une âme, aussi pure que la tienne, ou aussi noire que la mienne. C'est ton instinct, tes sentiments, ton désir.
Sans réfléchir, tu empoignes son visage entre tes deux mains tremblantes. Tu ressens la chaleur de sa peau frapper la froideur de la tienne, tout en déchargeant des centaines de petites ondes de choc. L'électricité déferle en toi comme une vague, ou plutôt un tsunami, elle vient picoter le bout de tes doigts jusqu'à chavirer chacun de tes organes. Il ne s'est passé qu'une seconde, mais déjà le temps semble s'être arrêté. Mais toi, tu ne t'arrêtes pas là, dans la foulée, tu poses tes lèvres sur les siennes. Tu sens son souffle qui vient heurter le tien avec violence, tandis que tu fermes les yeux pour en profiter complètement. Il n'y a pas la délicatesse de son baiser à elle, il y a la brusquerie de ta retenue, de tout ce que tu as gardé pour toi. Mais même avec force, tu ne peux que constater à quel point tes lèvres ont été moulées pour les siennes. Comment faire une fois que tu devras t'en détacher ? Tu ne préfères pas y penser, c'est pour cette raison que tu prolonges ce baiser plus que le précédent. Une de tes mains glissent sur sa mâchoire avant de descendre dans son cou. Tu laisses tes ongles crisser distraitement sur la chair fine de son cou, avant de poser ta main à l'arrière de sa nuque, approchant son visage encore plus près du sien.
Jamais tu ne l'as désirée plus fort que ce moment. Tu as attendu ça toute ta vie, ce point culminant de ton existence où tu la teindrais dans tes bras. Ce jour où tout explosera autour de toi. Où tu retrouverais celle que tu as aimée depuis tant d'années. Tu finis cependant par reculer, juste assez pour respirer, mais pas assez pour ressentir de vide entre vous. Tes lèvres effleurent encore les siennes, tu gardes les yeux fermés. Ta main est toujours dans sa nuque, présence de toute un volcan prêt à exploser, elle tremble avec délicatesse.

    - Je suis désolé.

Tu ne sais même pas pourquoi tu t'excuses. De peur de l'avoir brusquée ? De peur d'avoir arrêté ce baiser ? De peur qu'elle ne dise autre chose en premier qui pourrait te replonger aussitôt dans les abîmes qui te font frémir ? Tes lèvres sont inexorablement attirée par les siennes, comme deux aimants qui ne peuvent plus se séparer. Tu aimerais l'embrasser encore, mais tu as trop peur de bouger et de la faire fuir. Maintenant, c'est ton souffle erratique qui heurte ses lèvres. Tu as envie de la supplier de ne pas te repousser, pourtant, tu sais très bien que si elle ne le fait pas, c'est toi que le fera, lorsque tu auras repris tes esprits, lorsque j'aurai cesser d'être aussi faible.

© TITANIA

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MessageSujet: Re: don't wanna break you [Edäel]   Dim 2 Oct - 1:50


 
breathe

" you made flowers grow in my lungs and although they are beautiful, i can't breathe.”

Si l'univers implosait, c'est ainsi que tu le ressentirais. Si tout venait à disparaître, cela se manifesterait d'abord dans un excès parfaitement incontrôlable, l'excès d'un monde détruit de l'intérieur se propageant jusqu'au chaos absolu. Les étoiles brilleraient d'une ardeur si puissante comme jamais elles n'éclairèrent le monde auparavant, les comètes traverseraient le temps d'une vitesse insaisissable, les planètes chavireraient tels des bateaux retournés par la mer, et les humains, eux, contempleraient ce sublime désordre universel d'un regard passif, spectateur de la fin des temps, défait de la possibilité de lutter, agir pour tenter de survivre, comme ils le firent tous auparavant. Comme tu le fis toute ton existence, Eden. Survivre signifiait pour toi demeurer à l'abri de toute sensation trop ardente, trop puissante, trop destructive pour ton cœur délabré. Survivre signifiait rester loin de lui, loin de son visage, sa voix, ses lèvres. Loin de tout ce qu'il incarnait, un potentiel être détenant l'immense pouvoir de t'éradiquer définitivement, de te laisser imploser pareil à cet univers à sa fin. Si tu lui offres les brides de ton corps, de ton âme, et de tout ce que tu es, tout ce que tu t'es efforcée de protéger jusqu'ici, tu périrais, imploserais. En cet instant, tu ressens ce sentiment inexorable que tu lui as tendu les fils de ce vulgaire pantin que tu es, et qu'à présent, il te possède toute entière. Dépossédée de ton corps, de ton âme, de ton cœur et de tes raisons, l'univers a pris fin en toi. Et pourtant, jamais tu ne t'es sentie aussi libérée, ce n'est plus à toi de survivre, mais à lui de porter le poids excessif de ce que tu es. En un simple baiser, tu lui as offerts les clés de ton être tout entier, sur un plateau d'argent. A quelques pas de lui, tu as le sentiment qu'un immense fossé vous sépare à présent, et que jamais plus tu ne pourras le traverser, alors même qu'il possède les clés de ta chair. Tu le vois à l'autre bout de la rive, océan furieux, fiévreux, vous séparant, et tu aimerais le traverser, quitte à t'y noyer, pour le retrouver. Mais, il est si loin et tu as si froid. Ton corps tremble, traversé par milles et uns frissons n'en finissant pas de jouer avec toi. Tu as chaud, tu as froid, tu n'es plus que contraste, partagée entre la chaleur de ce vif baiser et le baiser glacial de la nuit se refermant sur toi. Tes yeux ne quittent pas les siens, tu lis en lui, tu lis tout ce qu'il ressent pour toi, et tu en as peur, tu en es terrifiée, mais tu ne peux pas t'empêcher de t'y perdre, de t'y noyer, de te donner entièrement à ses désirs inavoués. Tu incarnes l'indécision même, une fois désireuse, une fois terrifiée, une fois partagée. Jamais tu ne te comprendras, et jamais il ne te comprendra. Et pourtant, en cet instant, tu ressens cette connexion, éphémère, s'établir entre vos deux âmes, liées étroitement l'une à l'autre. Tu la suis de tes mains, tu t'agrippes à ce fil invisible pour traverser la mer, dompter ses fureurs enragées et le retrouver. Tu n'as pas peur, tu n'es plus que désir, il n'est plus que désir, le désir vous gouverne tout entier.
Soudainement, tout semble si simple.
Tout prend vie en toi, en lui.
Ses lèvres rencontrent les tiennes d'une violence sensible, tes lèvres se mêlent aux siennes d'une ardeur invincible.
L'univers implose, une nouvelle fois.
Et tu t'en réjouis.

Ses mains agrippant ton visage, comme deux étaux se refermant sur toi.
Tu sais qu'après ça, après cette fin de tout les temps, de ton temps à toi, de son temps à lui, tu ne seras plus jamais capable de respirer. Mais, tu oublies cette pensée, tu te fonds dans cet instant sacré, dans la chaleur de son corps revigorant tes pores, dans la fulgurance de son baiser effaçant la moindre de tes barrières soigneusement dressées, les unes après les autres, de tes mains graciles. Le temps semble se suspendre, a t-il jamais existé ? Après cette sensation d'implosion en toi, laminant ta chair, détériorant ton cœur, plus rien ne pourra avoir de sens, de valeur. Il est le seul qui puisse parvenir à t'offrir un avant goût de la fin du monde, ce spectacle grandiose que tu aimerais tant voir de tes propres yeux. Et en cet instant, tu le vois, tu le ressens, tu le vis, tu l'incarnes. Personne ne peut t'enlever cette sensation. Personne d'autre ne peut te l'offrir.
Il n'y a plus que toi, et lui, et vos lèvres, et vos corps, et vos souffles qui s'emmêlent. Et ses doigts qui s'incrustent dans la chair de ton cou, qui s’agrippent à toi comme à une ancre. Il ne peut que se noyer sans toi, tu ne peux que te noyer sans lui. Pour la première fois depuis le commencement de ton existence, tout semble avoir un sens, tout né de la commissure de vos lèvres, vous détruisez un univers et en créez un nouveau, plus beau, plus grand, plus vrai, et bien moins faux que le précédent. Ce genre de monde où le bonheur aurait un fondement, où les sourires seraient authentiques, et le désir en serait l'origine. Ce genre de monde dont tout le monde rêve, mais que personne n'est jamais parvenu à trouver. Hormis vous, vous qui le bâtissez ardemment. Lorsque ta bouche quittera la sienne, plus rien n'aura de réelle importance, la réalité deviendra si fade, et la réalité même de tes pastilles étoilées ne pourrait t'offrir pareille vérité. Il semblerait que la vérité, cette vérité que tout le monde recherche vit en vous, en vos deux âmes liées dans l'infini. Qu'elle est belle, somptueuse, insaisissable cette fusion qui vous échappe. Qu'elle est éphémère cette sensation, et pourtant, elle paraît éternelle. Aussi longue que l'existence d'une étoile, de la Terre, de l'univers, de tout les univers qui existèrent un jour, et moururent une nuit. C'est tout ton corps qui le désire, le posséder, tes mains qui se déplacent sur la courbe de son visage, s'emmêlent dans ses cheveux encore humides, son torse, ses bras, tout son être s'éveillant sous tes doigts palpables.
Jusqu'à ce que le temps se brise, au même rythme que ton cœur, et que vous vous noyez sous les océans, engloutis sous votre passion évanescente. Ses lèvres demeurent suspendues en un silence délicat près des tiennes, ombre dont tu ne peux te séparer, sa main déposée sur la courbe de ta nuque, tu ne t'es jamais sentie aussi bien, aussi vivante, aussi heureuse, pas même en rêve. Tu as peur qu'il ne s'éloigne, peur qu'il ne te quitte, peur qu'il ne t'oublie, et c'est cette peur même qui t'a terrifié tout au long de ton existence, jusqu'à présent. Es-tu prête à la laisser partir, s'envoler, te quitter ? Il murmure en un souffle quelques mots, que tu ne saisis pas, ne comprends pas. Son souffle se répercute sur ton visage, le tien sur le sien. Tu ne sais ni quoi dire, ni quoi faire.
Après tout,
l'univers tout entier a été détruit.

Un nouveau semble se créer, tu aimerais en être digne dès tes premiers mots, tes premiers gestes, tes premières sensations. Tu aimerais atteindre la perfection. Tu aimerais être celle dont il a besoin, mais tu ne sais pas qui elle est, tu ne la connais pas, elle n'a jamais existé. Tu as peur que celle qu'il ait embrassé, ou pense avoir embrassé, soit la mauvaise toi. Ou ne soit pas vraiment toi. Tu es confuse, perdue, désorientée. Le monde s'est embrasé, et à présent, de ses cendres, tu ne sais pas ce qu'il renaît. Et si tu dois, ou peux en faire partie. Tes yeux se perdant dans les siens, tu tentes d'y lire la réponse juste, mais tout ce que tu y vois, c'est ton propre désir se répercutant dans ses iris. Il paraît majestueux, prodigieux, miraculeux. Tes lèvres à demi entrouvertes, ton souffle fou, ton visage fiévreux, c'est tout ton être qui en réclame plus. Et ton cœur étourdi qui demande repos. Tu ne sais pas si tu vas survivre cette fois-ci, si tu es même prête à t'abandonner aux pulsions de ton corps. En un soupir inestimable, tu déposes une nouvelle fois tes lèvres sur les siennes, ta main dans ses cheveux, avant de glisser ta bouche près de son oreille, pour lui susurrer ces quelques mots inavouables :
« Je suis terrifiée, Sam. »
Tu es terrifiée par ce désir te dévorant de l'intérieur, ce désir que tu ne maîtrises pas, ce désir plus fort que toi, ce désir que tu hais d'une certaine façon, autant que tu l'aimes.
Tu es terrifiée par le monde, par lui, par toutes les personnes en possession de ton cœur, toutes ces personnes t'ayant déjà anéanties et toutes les personnes prêtes à t'anéantir, comme lui.
Tu es terrifiée par ce que tu connais pas, ne souhaites pas connaître, terrifiée à l'idée de crever, une nouvelle fois, seule, dans une rue sombre, abandonnée par tous.
Mais, plus que tout, tu es terrifiée par cette dépendance que tu crée peu à peu, cette dépendance que tu as crée avec les pastilles étoiles, cette dépendance que tu crée en ce même instant avec lui.
Tu ne peux pas rester près de lui, jamais, jamais plus.
Tu dois t'en défaire, maintenant.
Demain, sera trop tard. Demain, tu périras en essayant.
Alors, luttant de tout ton être contre tes impulsions, tu recules de plusieurs pas, tu en oublies son souffle contre ta peau, ses lèvres collées aux tiennes, ses mains dansant sur ta nuque, et tu en oublies tes propres sentiments. Tu es littéralement défaite, ton visage se ferme, tandis que ton cœur hurle dans un silence de mort. Toute émotion semble quitter tes iris, tes bras retombent le long de ton corps, alors que le fossé se creuse de nouveau entre vous. L'univers tel que tu le connaissais reprend forme, et toi avec lui. Le toi guidée par l'amertume et la Peur.
« Je ne pense pas que je puisse, Sam. Je ne peux pas. A la fin, si je dois regretter quelque chose, je préfère regretter cette soirée, plutôt que le pire qui pourrait suivre. »
Et par pire, tu entends ton cœur se briser en mille éclats. Une nouvelle fois. Par pire tu entends une illusion se fendre sous ton regard détruit. Et par pire, tu entends toutes les éventualités possibles de malheur à suivre. Parce que Eden, tu ne vis que dans la Peur du possible.
▬ Edaël

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And if it kills me tonight, i will be ready to
die
.
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don't wanna break you [Edäel]
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